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Je m'étais pourtant juré de résister à la mode des blogs, de ne pas céder au narcissisme ambiant, assuré que je disposait de vraiment trop peu de temps pour en consacrer à cette activité chronophage... Jusqu'au jour où Henri Lapeyre, animateur du club APM du Périgord, m'a convaincu que je pouvais ainsi faire oeuvre utile, que je pourrais par le biais d'un blog mieux diffuser mes travaux et mes idées, mais aussi transmettre des informations utiles à ceux (chercheurs, chefs d'entreprises, étudiants...) que je croise ma route et qui partagent certains de mes centres d'intérêt.

Je ne sais pas encore l'usage précis que je ferai de ce blog. Il va de soi que je vais progressivement m'en servir comme porte d'accès à mes publications. J'envisage aussi de m'en servir de tribune pour pousser des coups de gueule, partager mes coups de coeur, faire part de mes interrogations... et surtout échanger avec d'autres qui partagent mes préoccupations, qui s'intéressent aux mêmes questions. Vos réactions sont donc les bienvenues.

Samedi 17 mai 2008
publié dans : Commerce et distribution

Sur le marché alimentaire, la progression de l’emprise des produits à marques de distributeurs (MDD) s’est accélérée au cours des dix dernières années, tirant profit de l’évolution du cadre réglementaire et de la morosité de la conjoncture du pouvoir d’achat. Désormais, plus d’un produit de grande consommation sur trois vendus en grandes surfaces porte la marque d’un distributeur. Les industriels assistent donc au recul de la part de marché de leurs marques propres.

L'étude que nous avons réalisée avec Marjorie Mazars et Martial Ranvier sur la base des résultats de l’Enquête annuelle d’entreprise de l'Insee vise à observer les stratégies d’adaptation dans l’industrie agroalimentaire. Si, dans l’ensemble, les grandes marques font de la résistance et s’efforcent de sécuriser leur accès aux linéaires des distributeurs, une nouvelle catégorie d’industriels est en train d’émerger, dont la majeure partie de l’activité consiste à produire pour le compte et sous la marque d’autrui (distributeurs ou autres industriels). Entre les deux, certains ont fait le choix de partager leur activité entre production de MDD et production de marques propres. L’analyse de la relation entre degré d’engagement dans la production des MDD et rentabilité montre que, loin de constituer systématiquement une menace, l’essor des MDD peut constituer une réelle opportunité pour les industriels.


Télécharger le "4 pages" : L'envol des marques de distributeurs, une opportunité pour beaucoup d'industriels, Consommation et Modes de vie, Crédox, n° 211, 10 mai, 2008.

Télécharger le rapport complet

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Mardi 1 avril 2008
publié dans : Actualité

Christine Lagarde, Ministre de l'économie, Luc Chatel, secrétaire d'Etat à la consommation et Hervé Novelli, secrétaire d'Etat aux entreprises, m'ont confié la co-présidence (avec Valérie Expert, de LCI) d'un groupe de travail chargé de réfléchir aux moyens de faciliter l'accès des consommateurs à des offres à prix bas ou à prix réduits, ainsi que de clarifier les mécanismes de réduction de prix afin d'aider les consommateurs à arbitrer efficacement entre les offres concurrentes.

Ce groupe de travail, composé de représentants des associations de consommateurs, des fédérations de commerçants et de personnalités qualifiées, s'est réuni au cours du mois de février. Le rapport, remis aux cabinets début mars, a été présenté aux ministres commanditaire le 31 mars.

Les propositions contenues dans le rapport s'articulent autour de 3 grands thèmes :

1. La modernisation et l'assouplissement de l'encadrement réglementaire des annonces de réduction de prix (soldes et promotions).

2. La réduction des obstacles à la concurrence.

3. Le réquilibrage des relations offre-demande par l'amélioration de l'information des consommateurs.

Un certain nombre de ces propositions pourront être reprises dans le cadre de la loi de modernisation de l'économie qui sera prochainement examinée au parlement.


Télécharger le rapport

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Vendredi 21 mars 2008
publié dans : Actualité

Il vient de sortir aux Editions de l'Aube !

 

Un rasoir avec un lot de lames de rechange, un ensemble informatique multimédia, une offre d’entretien et une assurance accompagnant la vente d’une automobile, la vente de tous les éléments d’une salle de bain aménagée sur mesure… Quel est le point commun à l’ensemble de ces offres commerciales ?
Ce sont des « bouquets » qui réunissent des biens et des services, habituellement vendus sur des marchés distincts, mais qui sont complémentaires dans leur capacité à apporter des solutions à certains types de « problèmes » rencontrés par leurs clients. Les marchés de solutions autour d’offres en bouquet ont connu un développement très rapide dans les marchés inter-entreprises au cours des vingt dernières années. ils se diffusent aujourd’hui sur les marchés de consommation. Expression de l’émergence
d’un nouveau capitalisme piloté par l’aval, cet essor est en train de modifier en profondeur l’architecture de système productif.
Ce livre s’interroge sur l’interprétation qu’il convient de donner au développement de ce nouveau type d’offres, et analyse les problématiques spécifiques qu’elles soulèvent sur le plan de la nature de la relation marchande et sur celui de l’organisation des activités productives.

Commander

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Mercredi 27 février 2008
publié dans : Commerce et distribution
Une interview pour Le Monde.fr où je donne mon point de vue sur les résultats de l'enquête de 60 millions de consommateurs et le défi que la hausse des prix alimentaires lance au gouvernement. 

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Samedi 9 février 2008
publié dans : Consommation et modes de vie

Une petite vidéo réalisée par 18-35 pour les sites de l'Express et du Nouvel Observateur. A très grands traits, quelques unes des questions traitées dans le rapport CAE.

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Samedi 9 février 2008
publié dans : Commerce et distribution
Invité le 24 janvier 2008 par La Forge, avec 3 autres économistes, pour pratiquer une "contre expertise" du rapport Attali, j'ai pu exprimer mes réserves sur les propositions du rapport relatives à la distribution. L'intervention a été filmée...


L'invité de la Forge : Philippe MOATI (CREDOC)
envoyé par la-forge
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Vendredi 8 février 2008
publié dans : Consommation et modes de vie

A la suite de notre rapport du Conseil d'Analyse Economique, Christine Largarde, ministre de l'Economie, a confié à Alain Quinet la présidence d'une commission chargée de proposer de nouveaux indicateurs de mesures du pouvoir d'achat. Robert Rochefort et moi-même avons participé aux travaux de cette commision, aux côtés de représentants d'associations de consommateurs et de l'Insee. Après trois mois de travaux, la commission a remis le 6 février dernier son rapport à la ministre de l'Economie. Le rapport propose de mettre en place, très rapidement, des indiicateurs de pouvoir d'achat qui tiennent compte, notamment, des tendances démographiques, de la diversité des stuations catégorielles ou individuelles et des dépenses pré-engagées. Les membres de la commission ont formulé des recommandations pour l'ouverture de recherches complémentaires sur les notions de dépenses "nécessaires", sur les modalités de la prise en compte de l'immobilier dans l'indice des prix ainsi que sur la construction d'indices du coût de la vie inspirés de l'indice de prix moyens proposés dans notre rapport. 

A titre personnel, je me réjouis de façon très constructive dont la Commissio a mené ses travaux. Ses conclusions permettent d'envisager la concrétisation de plusieurs recommandations contenues dans notre rapport. Il faut maintenant que les propositions d'indicateurs reçoivent l'approbation du CNIS. Il faudra surtout veiller à ce que les indicateurs les plus ambitieux, ceux qui réclament un approfondissement de la réflexion et la constitution de nouvelles données, ne tombent pas dans les oubliettes...

Télécharger la synthèse du rapport : Cliquer ici
Télécharger l'intégralité du rapport : Cliquer ici

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Dimanche 3 février 2008
publié dans : Actualité
Etat des lieux des nouveaux modes de consommation. Enjeux des politiques d'aménagement urbain


Je participerai aux Assises du commerce oganisées par la CCI de Pau Béarn, le 19 février 2008 à partir de 14h. J'aborderai le thème de l'influence des nouveaux comportements de consommation sur l'évolution du commerce. 

Pour plus d'information : cliquer ici
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Vendredi 1 février 2008
publié dans : Consommation et modes de vie

Philippe MOATI, Martial RANVIER, Contrainte budgétaire des ménages, segmentation des marchés et stratégies de la grande distribution, Cahier de Recherche du Crédoc, n° 235, novembre 2007. 55 pages.

Résumé :
La tension sur le pouvoir d'achat est-elle responsable de la déprime des marchés de grande consommation ?

A partir des données de l'enquête Budget des Familles de l'INSEE, ce travail propose :

  • d'identifier les ménages susceptibles d'être confrontés à la plus forte contrainte budgétaire,
  • de mesurer le poids, et son évolution entre 2000 et 2006, de ces ménages sur le marché.

Le constat est le suivant : le poids de ce type de ménages dans la demande est relativement modeste et a peu évolué sur la période. Au final, il semble difficile de considérer que la dynamique du pouvoir d'achat au cours des dernières années ait pu suffire à installer le climat déflationniste qui a régné sur le marché des produits de grande consommation.

Quant aux autres facteurs qui ont favorisé le renforcement de la sensibilité des consommateurs aux prix, et en particulier le rôle joué par les stratégies d'offre, les distributeurs mais également les industriels apparaissent en partie responsables. A l'origine du dérapage des prix, ils ont en effet réagi à leurs difficultés par le retour à des politiques tarifaires et promotionnelles agressives.


Télécharger le rapport : cliquer ici

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Dimanche 27 janvier 2008
publié dans : Actualité

Couverture : Mesurer le pouvoir d'achat (CAE n.73) - Rapports du CAE
Rapport du Conseil d'Analyse Economique, n° 73, janvier 2008.

Notre rapport sur la mesure du pouvoir d'achat vient enfin d'être mis en ligne sur le site du Conseil d'Analyse Economique. La version papier devrait être publiée par La Documentation Française le 31 janvier 2008. 


Télécharger le rapport : cliquer ici

Résumé :

L’écart important qui s’est installé dans les années récentes entre l’évolution du pouvoir d’achat mesurée par les chiffres officiels, et la perception qu’en ont les ménages, perdure – et ce davantage en France que dans les autres pays de la zone euro. Lorsque l’INSEE annonce en octobre 2006 une progression de 2,3 % du pouvoir d’achat du revenu des ménages pour l’année, un peu plus des deux tiers des Français pensent, au contraire, que celui-ci est en baisse.
Aussi est-il urgent et essentiel de comprendre ce décalage entre le « mesuré » et le « ressenti » sur un sujet qui est au premier rang des préoccupations des Français. C'est le paradoxe que tentent de résoudre les auteurs de ce rapport, Philippe Moati et Robert Rochefort, en répondant aux questions suivantes :


Quelle part de cet écart résulte de biais de perception ?
  • Quelle part est imputable aux limites des conventions de mesure, aux phénomènes d’agrégation, à l’amélioration de la qualité des produits et aux nouvelles pratiques de consommation et de distribution qui rendent plus complexe la mesure de l’évolution des prix ?
Forts de leur analyse de cet écart, Philippe Moati et Robert Rochefort proposent :
  • d'aménager les conventions de mesures en désagrégeant l'approche macroéconomique du pouvoir d'achat, en définissant plus rigoureusement le champ des dépenses contraintes et en tenant mieux compte du logement dans un indice des prix élargi ;
  • de construire, à côté de l'indice des prix, des indices du coût de la vie et d'expérimenter des indicateurs complémentaires de qualité de vie et de bien-être.
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Vendredi 18 janvier 2008
publié dans : Actualité

La publication de mon prochain livre, consacré à l'économie des bouquets, est annoncée par les Editions de l'Aube pour le 10 mars 2008.

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Jeudi 15 novembre 2007
publié dans : Commerce et distribution

J'ai écrit un article de réaction à la chronique de Eric Askenazy dans les Echos du 27 septembre, qui s'aligne sur les positions de la Commission Attali. Bien qu'accepté, Les Echos ne semble pas se décider à plubier ce papier. Tant pis...

 

Dans sa chronique du 27 septembre, Philippe Askenazy apporte son soutien au Président de la République qui souhaite redonner du pouvoir d’achat aux Français en relançant la concurrence dans la grande distribution. L’histoire doit cependant nous inciter à la plus extrême prudence : lorsqu’il a voulu intervenir sur ce secteur, l’Etat a généralement manqué sa cible et généré des effets pervers. Méfions nous donc d’une dérégulation qui pourrait provoquer des réactions non contrôlées.

Commençons par la réglementation de l’urbanisme commercial, la loi Raffarin qui, si l’on en croit Askenazy, aurait été responsable du tarissement des créations de surfaces alimentaires. Si le flux de nouveaux mètres carrés s’est effectivement réduit, c’est bien plus en raison de la saturation du potentiel de croissance que d’un cadre réglementaire qui certes a accru les coûts de transaction, mais s’est montré en réalité bien peu dissuasif, comme en témoigne la proportion des projets finalement autorisés. Ce qui est en cause est moins le cadre réglementaire que le caractère peu « contestable » du secteur : assurer la compétitivité d’un réseau implique que celui-ci atteigne d’emblée une taille importante pour bénéficier d’économies d’échelle. Eu égard à la densité du parc, l’entrée d’un nouvel acteur semble aujourd’hui impossible en dehors du rachat d’un réseau existant. La libéralisation totale des ouvertures aurait certainement pour premier effet d’attiser la soif d’expansion des groupes en place qui ont du mal à se résigner à un régime de croissance ralenti. Une sur-production de mètres carrés serait alors à craindre ; elle simulerait sans doute la concurrence mais risquerait aussi de produire des friches aux conséquences difficiles à évaluer.

Venons-en maintenant à la réforme de la loi Galland qui vise à permettre la  répercussion des marges arrière sur les prix aux consommateurs. L’amorce du démantèlement de la loi Galland (la loi Jacob-Dutreil) a affectivement permis de redonner du mordant aux politiques tarifaires des hypers et des supers et de baisser les prix des grandes marques. Le risque que comporte une accélération du processus de libéralisation des prix, avec le passage au « triple net », est qu’elle pourrait atteindre son but : déclencher une guerre des prix. Certes, elle aurait un effet direct immédiat (somme toute modeste) sur le pouvoir d’achat des consommateurs. Mais il convient d’anticiper les effets indirects. Sur le commerce de proximité d’abord qui s’était redressé à la faveur de la loi Galland et qui aurait bien du mal à résister au creusement de l’écart de prix avec les grandes surfaces de périphérie. L’intensification de la concurrence par les prix encouragerait les distributeurs à rechercher des gains de productivité pour nourrir leur compétitivité sans laminer leur rentabilité. Or, ils disposent actuellement de technologies leur permettant d’envisager des économies substantielles : l’adoption massive du « self chekout » et du « self-scanning » (en attendant la RFID) permettrait potentiellement du supprimer plusieurs dizaines de milliers d’emplois de caissières. Aujourd’hui, les distributeurs déclarent vouloir n’avoir qu’un recours modéré et progressif à ces technologies et recycler une grande partie de la main-d’œuvre ainsi libérée dans l’amélioration du service aux clients. Le déclenchement d’une guerre des prix remettrait en cause ce scénario optimiste. On peut aussi craindre que les distributeurs resserrent encore leur pression sur les fournisseurs, lesquels pour résister à l’asphyxie seraient à leur tour condamnés à la productivité voire à la délocalisation.

La grande distribution française semble, enfin, en train de négocier un virage structurel l’amenant à adopter une logique plus servicielle,  plus adaptée aux nouveaux modes de consommation (voir les dernières réalisations de Champion, Monoprix, ou le nouvel hyper de Géant Casino). Une dérégulation incontrôlée fait courir le risque d’encourager les états-majors à renouer avec l’orthodoxie du « discount à la française » qui avait fait leur succès : des prix bas certes, mais au détriment de l’emploi.

 

Philippe Moati

Professeur d’économie à l’Université Paris-Diderot, directeur de recherche au Crédoc.

 

 

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Mercredi 24 octobre 2007
publié dans : Commerce et distribution

Le Journal L'Alsace m'a donné une nouvelle occasion d'exprimer mes réserves au sujet des recommandations de la commission Attali relatives à la libéralisation du secteur du commerce.

Lire l'interview

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Mardi 23 octobre 2007
publié dans : Actualité

Le rapport "Mesurer le pouvoir d'acaht", rédigé avec Robert Rochefort, a été présenté à la Ministre de l'économie, Christine Largarde, le 18 octobre dernier. L'ouverture, le 23 novembre de la Conférence sur l'emploi et le pouvoir d'achat, a donné une forte actualité à notre rapport, dont la presse s'est fait largement l'écho.

Avant de pouvoir mettre en ligne un texte qui doit être "fignolé", voici quelques coupures de presse

- Les Echos, 22 octobre. Cliquer ici.

- L'Union, 23 octobre. Cliquer ici.

- Le Monde, 23 octobre. Cliquer ici.

- Le Parisien, 23 octobre. Cliquer ici.

- La Croix, 22 octobre. Cliquer ici.

- Le Journal du Dimanche, 21 octobre. Cliquer ici.

La version finale du rapport est en cours d'édition. Il sera publié à la Documentaiton Française début 2008 et téléchargeable à partir du site du CAE. Une version provisoire a été distribuée au cours de la conférence de presse du mois d'octobre. Les plus pressés peuvent s'adresser à Christine Carl au Conseil d'Analyse Economique.
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Jeudi 18 octobre 2007
publié dans : Commerce et distribution

Le cadre réglementaire du secteur de la grande distribution (loi Raffarin et loi Galland-réformée) est loin d'être idéal et a généré d'importants effets pervers. Il est tout aussi vrai que ce secteur très concentré n'est sans doute pas soumis à la pression concurrentielle maximum. Pourtant, les propositions de la commission Attali me mettent mal à l'aise. Une fois de plus, ne risque-t-on pas, (sous prétexte de distribuer du pouvoir d'achat par la baisse des prix à défaut de le faire en augmentant les salaires) d'ouvrir une boîte de Pandore aux effets indirects mal anticipés ?

Premier élément de réaction, ma réponse à la question posée par Valérie Secong "plus de concurrence dopera-t-il la croissance" dans La Tribune du 18 octobre 2007, dont voici le texte :

Non : " Sur un marché déjà très équipé, cela entraînera des fermetures " (Philippe Moati)

"Concernant la loi Raffarin, si la libération peut effectivement, localement, accroître la concurrence et favoriser le déploiement de nouveaux concepts innovants, je ne suis pas sûr qu'on puisse en attendre un réel bénéfice sur l'emploi. Le territoire national est désormais bien équipé en commerces, en particulier dans l'alimentaire. Certes, la libéralisation encouragerait les groupes de distribution à satisfaire leur soif de croissance par l'ouverture de nouveaux magasins. Mais si le volume du marché ne suit pas, ces ouvertures entraîneront des fermetures en nombre croissant. Et si les nouveaux venus s'imposent sur la base de prix bas, ils afficheront une intensité en emplois plus faible que les enseignes en place. Enfin, il n'est pas sûr que l'effet sur la concurrence soit massif car seule l'entrée de nouveaux acteurs peut déstabiliser l'oligopole actuel. Or, étant donné l'importance des économies d'échelle, un nouvel acteur est contraint d'entrer d'emblée avec un réseau de taille significative, ce qui paraît peu réaliste en raison de la densité commerciale déjà atteinte. Je suis plus inquiet des conséquences indirectes de la libération des prix si la loi Galland devait être supprimée. Cela déclencherait certainement une guerre des prix. Pour renforcer leur compétitivité, tout en ménageant leurs marges, les distributeurs renforceraient encore leurs pressions sur les fournisseurs. Ils chercheraient à réaliser des gains de productivité. Les nouvelles technologies d'automatisation de l'encaissement leur offrent une formidable opportunité. Ainsi, pour un hypothétique gain de pouvoir d'achat, le prix à payer pourrait être la destruction de plusieurs dizaines de milliers de postes de caissières."

A suivre, mon "point de vue" à paraître dans la rubrique "Idées" des Echos...

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Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Actualité

Ouf... Le rapport du Conseil d'analyse économique, "Mesurer le pouvoir d'achat", qui nous a occupé Robert Rochefort et moi-même depuis près d'un an et demi, est enfin terminé !

Il sera présenté au Conseil d'analyse économique le 12 octobre et à la Ministre de l'Economie, Christine Largarde, le 18. Une conférence de presse est programmée le 19 octobre à 10 heures au CAE.

Plus sur son contenu une fois que le rapport pourra être rendu public... A suivre.

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Jeudi 11 octobre 2007
publié dans : Le capitalisme post-fordien

Article paru dans Les Echos n° 20019 du 5 octobre 2007

Notre monde connaît un profond bouleversement qui n'a nullement les allures d'une révolution mais qui, en revanche, concerne et transforme tout individu et son environnement. Nous repérons cette rupture au sein des stratégies commerciales récentes qui développent des offres inédites, très éloignées du mythe consumériste du « produit ».

Vers les années 2000 s'achèvent deux siècles de capitalisme industriel, phase spectaculaire d'un développement technique qui a propulsé l'Occident vers un confort matériel inédit. À l'usine triomphante correspondait une logique économique centrée sur l'offre de « produits » vers lesquels convergeaient les aspirations d'un consommateur forcément en demande. Malgré ses prouesses technologiques qui ouvrent de nouveaux secteurs, l'ère productiviste d'une consommation de masse toujours renouvelée s'est essoufflée et décline : la rencontre automatique et bienfaisante entre un produit et un besoin, entre une marchandise et un désir, appartient au passé. De la voiture à l'ordinateur, de l'habitat aux loisirs, malgré les ratés inégalitaires du système, le nécessaire est acquis. Et la société occidentale s'avoue souvent repue.

Les incitations à consommer davantage s'épuisent : il est aussi difficile de conduire deux véhicules à la fois que de porter plusieurs chemises en même temps. Les stratèges d'entreprise ont vite décelé ces limites, et l'on s'achemine vers un modèle d'offres composites qui changent complètement la physionomie du commerce et de la consommation. Cette nouvelle offre, qualifiée de « bouquet », rassemble des biens et des services, habituellement vendus séparément, dans le but affiché de changer la vie du client. Le capitalisme change d'habits, répondant désormais à une autre demande, faisant aussi appel à d'autres ressorts essentiellement non marchands, comme la gratuité, l'attention, le sentiment d'appartenance communautaire, les valeurs, la « rassurance », négligés jusqu'ici par la logique économique brute.

Ce qui est en jeu n'est plus un produit utile qui attire une consommation rétive. Le nouveau scénario célèbre un « client » qu'il faut séduire, satisfaire et capter, voire capturer ; et il n'est plus question de lui vendre un simple objet. On lui propose maintenant, afin de mieux l'enrôler, un « environnement » spécifique qui rend service, rassure, fait plaisir, et surtout apporte des « solutions » ; ces dernières se bornant rarement au registre fonctionnel. Elles relèvent des dimensions immatérielle, symbolique et affective. Acheter, c'est s'affilier, pour s'émanciper du monde problématique qui est le nôtre. D'où l'idée maîtresse de « solution » : cette offre plurielle et globale pour que le client « respire », pour qu'il échappe au combat quotidien contre ses soucis. Acheter, c'est dépasser les tensions et les problèmes. S'offrir un univers, presque une seconde vie... Le confort matériel étant à peu près assuré, la nouvelle économie servicielle vole au secours d'individus hyper-modernes déboussolés, leur promettant le confort psychologique pour les ravir.

 

Ainsi, ce n'est plus un banal voyage que nous propose Nouvelles Frontières, mais les moyens de « vivre plus ». Par-delà ses cosmétiques, Garnier nous appelle à « prendre soin de nous ». Lapeyre nous invite à inventer notre intérieur et à profiter de « ses solutions » pour l'aménager. Ikea nous enjoint de « nous retrouver », de « réagir », de « changer de vie ». Le Crédit Agricole nous rappelle qu'une « relation durable, ça change la vie »... C'est la nature même du lien entre l'offre et la demande qui s'en trouve modifiée : à la transaction ponctuelle et anonyme des marchés de masse se substitue une relation « personnalisée » entre « partenaires », inscrite dans la durée et se fardant d'attributs non marchands. Voilà le nouveau tableau de l'économie servicielle contemporaine, où les marques engendrent les bouquets et réciproquement. À la limite de la cohérence, Mac ou Microsoft, Orange ou Club Med, Nestlé ou Nike, easyJet ou American Express, Canal+ ou l a FNAC, se précipitent dans cette direction qui entend changer la vie.

Cette inflexion est radicale. Et l'économie feint, une fois de plus, de se mettre au service de l'individu, de l'humanité. La raison économique, celle du profit, n'est en rien altérée. Au contraire, elle continue d'étendre son champ qui désormais s'empare des affects et supplante les solidarités traditionnelles. Si les clients y gagnent le sentiment rassurant d'être reconnus, compris et accompagnés, ils deviennent aussi de plus en plus les otages de ces stratégies marketing qui entendent les ficeler discrètement. Pour dépasser la saturation des marchés ainsi que l'étau d'une concurrence effrénée, la « nouvelle offre » se doit de coloniser les territoires intimes de l'existence de chacun en promouvant une relation individuelle et captive : ravir le client dans tous les sens du terme !

 

 

MICHEL HENOCHSBERG et PHILIPPE MOATI sont professeurs d'économie, membres du « think tank » Forum d'Action Modernités.

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Samedi 22 septembre 2007
publié dans : Le capitalisme post-fordien

L'Usine Nouvelle, n° 3069, 20 septembre 2007, p. 26

Les "marchés de solutions", déjà courant dans le BtoB, sont en train de se diffuser dans le domaine de la consommation. Proposer une solution implique de passer la vente d'un produit à l'offre d'un "bouquet" dont la production réclame souvent  de combiner des compétences complémentaires, internes et externes. Un défi pour l'approche traditionnelle du métier d'industriel...

Lire la chronique

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Samedi 15 septembre 2007
publié dans : Le capitalisme post-fordien

Je serai présent au Forum de la géointelligence organisé par Asterop qui se tiendra mardi 2 octobre 2007 à l'Institut du Monde Arabe. J'aurai le plaisir d'intervenir, en binôme avec Gérard Mermet, sur le thème de la pertinence des différents dispositifs de connaissance des consommateurs pour le marketing des réseaux.

Renseignement et inscription sur le site d'Asterop : http://www.asterop.com/

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Samedi 18 août 2007
publié dans : Consommation et modes de vie

Un blog, c’est aussi un moyen de pousser un coup de gueule. Aussi ai-je décidé de vous faire partager la pitoyable expérience que j’ai vécue récemment en effectuant des achats dans le magasin Alinéa du nouveau centre commercial Domus, entièrement dédié à l’univers de la maison, à Rosny-sous-Bois en Seine-Saint-Denis. Au-delà d’offrir un exutoire à mon mécontentement de consommateur, les lignes qui suivent témoignent de la difficulté de tenir dans le point de vente les promesses de « satisfaction du client » de plus en plus souvent mises au premier plan par les distributeurs.

L’action se passe un dimanche matin de juillet (nous sommes encore dans la période des soldes). Il s’agissait, pour mon épouse et moi, de procéder à l’achat pour notre grande fille d’un futon et de ses tatamis (nouvelle tendance de consommation : les ados veulent dormir dans un lit à deux places, à même le sol…). Les produits avaient été repérés au cours d’une précédente déambulation dans l’espace d’exposition du magasin. « Copié-collé » d’Ikea, Alinéa exploite les leviers expérientiels associés à la mise en situation des produits, à leur « théâtralisation » dans un environnement valorisant favorable à la flânerie et la projection de leur usage par le chaland. Puisque nous savions avec précision ce que nous voulions acheter, nous anticipions qu’il ne s’agirait que d’une expédition rapide à caractère utilitariste. Première déconvenue : les produits n’étant pas disponibles au libre-service, une étiquette nous informe que nous devons solliciter un vendeur (ou, peut-être, l’étiquette faisait-elle mention d’un « conseiller »). Problème : pas de vendeur aux alentours. Au point « renseignement » se trouve cependant placé, fort judicieusement, un bouton poussoir permettant d’alerter un vendeur de notre présence. Cinq minutes d’attente et cinq ou six pressions courtoises sur le bouton poussoir finissent par me convaincre de changer de stratégie et de visiter les rayons voisins afin de trouver un vendeur. En voici un enfin. Il est déjà en main avec une cliente ; il se débat avec son ordinateur et son téléphone. Trois autres clients patientent. Il y a manifestement un problème avec la commande de la cliente en cours. Je fais bref. Il nous faudra 15 minutes pour enfin accéder à un vendeur qui semble totalement dépasser par les évènements. Nous lui transmettons les références des produits en question, qu’il saisit sur son terminal. Ouf ! Les produits sont en stock, mais… Il convient de vérifier physiquement, car nous apprenons qu’ « il y a des problèmes avec l’informatique »… Et nous voilà repartis pour 10 minutes d’attente, le temps que le manutentionnaire, dans l’entrepôt, s’assure que l’ordinateur n’a pas dit pas de bêtises. Entre temps, le vendeur – qui n’a manifestement ni le temps, ni l’esprit à « conseiller » - s’efforce de satisfaire d’autres clients, dont la file tend à s’allonger… Le téléphone du vendeur sonne une nouvelle fois (étant donné la fréquence de son usage, le bon vieux Taylor aurait suggéré d’en améliorer l’ergonomie : oreillette, mise en mémoire du numéro de l’entrepôt…). Cette fois, c’est pour nous et, quelle chance ! les produits sont effectivement disponibles.

Nous nous pensions proches de la fin de notre périple. Je réalise aujourd’hui à quel point nous étions naïf… Le vendeur nous explique la marche à suivre : nous devons aller régler nos achats à la caisse, puis nous rendre en voiture au dépôt tout proche où nous seront remis nos articles en échange du ticket de caisse. Je pense naïvement que le système informatique a envoyé l’ordre de préparation de la commande au dépôt durant notre passage en caisse et que les produits n’attendent plus que notre arrivée… Je dois trop lire LSA… Arrivé à l’accueil de l’entrepôt, nous trouvons une demi-douzaine de clients qui attendent qu’on leur apporte le contenu de leur commande. Certains témoignent de signes d’impatience. Mauvais présage… Nous remettons notre ticket de caisse à un personnel qui semble passablement surmené et entamons une attente que nous commençons à anticiper comme significative. Pas de ticket de file d’attente. Pas d’annonce du temps d’attente probable. Je surprends à quelques mètres de nous la conversation d’un couple d’une soixantaine d’années. Madame est excédée par l’attente. J’aperçois sur le guichet une urne permettant de déposer un questionnaire de satisfaction, certainement élaborée par le service marketing de l’enseigne. Un homme s’affère à le remplir. Vu l’expression de son visage, ses commentaires ne doivent pas être élogieux. Cela fait quinze minutes que nous attendons et nous commençons à nous impatienter. Moins sans doute que le jeune couple avec un bébé qui était déjà là à notre arrivée. Le monsieur, remonté, fait remarquer aux employés au guichet qu’ils attendent depuis près de 30 minutes, et que c’est insupportable, en particulier lorsqu’on est avec un bébé. Il menace d’annuler la commande (ce qui n’a pas l’air d’émouvoir son interlocuteur). Le mécontentement doit être contagieux. Je sens la colère m’envahir à mon tour. Le questionnaire de satisfaction clientèle sera mon souffre douleur. J’apprécie que celui-ci se termine par la demande de mon adresse mail et de mon numéro de téléphone. J’attends toujours une réaction de l’enseigne…

25 minutes d’attentes. Pas grand-chose de prévu pour faire passer la pilule. Si la salle d’attente est plutôt bien décorée, pas de musique d’ambiance, pas de magazines, pas d’activités pour les enfants… Juste un distributeur de boissons qui délivre un café à 50 centimes…

Je craque à mon tour et, plutôt que m’en prendre à des employés qui, visiblement, font ce qu’ils peuvent, je demande à parler à un responsable. Ce cas de figure doit être prévu par la procédure. Au bout de 3 minutes, un homme d’une trentaine d’années fait son apparition. Je me présente et, en essayant de garder mon calme, je lui demande les raisons pour lesquelles, après avoir attendu près d’une demi-heure en magasin, nous sommes encore contraints d’attendre trente minutes pour entrer en possession de nos marchandises. Le responsable me répond que nous sommes dimanche et que c’est encore la période des soldes. Je lui rétorque que chacun de ces deux éléments étant parfaitement prévisibles, je ne comprends pas que le volume de main-d’œuvre n’ait pas été ajusté en conséquence. Le responsable se justifie comme il peut et finit par me dire ma commande arrivera dans 5 minutes, en ajoutant que je devrais m’estimer heureux parce qu’il y a dans la salle des clients qui attendent depuis plus longtemps encore…  et que si je ne voulais pas attendre je n’avais qu’à venir en semaine ! Je n’obtiendrais rien de plus de ce « responsable », en tout cas pas les excuses et les quelques mots de sympathie (je n’ose pas écrire compassion) qui auraient pu désarmer mon mécontentement.

Au bout de 30 minutes, notre commande est enfin livrée. Je passe sur le tatami manquant qui nous impose quelques minutes supplémentaires d’attente. Au total, ce qui ne devait être qu’une course rapide a occupé la totalité de notre dimanche matin et nous a mis de fort mauvaise humeur. Je ne pense que nous ayons été un cas isol