<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0"
         xmlns:err="http://jelix.org/ns/xmlerror/1.0">
 <channel>

		<link rel="hub" href="http://overblog.superfeedr.com" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
		<link rel="self" href="http://www.philippe-moati.com/rss-articles.xml" xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom" />
	
    <title><![CDATA[Economie et société : comprendre le nouveau capitalisme (Analyse sectorielle)]]></title>
    <link>http://www.philippe-moati.com/categorie-1112702.html</link>
    <description>Les derniers articles publiés dans la catégorie &quot;Analyse sectorielle&quot; du blog &quot;Economie et société : comprendre le nouveau capitalisme&quot;</description>

        <language>fr</language>
    
    
    <pubDate>Mon, 06 Feb 2012 01:24:22 +0100</pubDate>    <lastBuildDate>Mon, 06 Feb 2012 01:24:22 +0100</lastBuildDate>    <generator>Over-blog.com RSS 2.0 Engine</generator>    <copyright>Copyright 2012 www.philippe-moati.com</copyright>            <category>Analyse sectorielle</category>    <docs>http://www.rssboard.org/rss-specification/</docs>                        
      <item>
        <title><![CDATA[Le marché du livre à l'heure de la numérisation]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-le-marche-du-livre-a-l-heure-de-la-numerisation-66698147.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="text-align: justify;">
    <em><span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Une petite note que j'ai rédigée pour préparer l'émission Service Public du lundi 7 février, consacrée au livre numérique, sur France Inter.
    Elle puise largement dans l'étude que nous avons réalisée pour le ministère de la Culture sur la prospective de la distribution physique des biens culturels.</span></em>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Comparé aux marchés de la musique, de la vidéo ou à celui de la presse, le marché du livre se porte plutôt bien. Le livre, il est vrai, est peu
    piraté sur Internet. Il n’y cependant pas de quoi pavoiser&nbsp;: la croissance est molle, ses ressorts de long terme fatigués et, surtout, l’arrivée du numérique plante un gigantesque point
    d’interrogation sur le futur du marché et la manière dont il est organisé.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Un marché qui se maintient malgré une dynamique de lecture inquiétante</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Si les sources sont contradictoires dans le détail, elles s’accordent sur l’image d’un marché dont le taux de croissance flirte chaque année avec le
    0, avec une variabilité sans lien direct avec la conjoncture macroéconomique. Cette stabilité tendancielle contraste avec l’augmentation continue du nombre de titres mis sur le marché
    (620&nbsp;000 références en vente en 2009, en hausse de 45 % par rapport à 2004). Ce dynamisme éditorial contribue probablement à la stimulation de la demande&nbsp;; il témoigne aussi de
    l’abaissement du seuil de rentabilité avec l’introduction du numérique dans la production du livre, qui encourage les éditeurs à multiplier les lancements dans l’espoir de réussir à entrer dans
    la liste convoitée des best-sellers. A la clé, une diminution tendancielle du tirage moyen et un encombrement des tables des libraires (et du bureau des critiques…) qui réduit la durée de vie
    commerciale des titres.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Et puis, si le marché se maintient, le poids des achats de livres dans le budget des ménages s’inscrit dans une tendance à la baisse depuis le début
    des années 1970, qui s’accélère depuis quelques années. Il est vrai que la mise en place progressive de la gratuité des manuels scolaires dans les lycées à partir de 2001 a contribué au
    mouvement, de même que l’augmentation du poids des livres de poche dans la structure des ventes. Plus inquiétant, les enquêtes du ministère de la Culture sur les pratiques culturelles des
    Français ont mis en évidence un recul du nombre des forts et moyens lecteurs depuis les années 1980. Désormais, 53 % des Français admettent lire peu ou pas du tout. Le recul de la lecture
    s’observe dans toutes les tranches d’âge, mais il est particulièrement marqué chez les plus jeunes. Autrement dit, les jeunes d’aujourd’hui lisent moins que leurs aînés au même âge. La clientèle
    a donc tendance à vieillir. Et quand on sait de surcroît que, passé la cinquantaine, les achats de livres déclinent avec l’âge, on comprend que la démographie est doublement défavorable au marché
    du livre.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Un réseau de libraires qui s’étiole</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Le marché du livre se distingue également de la plupart des autres marchés de produits culturels par la structure de sa distribution. Alors que les
    disquaires ont pour ainsi dire disparu, les librairies réalisent encore à peu près un quart des ventes de livres&nbsp; (y compris les maisons de la presse et les librairies-papeteries). Cette
    spécificité de la distribution du livre doit beaucoup, bien sûr, à la loi sur le prix unique du livre (loi Lang de 1981), dont l’objectif était précisément de maintenir un réseau dense de
    librairies en les protégeant des effets d’une concurrence par les prix. Ce soutien réglementaire – régulièrement remis en question – est justifié par le rôle que les libraires jouent dans la
    promotion de la création littéraire et de la diversité culturelle.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Pour autant, la situation des libraires est préoccupante. Depuis une douzaine d’années, leur part de marché recule régulièrement (elle était de 33 %
    en 1994). Elles ont à faire face à la concurrence des grandes surfaces spécialisées dans le commerce de biens culturels (22% du marché). Ce format de vente a connu un développement très important
    au cours de la dernière décennie, au travers de l’expansion du réseau des enseignes leaders (la Fnac et Virgin), mais aussi par le développement de réseaux plus jeunes implantés en périphérie, en
    particulier Cultura et les «&nbsp;Centre culturels&nbsp;» Leclerc. Les libraires doivent également affronter la concurrence des grandes surfaces alimentaires qui représentent près de 20 % du
    marché. Pour les hypers, la loi sur le prix unique rend la vente de livre particulièrement rentable… Leur offre, souvent concentrée sur les «&nbsp;meilleures ventes&nbsp;», touche un large
    public. Face à la crise du marché de la musique et de celui de la vidéo, grandes surfaces spécialisées et hypermarchés ont eu tendance à réallouer leurs surfaces de vente au profit du livre (mais
    aussi du jeu vidéo), renforçant la pression sur les libraires. Le plus souvent implantés en centre-ville, ceux-ci souffrent de la montée des coûts de l’immobilier commercial qui, combinée à des
    frais de personnel importants, étrangle la rentabilité des entreprises. Celle-ci, qui a eu tendance à se dégrader au cours des dernières années, atteint souvent des niveaux alarmants. Les
    libraires affrontent donc les défis de la numérisation en état de faiblesse.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Le e-commerce, la première vague de la révolution numérique</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Comme tous les secteurs du commerce, la distribution du livre a été affectée par la naissance du e-commerce. Les produits culturels ont d’ailleurs
    été parmi les premiers produits vendus en ligne. Malgré la loi sur le prix unique, qui a empêché l’apparition de «&nbsp;cyberdiscounters&nbsp;», le e-commerce s’est emparé en une quinzaine
    d’années de près de 10 % du marché du livre, pris pour une large part sur les librairies.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Les vendeurs de livres du monde physique se sont rapidement portés sur ce nouveau canal de vente. La Fnac, Cultura, Carrefour… vendent des livres en
    ligne. Les librairies ne sont pas en reste&nbsp;: Joseph Gibert, Le Furet du Nord, Decitre, Sauramps… ont leur site de e-commerce, mais aussi beaucoup de petites librairies qui s’appuient pour
    cela sur les services de prestataires ou qui se regroupent pour mutualiser des moyens (comme les 8 libraires réunis autour du groupement Librest en région parisienne). Très prochainement ouvrira
    le site 1001librairie.com, créé à l’initiative du Syndicat de la librairie française avec le concours du Centre national du livre&nbsp;; il offrira une plateforme commune aux libraires
    indépendants désireux de se lancer dans la vente en ligne. En dépit de toutes ces initiatives, le e-commerce du livre est largement dominé, en France comme à l’échelle mondiale, par
    Amazon…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Le ebook, la deuxième vague de la révolution numérique</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Le numérique, c’est aussi la dématérialisation du support. Le «&nbsp;livre électronique&nbsp;» est déjà une vieille histoire… Mais, jusque-là,
    l’histoire d’un échec. Voilà plus de 10 ans que l’on annonce l’avènement du ebook, lancement de nouveaux terminaux de lecture à l’appui… Mais à ce jour, rien de commun avec ce qu’a connu la
    musique et la vidéo, pour le pire (le piratage) comme pour le meilleur (de nouvelles formes d’accès aux contenus et de valorisation des œuvres). Les raisons de cet échec sont multiples&nbsp;: des
    terminaux peu performants commercialisés pour l’essentiel par des «&nbsp;start-up&nbsp;», l’attachement des consommateurs au support matériel, la résistance des éditeurs échaudés par l’expérience
    de leurs homologues de la musique…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Et pourtant, il semble bien que les choses soient en train de changer… Le marché américain a donné le coup de sifflet du démarrage. La courbe des
    ventes de ebooks (le contenu) a décollé en 2009. Le marché de gros a été multiplié par 3,4 entre le troisième trimestre 2008 et le troisième trimestre 2009. Depuis, la courbe est exponentielle.
    Le marché a été multiplié par 2,4 entre le troisième trimestre 2009 et le troisième trimestre 2010. L’institut Forrester estime le marché (consommateurs) à 966 millions de dollars en 2010 et
    anticipe qu’il atteindra 3 milliards de dollars en 2015. Le décollage du marché américain doit beaucoup à l’action d’Amazon, qui n’a pas encore été transposée en Europe. Le marché du livre
    électronique est beaucoup plus modeste en France. En 2010, il aura – au mieux – représenté 1,5 % du total du marché du livre. C’est très peu comparé à la part de marché du numérique dans le
    domaine de la musique, de la vidéo ou du jeu vidéo (autour de 10 %). Mais, en France aussi, une nouvelle dynamique semble avoir été amorcée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Les vannes sont ouvertes</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Que s’est-il donc passé&nbsp;? La technologie, d’abord, a beaucoup progressé. Il est désormais possible de commercialiser des terminaux assurant une
    lecture confortable, disposant d’une forte autonomie, d’un faible poids, pour un prix raisonnable. Aux terminaux spécialisés (les «&nbsp;liseuses&nbsp;» utilisant la technologie de l’encre
    électronique) se sont ajoutées les tablettes rétroéclairées d’un usage polyvalent. Le succès de l’iPad a surpris plus d’un observateur. Selon Gfk, il s’est vendu en France 435&nbsp;000 tablettes
    en 2010. Dans le monde,&nbsp;le cabinet iSupply prévoyait 13 millions d’exemplaires vendus de la tablette à la pomme pour 2010 et 50 millions pour 2012. Si les tablettes sont rarement achetées
    d’abord pour la lecture de ebooks, elles contribuent à un apprentissage global d’autres usages, de nouvelles pratiques de lecture, qui ouvre la voie au livre numérique bien au-delà du cercle des
    clients potentiels des liseuses. Les terminaux sont appelés à se perfectionner et à voir leur prix baisser. Les concurrents de l’iPad sont de plus en plus nombreux et l’arrivée prochaine des
    écrans couleurs devrait donner un coup de fouet au marché des liseuses.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Mais au-delà de la technologie, c’est l’entrée en scène d’acteurs puissants qui a permis d’enclencher le processus d’émergence du livre numérique.
    Amazon a joué un cet égard un rôle important, tout au moins aux Etats-Unis. Dès 2007, le leader de la vente en ligne s’est engagé de manière résolu sur ce nouveau marché. En 2009, il aurait été à
    l’origine de 75 % du montant des ventes de livres électroniques, grâce notamment à une politique tarifaire agressive.&nbsp; Pour conforter sa position et favoriser l’émergence du marché, Amazon -
    à l’instar de ce qu’Apple avait fait dans la musique - s’est lancé dans la promotion de sa propre liseuse, le Kindle. Au cours du deuxième trimestre 2010, les ventes en volume de ebooks sur le
    site d’Amazon auraient très largement excédé les ventes de livres «&nbsp;reliés&nbsp;»&nbsp;; au cours du 4<sup>ème</sup> trimestre 2010, les ventes de ebooks ont dépassé les ventes de livres
    «&nbsp;souples&nbsp;» (l’équivalent de nos livres de poche). En 2011, il est très probable qu’Amazon vende plus de ebooks de que livres papiers… Amazon commence à étendre son offre en Europe.
    Après l’ouverture d’un&nbsp;Kindle Store&nbsp;au Royaume Uni, le pure player s’apprête à se déployer en Allemagne. L’attaque du marché français butterait sur des négociations difficiles avec les
    éditeurs… Mais d’autres grands acteurs sont d’ores et déjà actifs. Apple, bien sûr, dont l’activité du iBook Store est tirée par la diffusion de l’iPad et le iPhone. Mais aussi Google qui, après
    avoir diffusé les livres libres de droit, a ouvert aux Etats-Unis sa librairie numérique (Google Edition) en décembre 2010. L’ouverture en Europe est annoncée pour 2011. Au total, les internautes
    pourront ainsi avoir accès à pas moins de 3 millions d’ouvrages.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">L’histoire des techniques témoigne de ce que le processus d’émergence de nouveaux marchés est sensible aux effets de seuil, aux dynamiques
    cumulatives. La présence de grands acteurs, ayant investi des moyens importants, est un signal en direction des autres acteurs moins spontanément enclins à s’engager dans la voie de la nouveauté.
    A commencé par les consommateurs qui se trouvent encouragés à rompre avec leurs habitudes, à investir dans de nouveaux équipements et dans l’apprentissage de nouvelles pratiques, par la de ceux
    qui leur propose les nouvelles offres. Les grands distributeurs ont suivi&nbsp;: en dehors d’Amazon, il est possible d’acheter des ebooks sur les sites de la Fnac, de Virgin, de Carrefour… Mais
    cet effet d’entrainement est particulièrement important pour ce qui concerne les éditeurs qui, désormais, peuvent craindre de rater le départ du train, voire, par leur refus du numérique, de
    favoriser l’entrée dans leur secteur d’acteurs qui lui sont étrangers. Dès lors que toutes les catégories d’acteurs anticipent l’émergence du marché, cette émergence se produit
    effectivement&nbsp;: l’augmentation du nombre de clients incite les éditeurs à étendre leurs catalogues&nbsp;; la richesse accrue de l’offre encourage la demande&nbsp;; les pionniers se font
    prosélytes et convertissent leur entourage à de nouvelles pratiques&nbsp;; le développement du marché réduit le prix des terminaux et encourage les investissements dans les innovations
    technologiques…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Des obstacles subsistent</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Pour autant, la partie n’est pas encore gagnée. Le livre électronique restera-t-il cantonné à un marché de niche&nbsp;? Ou bien, le livre papier
    doit-il craindre de finir au rayon des vielles reliques, aux côtés des disques vinyles&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Le principal obstacle, ou tout du moins celui qui est le plus souvent mis en avant aussi bien par l’homme de la rue que par les professionnels de
    l’édition, est l’inertie des habitudes de lecture. L’attachement au livre papier est sans doute beaucoup plus fort que ne l’est l’attachement au CD, en particulier de la part des gros lecteurs.
    La réticence des consommateurs à préférer la version électronique du titre recherché peut être alimentée par la diversité des formats proposés, la pluralité des plateformes de téléchargement, les
    restrictions au droit d’usage (nombre de copies limitées, fichier non-interopérables…)... Mais de nouvelles pratiques de lecture ont commencé de s’installer au travers notamment des blogs et des
    journaux en ligne. La perspective du gain de place (au prix de m2 dans Paris, il devient intéressant de calculer le coût que représente sa bibliothèque…) s’ajoute aux bénéfices environnementaux
    de la dématérialisation. Enfin, il est probable que, très rapidement, le ebook cessera d’être «&nbsp;homothétique&nbsp;» (simple conversion numérique du livre papier) et donnera lieu à une
    évolution significative de la manière d’éditer, voire de la manière d’écrire.&nbsp;Reste la question du prix…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Le fond du problème semble être celui du partage des revenus et, plus généralement, du contrôle de la filière. La dimension mondiale des acteurs en
    passe de s’imposer comme des passages obligés pour toucher les consommateurs effraient des éditeurs qui, jusque-là, régnaient sur la filière. La politique tarifaire agressive d’Amazon pèse sur
    leurs revenus et leur fait craindre la cannibalisation à rythme rapide du marché du livre papier. Si la formule retenue par Apple leur laisse la liberté de fixer les prix, le pouvoir de
    négociation dont jouit la firme à la pomme a de quoi rebuter. La mobilisation des éditeurs – et l’écoute dont ils bénéficient auprès des pouvoirs publics – pourrait faire que le développement du
    marché du livre électronique prenne en France une voie particulière. Le principe de l’application du taux de TVA réduite au livre électronique a été adopté, comme devrait l’être - ce qui est
    autrement plus structurant - celui du prix unique, qui assure aux éditeurs la maîtrise du prix de vente aux consommateurs. Si ce principe devait être définitivement adopté, il est probable que
    les éditeurs s’engageront de manière plus volontaire sur ce nouveau marché. Auront-ils alors à cœur de stimuler la croissance du marché par une politique de prix incitative&nbsp;?</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong>Un impact considérable sur la distribution</strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><strong><br></strong></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Le e-commerce du livre papier a déjà porté un coup sévère à la distribution physique. L’impact de la dématérialisation sera plus fort encore. Si
    certains points de vente disposent de bornes de téléchargement, on imagine mal que le téléchargement en magasin soit le mode privilégié d’acquisition des ebooks. Le marché du livre numérique se
    développera donc pour l’essentiel hors des magasins.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Libraires et distributeurs de biens culturels pourront bien-sûr tenter de capter ce marché par l’ouverture de plateformes de téléchargement, comme
    ils ont déjà commencé de le faire. Pour autant, les leaders de la distribution de contenus numériques (Amazon et Apple) misent avant tout, et pour l’instant avec succès, sur l’enfermement de
    leurs clients. Si le principe du prix unique était effectivement adopté, les libraires pourraient se lancer dans l’aventure sans être désavantagées par leur taille sur le terrain du prix. Mais
    face à la concurrence des grandes plateformes de téléchargement, dont le champ d’action déborde très largement le livre, le volume d’affaires qu’ils peuvent espérer sera sans doute très inférieur
    au manque à gagner sur la vente de livres papier.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">La révolution numérique pourrait donc au final porter un coup sévère aux commerces physiques du livre. Les grandes surfaces spécialisées et les
    hypermarchés pourront toujours tenter de récupérer le volume d’activité perdu en réallouant leur surface de vente en faveur d’autres produits. Cette option est évidemment plus problématique pour
    les libraires. Plus que jamais, leur résistance à ce nouveau contexte passera par la valorisation de ce qui fonde leur avantage comparatif par rapport aux autres formes d’accès aux contenus
    culturels&nbsp;: le service, la proximité, l’expertise, la convivialité… Une chance pour eux&nbsp;: il s’agit là de valeur en vogue chez les consommateurs.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Ph. Moati</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;"></p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">Pour aller plus loin&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">BENHAMOU F., GUILLON O. [2010], Modèles économiques d’un marché naissant&nbsp;: le livre numérique, <em>Culture Prospective</em>, n°2,
    téléchargeable sur <a href="http://www.culture.gouv.fr/deps">www.culture.gouv.fr/deps</a></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080; font-size: 10pt;">MOATI Ph. [2010], Prospective du commerce physique de biens culturels, <em>Culture Prospective</em>, n°3, téléchargeable sur <a href=
    "http://www.culture.gouv.fr/deps">www.culture.gouv.fr/deps</a></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 08 Feb 2011 09:51:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">ebd167fa1be41f4886f54dd30dac5f9a</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-le-marche-du-livre-a-l-heure-de-la-numerisation-66698147-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Représentations et dynamique sectorielle : les enseignements de la littérature académique (1/2)]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-representations-et-dynamique-sectorielle-les-enseignements-de-la-litterature-academique-1-2-65963656.html</link>        <description><![CDATA[<div style="text-align: justify;">
    <h1>
      <span style="color: #000080;"><em><span style="font-size: 10pt;">Voila des années que je désirais approfondir la question de la subjectivité dans la prise de décision stratégique et
      l'encadrement de cette subjectivité par la "culture microcosmique" qui règne (avec plus ou moins de force) à l'intérieur des secteurs. Au début de ma carrière d'analyste sectoriel, j'ai été à
      plusieurs reprise confronté à ce phénomène et j'ai pu mésurer à la quel point il pouvait influé sur la dynamique sectorielle</span> <em><span style="font-size: 10pt;">secteurs du jouets, des
      articles de sport, de l'édition littéraire...)</span></em><span style="font-size: 10pt;">&nbsp;</span></em></span>
    </h1>
    <h1>
      <span style="color: #000080;"><em><span style="font-size: 10pt;">Convaincu de l'importance de la culture sectorielle dans la dynamique du secteur de la distribution, j'ai engagé l'été dernier
      une enquête auprès d'un échantillon de cadres dirigeants d'entreprises de la distribution afin de recueillir, au travers de leurs visions du commerce en 2020, l'état de leurs représentations
      sur leur secteur d'activité, et d'évaluer le degré de convergence de ces représentations à l'intérieur du secteur. Le rapport issu de cette enquête, ainsi que sa synthèse en 4 pages, ont déjà
      été mis en téléchargement sur ce blog (ils sont également disponibles sur le site du Crédoc). La première partie du rapport consiste en un survol de la littérature en économie et en gestion
      afin de fixer les bases conceptuelles de l'intégration de la subjectivité des représentations dans l'analyse des dynamiques sectorielles. Ce billet (et le suivant, car le texte est trop
      long...) est directement issu de ce texte. L'objectif est de laerendre accessible à des chercheurs ou des praticiens de l'analyse sectorielle intéressés par le sujet et qui n'auraient pas eu
      l'idée d'aller fouiller dans un rapport sur le commerce</span></em></span>.
    </h1>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
    <p>
      &nbsp;
    </p>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’analyse économique traditionnelle de l’entreprise considère que ses comportements sont déterminés de manière à répondre de façon optimale aux
    caractéristiques de l’environnement, en vue de maximiser son profit. L’entreprise doit donc s’adapter à son environnement<a href="#_ftn2">[2]</a>. Si elle échoue, elle s’expose à la sélection
    opérée par le jeu concurrentiel qui conduirait à ce que seules survivent les firmes qui se sont adaptées à leur environnement<a href="#_ftn3">[3]</a>. La traduction pratique de cette approche est
    à la base de la démarche stratégique classique. La définition de la stratégie de l’entreprise démarre par un diagnostic le plus détaillé possible de l’environnement dans ses différentes
    composantes (technologique, réglementaire, concurrentielle, sociétale…). Ce diagnostic doit déboucher sur l’identification d’un ensemble de menaces et d’opportunités, de facteurs clés de succès,
    auxquels l’entreprise devra s’adapter. Dans cette approche, la stratégie est en quelque sorte contenue dans les caractéristiques de l’environnement. Le modèle LCAG (Learned, Christensen, Andrews
    et Guth), développé aux États-Unis dans les années 1960 et qui figure encore en bonne place dans tous les manuels de stratégie, s’inscrit très largement dans ce sillage, de même que le modèle
    développé par Michaël Porter dans <em>Choix stratégiques et concurrence</em><a href="#_ftn4"><em><strong>[4]</strong></em></a>, dans lequel il livre une méthodologie de diagnostic de
    l’environnement sectoriel devant aider les entreprises à définir leur positionnement stratégique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les développements de la théorie de l’entreprise intervenus au cours des cinquante dernières années au carrefour de l’économie et des sciences de
    gestion ont conduit à envisager la question de la définition de la stratégie de manière beaucoup plus complexe. Nous n’aborderons pas ici les approches fondées sur les ressources et les
    compétences<a href="#_ftn5">[5]</a> qui soulignent les contraintes découlant de ce que les ressources nécessaires à la mise en œuvre de la stratégie ne sont pas des biens librement échangeables
    et que leur exploitation exige des capacités organisationnelles idiosyncrasiques. La problématique de ce rapport nous invite à concentrer notre attention sur les approches théoriques de la
    manière dont les acteurs économiques se forgent une représentation des caractéristiques de leur environnement, et des biais cognitifs qui sont susceptibles d’intervenir dans la formation de ces
    représentations. Après avoir insisté sur la subjectivité des représentations de l’environnement, nous aborderons les dispositifs susceptibles de faire converger les subjectivités autour de points
    de référence partagés à l’échelle d’un secteur d’activité. Nous nous intéresserons alors à la manière dont la subjectivité des représentations interfère dans la trajectoire d’évolution des
    secteurs d’activité. Enfin, nous tenterons l’application de la grille d’analyse découlant de ce survol de la littérature académique à la dynamique du secteur du commerce de détail.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h2 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">1.&nbsp; La subjectivité des représentations de l’environnement des entreprises</span>
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">&nbsp;«&nbsp;<em>Le stratège qui connaitrait de façon certaine l’évolution future de son environnement aurait peu de mal à concevoir une stratégie
    adaptée en fonction de cette évolution et des ressources de son entreprise</em>&nbsp;»<a href="#_ftn6">[6]</a>. En réalité, la connaissance objective et complète de l’environnement et de son
    évolution est un leurre. Elle se heurte à l’incertitude et à la rationalité limitée des décideurs.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">1.1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Le règne de l’incertitude</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’incertitude rend illusoire toute tentative de connaissance exhaustive de l’environnement. Spender [1989] la définit comme «&nbsp;une condition de
    déficience de l’information dans laquelle les données par elles-mêmes ne contiennent, ni ne déterminent la solution&nbsp;» (p. 176). Shubik [1954] insiste sur deux de ses dimensions.
    L’<em>incomplétude</em> renvoie au caractère incomplet des informations disponibles sur l’environnement. Elle est croissante avec la complexité de l’environnement. Réduire l’incomplétude suppose
    d’engager un effort de recherche d’information. Cet effort est coûteux, en argent, en temps, en mobilisation de ressources cognitives. L’application du principe marginaliste implique que l’effort
    de recherche d’information soit poursuivi jusqu’au point où le coût marginal de cette recherche égalise son rendement marginal escompté<a href="#_ftn7">[7]</a>. Passons sur la difficulté
    d’évaluer la portée d’une information avant d’en avoir pris connaissance (le fameux paradoxe d’Arrow) pour souligner que, sauf à considérer que le coût de recherche de l’information est très
    faible, la définition de la stratégie à toutes chances de s’opérer dans un contexte d’information incomplète. Et à supposer même que toute l’information utile soit intégralement disponible sans
    coût<a href="#_ftn8">[8]</a>, le traitement exhaustif de cette masse d’information risquerait de buter sur la rationalité limitée du décideur, sur les limites de ses capacités de cognition.
    L’<em>indétermination</em> est la seconde dimension de l’incertitude relevée par Shubik. Elle découle de la présence dans l’environnement d’autres acteurs, ayant leurs logiques d’action propres,
    dont les actions et les réactions (notamment aux comportements de l’entreprise elle-même) ne peuvent être anticipées avec certitude.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Incomplétude et indétermination ne sauraient cependant suffire à décrire un environnement incertain, dans un sens qui rendrait illusoire l’approche
    rationnelle de la définition de la stratégie. On peut imaginer, en effet, pouvoir pallier une information incomplète ou une incertitude sur le comportement des parties prenantes par l’application
    de probabilités aux informations manquantes ou aux comportements possibles<a href="#_ftn9">[9]</a>. Cette option est cependant peu réaliste, sur le plan à la fois des capacités cognitives prêtées
    aux décideurs et du caractère probabilisable de l’environnement. Il revient à Knight [1921] d’avoir opéré la distinction devenue classique entre les situations de risque et d’incertitude. Il est
    toujours possible d’attribuer des probabilités aux différents états possibles d’une situation «&nbsp;risquée&nbsp;», à l’image de ce que font les actuaires dans les compagnies d’assurances. Ceci
    est impossible dans les situations «&nbsp;incertaines&nbsp;» dans la mesure où c’est l’ensemble des cas possibles qui n’est pas connu, où peuvent survenir des configurations qui n’avaient pas
    même été envisagées. Ainsi, appliquée à l’incomplétude de l’information, l’incertitude au sens de Knight renvoie à des situations d’ignorance pure et simple de certaines caractéristiques de
    l’environnement&nbsp;; appliquée à l’indétermination, elle signifie que certains comportements des parties prenantes ne sont simplement pas envisagés, si bien que leur occurrence prend le
    décideur par «&nbsp;surprise&nbsp;»<a href="#_ftn10">[10]</a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Si l’incertitude est probablement de règle pour caractériser l’environnement qui sous-tend la décision stratégique, on devine qu’elle est à son
    comble lorsqu’il s’agit d’anticiper l’environnement tel qu’il se présentera demain. Or, le processus stratégique s’inscrit dans le temps. Le diagnostic de l’environnement est une première étape
    qui doit déboucher sur la formulation d’une stratégie, puis sur sa mise en œuvre. Ce processus s’opère dans le contexte social d’une organisation, ce qui suppose à la fois le suivi de procédures
    permettant la coordination des collaborateurs impliqués, des jeux de pouvoir, l’expression de résistances… Le temps requis pour la mise en œuvre est d’autant plus grand qu’elle implique
    l’acquisition ou la création de nouvelles ressources, la mobilisation de nouvelles compétences. Compte tenu de ce délai de gestation, la planification stratégique ne doit pas s’opérer sur la base
    de l’état de l’environnement au moment de l’amorce du processus, mais sur une anticipation de cet état au moment de l'achèvement du processus et de la mise en œuvre effective de la
    stratégie.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Dans le contexte d’environnements à la fois complexes et témoignant d’une forte variabilité – comme ceux que rencontrent de plus en plus couramment
    les entreprises –, l’incertitude est particulièrement importante (Duncan [1972]), et l’état actuel de l’environnement est souvent un bien piètre indicateur de son état futur. La complexité des
    processus qui gouvernent l’évolution de l’environnement est telle que l’identification <em>ex ante</em> de l’ensemble des états possibles (et l’attribution à chacun d’une probabilité subjective)
    est illusoire. La prise de décision stratégique s’effectue alors nécessairement en situation d’incertitude. Dès lors, comme l’écrit Penrose [1963, p.&nbsp;45], «<em>&nbsp;ce sont les "prévisions"
    et non les faits objectifs qui déterminent de façon immédiate le comportement d’une entreprise</em>&nbsp;».</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">1.2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Jugement et rationalité procédurale</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Cette situation d’incertitude entrave l’identification de la stratégie optimale telle qu’elle résulterait de l’application d’une rationalité
    substantielle<a href="#_ftn11">[11]</a>, ou même d’une démarche qui relèverait de la seule analyse<a href="#_ftn12">[12]</a>. La définition de la stratégie découle alors de l’application d’une
    rationalité procédurale, qui fait intervenir des heuristiques plus ou moins formalisées, mais aussi le jugement, l’intuition… bref, la subjectivité des décideurs<a href="#_ftn13">[13]</a>. Ce
    sont moins les caractéristiques objectives de l’environnement qui guident les décisions stratégiques que les représentations que les managers s’en font<a href="#_ftn14">[14]</a>. Ces
    représentations sont le produit d’un processus en deux temps<a href="#_ftn15">[15]</a>&nbsp;: l’<em>attention</em>, qui définit les caractéristiques de l’environnement effectivement prises en
    compte, et l’<em>interprétation</em>, c'est-à-dire le sens qui est accordé aux données ayant franchi sur le seuil de l’attention<a href="#_ftn16">[16]</a>. Le processus de décision s’achève par
    la définition, sur la base des représentations ainsi construites, des actions à engager.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’attention et l’interprétation sont des processus cognitifs. En tant que tels, ils sont fortement subjectifs. Ces processus font intervenir des
    «&nbsp;cartes mentales&nbsp;» (Hayek [1953]), des «&nbsp;cartes cognitives&nbsp;» (Eden [1998], Calori et al. [1994]), des «&nbsp;schèmes organisateurs&nbsp;» (Walsh [1995], Huff et Huff
    [2000])<a href="#_ftn17">[17]</a>… Dans un contexte d’information pléthorique, complexe et ambiguë, ces schémas orientent l’attention des managers, qui tendent à concentrer leur observation de
    l’environnement (scanning) sur un nombre limité de dimensions, privilégiées de manière plus ou moins consciente car considérées comme étant les plus pertinentes<a href="#_ftn18">[18]</a>. Aux
    données observées, le décideur <em>«&nbsp;ajoute quelque chose de lui-même&nbsp;»</em> (Spender [1989]) qui est de l’ordre de la croyance, du ressenti, et qui se substitue au savoir défaillant.
    L’interprétation de cet ensemble fait également intervenir un système de croyances, des «&nbsp;jugements&nbsp;». Au cours de ce processus cognitif, la personnalité du décideur, son «&nbsp;système
    nerveux&nbsp;» (Hayek [1978]), ses capacités, ses expériences, ses motivations… jouent un rôle critique. De même, le passage de la représentation de l’environnement à l’action ne découle pas
    uniquement d’une analyse&nbsp;; en réponse aux limites de la rationalité, il fait généralement intervenir des règles d’action activées de manière plus ou moins conscientes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Dès lors, comme l’évoque Simon [1982, p. 290], nous ne pouvons plus prédire la décision du décideur (et donc le comportement de l’entreprise) sur la
    seule base des caractéristiques objectives de son environnement. Ainsi, des décideurs confrontés à un même environnement «&nbsp;objectif&nbsp;» sont susceptibles d’en construire des
    représentations divergentes conduisant à des décisions différentes<a href="#_ftn19">[19]</a>. Dans la mesure où la dynamique d’évolution d’un secteur ne découle pas simplement des changements
    exogènes intervenant dans l’environnement, mais également des stratégies des entreprises elles-mêmes, toute tentative d’anticipation du devenir d’un secteur d’activité doit s’efforcer de prendre
    en considération, non pas seulement la dynamique des conditions de base du secteur, mais aussi la manière dont se forment et évoluent les représentations que les acteurs se font de leur
    environnement et de ses perspectives d’évolution. Ces représentations, qui sont à la base des stratégies conduites ou appelées à être mises en œuvre dans l’avenir, contribueront à définir ce que
    deviendra effectivement l’environnement sectoriel.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">1.3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’importance du profil des dirigeants</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La charge de définir une stratégie pour l’entreprise est généralement conçue comme relevant du top management<a href="#_ftn20">[20]</a>. La nature
    de la stratégie de l’entreprise, en tant que produit du processus de décision engagé par les cadres dirigeants, se trouve donc en partie influencée par leur «&nbsp;qualités personnelles&nbsp;»
    (Penrose [1959, p. 41]), c'est-à-dire, si l’on suit Hambrick et Mason [1984], à la fois leurs «&nbsp;bases cognitives&nbsp;» et leurs valeurs dont découlent notamment les objectifs poursuivis.
    L’influence de la base cognitive sur le processus de décision a été beaucoup plus étudiée que celle des valeurs. La base cognitive sur laquelle se fonde le processus de décision est construite
    sur l’expérience vécue par les décideurs&nbsp;: formation initiale, champ de spécialisation fonctionnelle, évènements rencontrés, échecs et succès vécus dans le passé… Cette expérience nourrit le
    jugement et offre des règles d’action.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">De nombreuses études empiriques se sont attachées à déceler l’effet du profil des dirigeants sur tout ou partie du processus décisionnel.
    Geletkanycz et Black [2001], par exemple, recensent plusieurs travaux portant sur la manière dont la spécialité fonctionnelle des cadres dirigeants influe sur leurs représentations de
    l’environnement et des problématiques de l’entreprise. Elles aboutissent à des résultats mitigés&nbsp;: si le profil fonctionnel du dirigeant ne semble pas avoir d’effet systématique sur la
    manière de percevoir l’environnement, il influence significativement la manière de penser les problèmes que rencontre l’entreprise. Ces différences de perspectives sont susceptibles d’influer sur
    les décisions. Ainsi, Song [1982] a montré que les PDG ayant un profil de financier avaient une plus forte propension à privilégier les acquisitions comme stratégie de croissance. Gupta et
    Govindaraja [1984], de leur côté, ont observé que les dirigeants ayant un passé dans le domaine commercial ou marketing ont tendance à opter pour des stratégies de croissance par la conquête de
    parts de marchés<a href="#_ftn21">[21]</a>. En France, l’enquête menée par Ardenti et Vrain [2000] auprès d’un échantillon de dirigeants de PMI a conduit au constat d’une influence de la
    trajectoire professionnelle du dirigeant sur les choix stratégiques (principalement abordés dans cette enquête sous l’angle organisationnel) et sur le style de management. «<em>&nbsp;La plupart
    des chefs d’entreprise reproduisent le type d’organisation et appliquent des méthodes de gestion qu’ils ont connues antérieurement</em>&nbsp;»<a href="#_ftn22">[22]</a>.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">1.1.4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; La convergence des représentations au sein de l’entreprise</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La subjectivité des représentations de l’environnement et l’ensemble des biais cognitifs qui interviennent au cours du processus de décision à
    l’échelle individuelle peuvent nuire à la performance de l’entreprise si cela conduit à un ensemble de décisions incohérentes entre elles<a href="#_ftn23">[23]</a>. Le risque est réel puisque les
    décideurs dans l’entreprise se distinguent les uns des autres par leur formation, leur spécialité fonctionnelle, leur trajectoire professionnelle, sans parler de considérations plus personnelles
    (l’âge, l’origine sociale et ethnique…) susceptibles d’intervenir dans la formation des «&nbsp;cartes mentales&nbsp;» impliquées à chacune des étapes du processus de décision. En réalité,
    différents mécanismes assurent généralement un minimum de convergence des représentations et des modèles d’action parmi les cadres de l’entreprise. Le premier réside dans le rôle particulier que
    joue le dirigeant dont le statut et le profil font qu’il est en charge de définir une «&nbsp;vision&nbsp;» dont découlent les grandes lignes de la stratégie, qu’il doit faire partager aux membres
    de l’équipe dirigeante et qui doit finalement s’inscrire dans la «&nbsp;culture d’entreprise&nbsp;»<a href="#_ftn24">[24]</a> et dans ses procédures (ses «&nbsp;routines&nbsp;» au sens de Nelson
    et Winter [1982]). A ce titre, c’est avant tout au dirigeant que revient la charge d’exercer son jugement face à l’incertitude. Ce faisant, il crée pour les autres membres de l’équipe dirigeante
    un «&nbsp;contexte limité de certitude&nbsp;»<a href="#_ftn25">[25]</a>. La culture d’entreprise, entendue comme un ensemble de valeurs, de normes de comportements, de représentations partagées,
    de modes de pensée, n’est pas seulement issue de la vision du dirigeant. Elle se nourrit également de l’histoire de l’entreprise, de ses réussites, de ses échecs, des évènements qu’elle a
    traversés. Les routines, en offrant à chaque collaborateur un répertoire d’actions à engager selon les circonstances, autorisent une économie de rationalité et limitent la marge de subjectivité
    (d’autant plus que l’on descend dans la hiérarchie et que les procédures se font plus précises). Un autre mécanisme par lequel les processus de décision individuels convergent à l’intérieur de
    l’entreprise réside dans le caractère social du traitement de l’information<a href="#_ftn26">[26]</a>. Les membres de l’entreprise ont de multiples occasions d’entrer en interaction, de manière
    formelle et informelle, ce qui leur donne l’opportunité de se transmettre des informations sur l’environnement, d’échanger des visions… Enfin, évoquons l’effet homogénéisant des critères de
    recrutement qui, bien souvent, à l’échelle des équipes dirigeantes, conduit à une certaine endogamie, ainsi que l’ensemble des dispositifs de socialisation formels ou informels (formations
    «&nbsp;maison&nbsp;», séminaires d’intégration, évènements de «&nbsp;team building&nbsp;», effet cafeteria ou machine à café…) qui contribuent à la diffusion de la culture d’entreprise et à
    l’homogénéisation des modes de pensée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;"></p>
  <h2 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a name="_Toc276736772">2. <span style=
    "font-family: &quot;Times New Roman&quot;; font-style: normal; font-variant: normal; font-weight: normal; line-height: normal; font-size-adjust: none; font-stretch: normal;">&nbsp;&nbsp;&nbsp;</span>
    Homogénéité et hétérogénéité des représentations à l’intérieur des secteurs</a></span>
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Si un certain nombre de mécanismes sont à l’œuvre à l’intérieur de l’entreprise afin d’assurer un minimum de convergence dans les représentations et
    les modes de pensée et d’action, qu’en est-il entre les firmes d’un même secteur d’activité&nbsp;? Tout ce qui vient d’être dit sur la subjectivité du processus de décision face à l’incertitude
    qui recouvre l’environnement et la rationalité limitée des décideurs incite à penser que, même si les firmes d’un même secteur sont <em>a priori</em> confrontées au même environnement objectif,
    il est très probable que leurs managers s’en fassent des représentations différentes. A la diversité des perceptions des menaces et opportunités que recèle l’environnement, des anticipations de
    sa dynamique d’évolution… s’ajoute l’hétérogénéité des bases de compétences (qui définissent pour chaque entreprise le champ du possible), pour conduire à des stratégies différentes, quand bien
    même les objectifs des dirigeants seraient identiques. L’hétérogénéité des stratégies poursuivies par les entreprises d’un même secteur est un phénomène aujourd’hui bien documenté, dont les
    nouvelles théories de la firme sont en mesure de rendre compte, et qui a donné lieu à la construction d’outils opérationnels, tels que la notion de groupe stratégique popularisée par Michael
    Porter.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Pour autant, une homogénéité plus ou moins prononcée des représentations de l’environnement et des modes de pensée parmi les entreprises d’un même
    secteur d’activité a été observée à de multiples reprises<a name="_ftnref1" href="#_ftn1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[1]</span></span></span></span></a>, dans le cadre de monographies<a name="_ftnref2" href="#_ftn2"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[2]</span></span></span></span></a> et au moyen d’études économétriques
    trans-sectorielles<a name="_ftnref3" href="#_ftn3"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
    "line-height: 150%;">[3]</span></span></span></span></a>. Spender [1989] a forgé la notion d'«&nbsp;industry recipes&nbsp;» –&nbsp;des recettes sectorielles&nbsp;– pour désigner ces
    «&nbsp;structures cognitives supra-individuelles définies au niveau sectoriel&nbsp;». Plus précisément, les recettes sectorielles sont «&nbsp;<em>un ensemble de croyances et d'hypothèses partagé
    par le top management des organisations d'un même secteur. Il contient un ensemble d'axiomes qui établissent ce que le secteur considère généralement comme les questions que le management doit
    traiter pour assurer la viabilité de l’entreprise. Il renvoie également à un système de signification complet grâce auquel les managers peuvent donner du sens à leurs expériences et interpréter
    les actions des autres</em>&nbsp;» (Brownlie et Spender [1995, p. 42-43]). On reconnaîtra une notion proche de celle de «&nbsp;paradigme&nbsp;» telle que développée par Kuhn pour l’étude du
    développement de la connaissance scientifique, et appliquée au développement technologique par les économistes évolutionnistes<a name="_ftnref4" href="#_ftn4"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[4]</span></span></span></span></a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Dans nos propres travaux, nous évoquions les expressions de «&nbsp;culture microcosmique&nbsp;» ou de «&nbsp;culture sectorielle&nbsp;» pour
    désigner non seulement les représentations partagées au sein d’un secteur, mais aussi les valeurs et les normes de comportements qui s’imposent à ses acteurs<a name="_ftnref5" href=
    "#_ftn5"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[5]</span></span></span></span></a>. Ce type de
    point de vue suppose de se défaire de la vision d’un secteur comme un ensemble d’entreprises qui prennent leurs décisions de manière autonome, reliées par le seul processus concurrentiel, en
    faveur d’une approche institutionnaliste qui souligne le contexte social dans lequel les entreprises sont «&nbsp;encastrées&nbsp;»<a name="_ftnref6" href="#_ftn6"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[6]</span></span></span></span></a>, qui lie des acteurs au-delà des
    seuls rapports marchands et concurrentiels, les forment en communautés régulées par des institutions formelles et informelles canalisant leurs modes de pensée et d’action. Le secteur
    d’appartenance constitue ainsi une structure sociale qui interfère dans les processus décisionnels individuels. Sous certaines conditions, le territoire d’implantation peut jouer un rôle
    similaire, notamment lorsqu’il est générateur d’une «&nbsp;proximité culturelle&nbsp;» porteuse de conventions<a name="_ftnref7" href="#_ftn7"><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
    "line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[7]</span></span></span></span></a>. Ainsi, les cartes mentales à partir desquelles les managers fondent
    leurs représentations ne sont pas le seul produit de caractéristiques personnelles ou liées à leur entreprise, mais résultent également d’apprentissages socialement situés, effectués dans un
    contexte d’immersion dans un collectif pourvoyeur de connaissances<a name="_ftnref8" href="#_ftn8"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[8]</span></span></span></span></a> et de normes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">S’inscrivant dans cette perspective, DiMaggio et Powell [1983] ont fourni une grille d’analyse complète des mécanismes concourant à la convergence
    des représentations à l’intérieur d’un secteur (qui est un cas particulier de ce qu’ils nomment isomorphisme mimétique). Ces auteurs distinguent trois mécanismes de diffusion de visions
    communes&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">-&nbsp;le <em>mécanisme coercitif</em>. Il s’agit d’un ensemble de règles formelles qui s’imposent de manière non équivoques à l’ensemble des
    entreprises du secteur&nbsp;: lois et réglementations émises par la puissance publique, normes et règles édictées par les organisations professionnelles, accords conclus entre partenaires
    sociaux…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">-&nbsp;le <em>mécanisme mimétique</em>. C’est ce mécanisme qui est à l’œuvre lorsque les entreprises s’efforcent d’imiter les stratégies gagnantes
    de leurs concurrents. Dans certains secteurs oligopolistiques, suivre le leader est un mode de coordination qui peut limiter les effets d’une concurrence destructrice. Mais le mécanisme mimétique
    peut également agir de manière plus indirecte, par exemple au travers des mouvements de personnel d’une entreprise à l’autre du même secteur, par l’intervention de consultants…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">-&nbsp;le <em>mécanisme normatif</em>. Il agit directement sur les cartes mentales des décideurs au travers d’un processus de socialisation opéré à
    l’échelle du secteur. Les associations professionnelles, les institutions de formation (initiale ou continue), mais aussi bien sûr la presse professionnelle, les salons, séminaires, congrès et
    conférences qui rassemblent les décideurs des entreprises du secteur, favorisent les partages d’expérience, les exposent aux mêmes informations et analyses, quelquefois aux mêmes
    «&nbsp;récits&nbsp;» (les cas d’école, les bonnes pratiques, les grandes figures…), et peuvent jouer un rôle déterminant dans la formation d’une culture sectorielle largement partagée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’adoption des recettes sectorielles par les décideurs se trouve donc à la fois contrainte par le cadre institutionnel, encouragée par l’attitude
    stratégique, et effectuée de manière partiellement inconsciente du fait de l’immersion au sein d’un microcosme. Spender [1989] ajoute que l’adoption des recettes sectorielles est également une
    réponse des managers à l’incertitude, qui les conduit à rechercher dans la référence à des normes collectives des guides dans l’exercice de leur jugement. De leur côté, DiMaggio et Powell [1983],
    de même que Porac et al. [1989], mettent en avant que le mimétisme stratégique peut constituer un moyen pour les décideurs d’obtenir une légitimité qui leur facilite l’accès aux ressources dont
    l’entreprise a besoin (attraction des clients, confiance des fournisseurs et des partenaires potentiels, accès au financement, aux aides publiques, acceptation par l’opinion publique…)<a name=
    "_ftnref9" href="#_ftn9"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
    "line-height: 150%;">[9]</span></span></span></span></a>. L’isomorphisme n’est donc pas uniquement la conséquence de dispositions moutonnières. Certaines études ont même pu montrer que les firmes
    qui adoptent des stratégies proches de celles de leurs concurrents (au moins jusqu’à un certain point) bénéficient de meilleures performances<a name="_ftnref10" href="#_ftn10"><span class=
    "MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="line-height: 150%;">[10]</span></span></span></span></a>.</span>
  </p>
  <div>
    <br>
    <hr size="1">
    <div id="ftn1">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn1" href="#_ftnref1"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[1]</span></span></span></span></span></a> Voir les études citées par Abrahamson et Hambrick [1997].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn2">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn2" href="#_ftnref2"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[2]</span></span></span></span></span></a> Spender [1989] pour les secteurs de la fonderie des métaux, de la location de chariots élévateurs et pour
        l’industrie laitière, Moati [1989] pour le secteur des articles de sport et Moati [1992] pour celui de l’édition, Salais et Storper [1993] pour le secteur du matériel militaire…
      </p>
    </div>
    <div id="ftn3">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn3" href="#_ftnref3"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[3]</span></span></span></span></span></a> Par exemple, Sutcliffe et Huber [1998] ont réalisé une enquête auprès de 307 cadres appartenant à 58
        entreprises de 19 secteurs d’activité, visant à recueillir la manière dont ils qualifient l’environnement de leur entreprise. Il ressort qu’environ 40% de la variance des perceptions
        individuelles sont expliqués par l’appartenance du cadre à l’entreprise et de l’entreprise au secteur. Autrement dit, les perceptions individuelles sont significativement similaires à
        l’intérieur des firmes mais aussi à l’intérieur des secteurs.
      </p>
    </div>
    <div id="ftn4">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn4" href="#_ftnref4"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[4]</span></span></span></span></span></a> Dosi [1982].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn5">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn5" href="#_ftnref5"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[5]</span></span></span></span></span></a> Moati [1996].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn6">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn6" href="#_ftnref6"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[6]</span></span></span></span></span></a> Granovetter [1985, 2000].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn7">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn7" href="#_ftnref7"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[7]</span></span></span></span></span></a> Storper [1995], Zimmerman [2008].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn8">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn8" href="#_ftnref8"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[8]</span></span></span></span></span></a> Les «&nbsp;connaissances tacites et inconscientes&nbsp;» de Hayek [1960], que les acteurs absorbent jour après
        jour par le biais des interactions sociales (voir Aréna et Festré [2002]).
      </p>
    </div>
    <div id="ftn9">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn9" href="#_ftnref9"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[9]</span></span></span></span></span></a> Pfeffer et Salancik [1978], Deephouse [1996].
      </p>
    </div>
    <div id="ftn10">
      <p class="MsoFootnoteText">
        <a name="_ftn10" href="#_ftnref10"><span class="MsoFootnoteReference"><span style="font-size: 10pt;"><span><span class="MsoFootnoteReference"><span style=
        "font-size: 10pt; line-height: 150%;">[10]</span></span></span></span></span></a> Voir Deephouse [1999] et les références citées dans l’article.
      </p>
    </div>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">(à suivre)<br></span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
    <hr size="1">
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Cette partie, qui précise le cadre dans lequel s’inscrit ce travail, peut sans dommage être contournée par le lecteur
      d’abord intéressé par les résultats de l’enquête.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Les théories plus récentes admettent que les stratégies de l’entreprise puissent également viser, de manière
      proactive, à agir sur l’environnement.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Alchian [1950].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Porter [1982].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Pour un tour d’horizon de ces approches, voir Barney et Clark [2007].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Atamer et Calori [1998, p. 382].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Stigler [1961].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Les technologies de l’information ont effectivement fortement réduit le coût de l’information et permis un
      accroissement considérable de la quantité d’information à la disposition des décideurs.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Savage [1954].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> L’indétermination radicale des comportements des parties prenantes découle fondamentalement de la remise en cause de
      l’hypothèse de rationalité substantielle. Si l’on ne peut prêter aux autres acteurs – eux-mêmes soumis à l’incertitude – des comportements substantiellement rationnels (à l’inverse de ce que
      suppose la théorie de jeux), il devient impossible d’anticiper leur comportement. (Jacquemin [1985], Arrow [1986]).</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> En présence de l’incertitude, «&nbsp;<em>seul Dieu sait quelles politiques seraient réellement optimales</em>&nbsp;»
      (Nelson et Winter [1982, p. 128]).</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Brownlie et Spender [1995].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Georgescu-Roegen [1954], Spender [1989].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> <em>«&nbsp;L’environnement est considéré […] comme une représentation, dans l’esprit de l’entrepreneur, des
      possibilités et des restrictions auxquelles il est confronté&nbsp;»</em> (Penrose, [1959, p. 5]).</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Abrahamson et Hambrick [1997].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> «&nbsp;<em>Nous percevons le monde avant de réagir à lui, et nous réagissons non pas à ce que nous percevons, mais
      toujours à ce que nous inférons</em>&nbsp;» (Knight, [1921, p. 201]).</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Des nuances distinguent ces différentes expressions. Dans la suite de ce texte, nous privilégierons l’expression de
      carte mentale.</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> Voir les résultats d’études empiriques citées par Stewart et al. [2008].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref19">[19]</a> <em>«&nbsp;Les agents sont hétérogènes “quant à leur capacité, à partir de la perception et de l'inférence, à former
      des jugements corrects concernant le cours futur des évènements dans leur environnement”&nbsp;»</em> (Knight [1921, p.&nbsp;241]).</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref20">[20]</a> Child [1972], Pfeffer et Salancik [1978], Hambrick et Mason [1984], Brownlie et Spender [1995]...</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref21">[21]</a> Ces deux études sont citées par Geletkanycz et Black [2001].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref22">[22]</a> Ardenti et Vrain [2000, p. 92].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref23">[23]</a> Sutcliffe et Huber [1998] citent un certain nombre d’études qui mettent en évidence un lien entre le degré
      d’homogénéité des représentations de l’environnement au sein de l’équipe dirigeante et les performances de l’entreprise. Voir aussi Carmeli et Schaubroeck [2006].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref24">[24]</a> Schein [1985].</span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref25">[25]</a> Spender [1989, p. 175]. «&nbsp;En théorie, les subordonnés exercent dans ce contexte protégé et, soulagés du fardeau
      du leadership intellectuel, deviennent de purs preneurs de décisions logiques<em>&nbsp;».</em></span>
    </div>
    <div>
      <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref26">[26]</a> Sutcliffe et Huber [1998], McCabe et Dutton [1993].</span>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Jan 2011 14:08:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">943a8ada20d6c2424158fac1723d7912</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-representations-et-dynamique-sectorielle-les-enseignements-de-la-litterature-academique-1-2-65963656-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Représentations et dynamique sectorielle (2/2)]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-1-representations-et-dynamique-sectorielle-les-enseignements-de-la-litterature-academique-2-2-65964846.html</link>        <description><![CDATA[<h2 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">3 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Subjectivité des représentations et dynamique sectorielle</span>
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Au total, ce que nous enseigne la littérature académique est que, face à l’incertitude de l’environnement et à la rationalité limitée des agents,
    les représentations que les responsables d’entreprise adoptent de leur environnement et de ses évolutions possibles comportent une forte part de subjectivité contribuant à l’observation d’une
    diversité de stratégies parmi les entreprises d’un même secteur. Cette hétérogénéité intra-sectorielle se trouve cependant plus ou moins contrebalancée par le jeu de mécanismes assurant une
    certaine convergence à l’intérieur des secteurs dans les manières de percevoir l’environnement, ainsi que dans les modes de pensée et d’action.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La balance entre les forces de divergence et de convergence des représentations est inégale selon les secteurs<a href="#_ftn1">[1]</a>. DiMaggio et
    Powell [1983], à la suite de Cyert et March [1963], soutiennent que l’«&nbsp;isomorphisme mimétique&nbsp;» est d’autant plus important que le niveau d’incertitude est élevé&nbsp;: face à
    l’incertitude, se conformer à des règles collectives revêt un caractère rassurant. Confronté à sa propre ignorance, chaque décideur est en droit de supposer que les autres disposent d’une
    information qu’il n’a pas et de décider rationnellement de se conformer à leur manière de voir et de faire. En outre, il est sans doute plus confortable de se tromper en même temps que les autres
    plutôt que tout seul… Malheureusement, les études empiriques manquent pour identifier avec précision les déterminants sectoriels du degré de convergence des représentations. Abrahamson et
    Hambrick [1997] ont toutefois réussi à mettre en évidence un effet négatif, sur la convergence des champs sur lesquels porte l’attention des managers, de l’importance de leur latitude d’action au
    sein de leur secteur<a href="#_ftn2">[2]</a>.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Un certain consensus règne dans la littérature académique autour de l’idée que le degré de convergence est plus important dans les secteurs associés
    à un environnement stable ou à évolution lente (même si ce type d’environnement expose à une moindre incertitude). Plusieurs arguments viennent à l’appui de cette proposition. La stabilité de
    l’environnement assure la continuité du processus d’apprentissage qui, progressivement, réduit l’incertitude, améliore l’acuité des représentations et fait converger les représentations
    individuelles en direction de l’état réel de l’environnement. La stabilité de l’environnement favorise par ailleurs la formation et la consolidation des recettes sectorielles qui, en
    s’institutionnalisant, gagnent en capacité d’influence. Enfin, dans un environnement stable, les firmes dont les performances sont inférieures à celles de leurs concurrents sont incitées, plus
    encore qu’ailleurs, à s’engager dans un processus d’imitation des leaders.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">3.1&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’inertie des représentations</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Que se passe-t-il lorsque l’environnement connait un changement profond&nbsp;? La littérature insiste sur les facteurs d’inertie qui s’opposent à
    une adaptation rapide des représentations de l’environnement, préalable au changement stratégique. Le principal facteur d’inertie réside dans la dynamique cumulative qui préside à la formation
    des cartes mentales qui, tant qu’elles ne sont pas remises en cause, tendent à se renforcer au fil du temps<a href="#_ftn3">[3]</a>. Le temps renforce la confiance que le décideur place dans ses
    visions du monde, et s’appuyer sur elles en évitant de s’interroger en permanence sur leur validité économise en rationalité. Une longue période de stabilité au sein d’un secteur est donc
    susceptible de conduire à la calcification des cartes mentales, de même que l’ancienneté du décideur dans la firme et dans le secteur, voire dans la fonction<a href="#_ftn4">[4]</a>. Ces cartes
    mentales, on l’a vu, jouent comme un filtre dans l’acquisition et l’interprétation des signaux émis par l’environnement. Les informations les plus importantes par rapport aux cartes mentales en
    usage sont celles qui ont le plus de chance d’attirer l’attention&nbsp;; les autres risquent de demeurer inaperçues, même à supposer que le décideur ait été exposé à elles<a href=
    "#_ftn5">[5]</a>. Quand bien même seraient-elles perçues, les cartes mentales en usage pourraient conduire à les interpréter de manière erronée<a href="#_ftn6">[6]</a>. L’acquisition de nouvelles
    informations se trouve ainsi biaisée en faveur de celles qui confortent les représentations en vigueur.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">De nombreux auteurs insistent sur le fait que le risque de rigidification des représentations de l’environnement serait particulièrement élevé dans
    les entreprises qui ont longtemps connu le succès<a href="#_ftn7">[7]</a>. Les cas célèbres d’IBM face à l’apparition du PC, ou bien de Polaroïd ou de Kodak face à celle de la photo numérique,
    fournissent de remarquables illustrations de l’inertie cognitive qui menace les leaders qui ont dominé trop longtemps leur secteur. Une partie de l’explication réside dans le fait que le succès
    renforce la confiance que les décideurs accordent à leurs croyances et à leur jugement. La perception d’informations susceptibles de démentir ces croyances est à l’origine de dissonances
    cognitives, dont on sait depuis Festinger [1957] qu’elles activent des mécanismes de défense des représentations en usage. Par la «&nbsp;réfutation&nbsp;», le décideur tend à nier l’information
    dissonante, ou tout au moins à en minimiser la portée&nbsp;; par la «&nbsp;rationalisation&nbsp;», il cherche à modifier son contenu ou sa signification afin de la rendre compatible avec son
    système de pensée.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Si la stabilité de l’environnement tend à favoriser la convergence des cartes mentales à l’intérieur d’un secteur tout en conduisant à leur
    rigidification, on comprend que ce ne sont pas simplement des entreprises isolées qui peuvent devenir les victimes de l’inertie de leurs représentations mais un secteur dans son ensemble. Là
    aussi, les exemples de secteurs ayant raté le virage d’une mutation structurelle ne manquent pas<a href="#_ftn8">[8]</a>. Citons, parmi d’autres, l’industrie horlogère franco-suisse dans les
    années 1970 qui n’a pas su anticiper l’évolution de la demande mondiale vers des produits bon marché que rendait possible la technologie du quartz<a href="#_ftn9">[9]</a>&nbsp;; le secteur
    français de la fabrication d’articles de sport qui, au tournant des années 1980-1990, n’a pas su percevoir le glissement du marché d’une logique de compétition-performance vers une logique de
    loisir-mode<a href="#_ftn10">[10]</a>&nbsp;; ou plus récemment les majors de la filière musicale qui ont beaucoup tardé à prendre la mesure des conséquences de la dématérialisation du produit sur
    la structuration de leur activité.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">3.2&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; L’évolution des représentations</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les représentations sont-elles à ce point rigides qu’elles ne puissent définitivement pas prendre en compte les mutations intervenues dans
    l’environnement, condamnant par là les entreprises concernées en raison de leur insuffisante capacité d’adaptation&nbsp;? Évidemment non, car les individus comme les organisations sont dotés de
    capacités d’apprentissage de nouvelles représentations par évolution de leurs cartes mentales. La littérature académique dans le champ de la théorie de la firme adopte généralement sur ce plan
    une approche voisine de celle élaborée par Piaget dans celui de la psychologie de l’enfant. L’ajustement des représentations et modes de pensée à l’évolution de l’environnement s’opère à la fois
    par «&nbsp;assimilation&nbsp;» et par «&nbsp;accommodation&nbsp;». L’assimilation consiste à interpréter de nouvelles informations sur la base des cartes mentales existantes, quitte – si ces
    informations se révèlent peu compatibles avec les représentations en vigueur – à procéder, comme on l’a vu, à leur réfutation ou leur rationalisation. Cependant, lorsque la dissonance cognitive
    (Piaget évoque le «&nbsp;conflit cognitif&nbsp;») est trop forte, c’est le mécanisme d’accommodation qui entre en jeu. Le décideur tente alors d’ajuster ses structures cognitives afin d’intégrer
    la nouvelle information dans sa vision du monde. Ce type d’approche a été appliqué à l’étude des organisations, notamment par Argyris et Schön [1978] qui distinguent l’apprentissage
    organisationnel en «&nbsp;simple boucle&nbsp;» consistant, face à une information dissonante, à corriger à la marge ce qu’ils nomment les «&nbsp;theories in use&nbsp;», de l’organisation de
    l’apprentissage en «&nbsp;double boucle&nbsp;» qui conduit à la révision de ces «&nbsp;theories in use&nbsp;»<a href="#_ftn11">[11]</a>. C’est typiquement la persistance de dysfonctionnements, la
    dégradation durable des performances de l’entreprise, l’incapacité à atteindre les objectifs… qui déclenchent le passage d’un apprentissage en simple boucle à un apprentissage en double boucle,
    de l’assimilation à l’accommodation…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Évidemment, la capacité de remise en cause de ses représentations par un décideur et, au-delà, par une entreprise, fait intervenir un faisceau de
    facteurs. La radicalité des changements intervenus dans l’environnement, le nombre, la diversité et la persistance des informations dissonantes favorisent l’apprentissage de nouvelles
    représentations. A l’inverse le degré d’institutionnalisation des recettes sectorielles constitue un frein. A l’intérieur de l’entreprise, le profil des dirigeants, mais aussi les
    caractéristiques de l’organisation, l’efficacité des dispositifs mis en œuvre pour appréhender l’environnement (système de veille, d’intelligence économique…), la facilité avec laquelle
    l’information circule à la fois verticalement (de bas en haut) et verticalement… et plus généralement sa «&nbsp;capacité d’absorption&nbsp;»<a href="#_ftn12">[12]</a> et ses «&nbsp;compétences
    dynamiques&nbsp;»<a href="#_ftn13">[13]</a> interviennent dans la capacité à rompre l’inertie des formes de pensée et à engager l’effort d’adaptation nécessaire. La nature des facteurs à l’œuvre
    fait que la capacité de remise en cause et d’adaptation est fortement idiosyncrasique et constitue donc une source supplémentaire de diversité intra-sectorielle.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">3.3&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Évolutions des représentations et dynamique sectorielle</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’inégale capacité des individus et des entreprises à prendre acte des changements intervenant dans l’environnement et des nouvelles menaces et
    opportunités qui leur sont associées a été identifiée depuis longtemps par la théorie économique comme un facteur influant sur la dynamique des structures. Les économistes de la tradition
    autrichienne, en dépit de ce qui différencie leurs approches, s’accordent sur l’idée que les individus n’ont pas la même capacité à identifier les potentialités de leur environnement. Mises
    [1949/1985] distingue ainsi les «&nbsp;hommes ordinaires&nbsp;» des «&nbsp;promoteurs&nbsp;», ces derniers bénéficiant «&nbsp;<em>d’un coup d’œil plus prompt que la foule</em>&nbsp;».
    «&nbsp;<em>Ce sont les pionniers qui poussent et font avancer le progrès économique</em>&nbsp;» (p. 169). Schumpeter [1919/1951] distingue quant à lui les «&nbsp;leaders&nbsp;» des
    «&nbsp;imitateurs&nbsp;». Les leaders se caractérisent pas un «&nbsp;<em>besoin instinctif de domination&nbsp;</em>» (p. 15) et par leur «&nbsp;excédent d’énergie&nbsp;» (p. 34). Ces leaders sont
    les acteurs de l’innovation. Pour Kirzner [1979], les individus sont inégaux dans leur capacité à ressentir, anticiper, deviner… et à diriger ces capacités dans le sens d’une action économique.
    Certains bénéficient d’une plus grande «&nbsp;vigilance entrepreneuriale&nbsp;» qui leur permet de détecter dans l’environnement des opportunités non perçues par les autres. Notons au passage que
    cette capacité à percevoir ce que les autres ne voient pas peut se rencontrer plus couramment auprès d’acteurs n’appartenant pas au secteur et dont les représentations ne sont donc pas
    influencées par les «&nbsp;recettes sectorielles&nbsp;». On pense bien sûr aux entrepreneurs créateurs d’entreprise, mais aussi aux entreprises étrangères du même secteur<a href=
    "#_ftn14">[14]</a>, ou aux entreprises originaires d’autres secteurs d’activité en quête de diversification ou de redéploiement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Certains acteurs auraient donc cette faculté de percevoir, dans l’environnement (les attentes des clients, le potentiel offert par les technologies,
    les failles de la règlementation…), des opportunités de mise en œuvre de nouveaux comportements susceptibles d’être porteurs d’un avantage sélectif. Ils introduisent donc la nouveauté au sein du
    secteur. La dynamique sectorielle passe alors par un processus de diffusion des éléments de nouveauté perçus comme pertinents. Les auteurs autrichiens soulignent en particulier le rôle des
    comportements d’imitation. Ainsi, les «&nbsp;hommes ordinaires&nbsp;» de Mises, naturellement enclins à suivre des routines, se décident à suivre les «&nbsp;promoteurs&nbsp;» une fois leur succès
    avéré. Les «&nbsp;imitateurs&nbsp;» de Schumpeter, comme leur nom l’indique, imitent les innovations réussies par les «&nbsp;leaders&nbsp;» et contribuent à l’institutionnalisation de nouvelles
    représentations. Comme le souligne Spender [1989], la probabilité de diffusion à l’intérieur du secteur des représentations et des comportements innovants est notamment liée à la réputation à
    l’intérieur du secteur dont bénéficient les acteurs qui en sont à l’origine. Alors qu’un comportement innovant peut passer inaperçu lorsque c’est un nouvel entrant qui l’introduit, il peut
    rapidement s’imposer comme un nouvel ingrédient des «&nbsp;recettes sectorielles&nbsp;» si c’est un leader ou une entreprise du secteur bénéficiant d’une forte légitimité qui en est à
    l’origine.</span>
  </p>
  <h3 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">3.4&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp;&nbsp; Un modèle de dynamique sectorielle avec firmes hétérogènes</span>
  </h3>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’approche évolutionniste du changement économique initiée par Nelson et Winter [1982] a fourni un cadre théorique permettant de rendre compte de la
    manière dont l’hétérogénéité des entreprises sur le plan de leurs représentations, de leurs compétences et, finalement, de leurs comportements interfère avec la dynamique des secteurs d’activité.
    En conclusion de cette introduction méthodologique, tentons de résumer la vision d’ensemble qui découle de ce cadre, pour ensuite tenter une application au secteur du commerce.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Situons-nous dans le contexte hypothétique d’un secteur qui vient seulement d’émerger, peuplé de nouvelles entreprises sans histoire. Cette
    collection d’entreprises en concurrence ne constitue pas encore une «&nbsp;communauté&nbsp;». Les décideurs, qui ne peuvent tabler sur les recettes sectorielles pour les guider, fondent leurs
    représentations de l’environnement et la définition des stratégies opportunes sur la base de leur jugement, alimenté par l’information perçue. La subjectivité des processus cognitifs à l’œuvre
    conduit à une diversité de représentations à l’intérieur du secteur, laquelle conduit à son tour à la diversité des stratégies mises en œuvre<a href="#_ftn15">[15]</a>. Les caractéristiques
    effectives de l’environnement (les conditions de base du secteur, mais aussi l’ensemble des stratégies suivies par les firmes en concurrence) définissent les caractéristiques du régime de
    concurrence sur la base duquel sont sanctionnées les différentes stratégies, en fonction de leur degré d’adaptation aux caractéristiques de l’environnement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Ainsi, les entreprises dirigées par les managers ayant réalisé les perceptions les plus justes et qui ont pu sur cette base élaborer les stratégies
    les plus adaptées<a href="#_ftn16">[16]</a>, enregistrent les meilleurs résultats en termes de rentabilité et de croissance. Celles dont les stratégies se sont fondées sur des perceptions
    particulièrement erronées de l’environnement sont sanctionnées&nbsp;: elles ne parviennent pas à atteindre leurs objectifs, ou même voient leur existence menacée par le niveau de leur
    rentabilité. Le succès rencontré par les premières (qui se traduit notamment par la croissance de leurs parts de marché) tend à conforter la confiance de leurs dirigeants dans leurs
    représentations. Leurs cartes mentales se consolident. Les difficultés dans lesquelles se trouvent les secondes jouent comme une invitation pour leurs dirigeants à réviser les leurs. Parmi eux,
    certains approfondissent la démarche d’observation et d’analyse de l’environnement et en déduisent une représentation révisée. D’autres s’efforcent d’imiter les stratégies des entreprises ayant
    rencontré le succès. Ainsi, par l’emprise croissante des leaders sur le marché, la mise en œuvre de stratégie d’imitation, la correction progressive des erreurs d’analyse de l’environnement,
    voire la disparition des entreprises ne parvenant pas à réviser leurs stratégies…, les représentations adoptées par les firmes tendent à s’homogénéiser. Avec le temps, les évènements vécus en
    commun à l’échelle du secteur, la mobilité du personnel, la multiplication des relations interpersonnelles entre les dirigeants des différentes entreprises, la formation d’organisations
    professionnelles, la création d’une presse spécialisée… tendent à institutionnaliser ces représentations qui deviennent un élément de connaissance commune à l’échelle du secteur, des
    «&nbsp;recettes sectorielles&nbsp;».</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Sous réserve d’un environnement relativement stable, le secteur s’installe alors dans un certain <em>régime de croissance.</em> Un régime de
    croissance peut être défini comme un «&nbsp;ordre&nbsp;», c’est-à-dire un mode de fonctionnement du secteur relativement cohérent, qui se traduit par une certaine permanence de ses principales
    caractéristiques&nbsp;: ses structures (l’ordre de grandeur du nombre d’entreprises en présence, l’intensité des flux d’entrées et de sorties d’entreprises, leur taille moyenne, leur âge moyen…),
    les formes de la concurrence dont découlent les «&nbsp;facteurs clés de succès&nbsp;» qui s’imposent aux entreprises, la nature des ressources et des compétences requises pour prospérer dans le
    secteur, les caractéristiques du ou des modèles économiques appliqués par les firmes, les modes d’organisation les plus couramment adoptés... Le régime de croissance définit donc un cadre dans
    lequel s’exercent l’activité des entreprises et la dynamique concurrentielle qui les relie. Au régime de concurrence est également associé un ensemble de représentations partagées sur des
    questions aussi diverses que la nature des attentes des clients, le design des produits, les priorités en matière de développement des technologies, les qualifications à apporter à la
    main-d’œuvre, les formes d’organisation les plus adaptées à la nature de l’activité…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La convergence des représentations parmi les entreprises du secteur n’est cependant que relative. Malgré les points d’appui collectifs dont ils
    disposent pour établir leur jugement, les décideurs continuent de mobiliser leur subjectivité dans le processus de décision stratégique. Si les barrières à l’entrée ne sont pas insurmontables, de
    nouveaux acteurs pénètrent le secteur, souvent avec des représentations originales. Certaines entreprises en place engagent des stratégies d’adaptation davantage fondées sur l’innovation que sur
    l’imitation… En outre, l’environnement n’est jamais statique. Même sans connaître des ruptures majeures, il est en évolution permanente&nbsp;: les conditions de base ont leur dynamique propre
    (évolution des attentes des clients, développement des technologies, dynamique des secteurs fournisseurs…) et l’environnement concurrentiel est redéfini en permanence par la mise en œuvre des
    stratégies d’adaptation et l’arrivée de nouveaux entrants. Les changements qui interviennent dans l’environnement sont une invitation à ajuster en permanence les représentations, ce que les
    entreprises parviennent à réaliser de manière plus ou moins efficace en fonction du degré de rigidité de leurs cartes mentales… Ainsi, même dans le cadre d’un régime de croissance stabilisé, les
    structures du secteur ne sont jamais totalement inertes en raison de la dynamique qui nait de l’enchaînement&nbsp;: hétérogénéité stratégique =&gt; sélection =&gt; stratégies d’adaptation =&gt;
    hétérogénéité stratégique…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Le régime de croissance sectoriel peut se trouver déstabilisé par des mutations de l’environnement&nbsp;: une rupture technologique, une
    modification majeure du cadre réglementaire, un changement profond intervenant du côté des clients, l’entrée d’un concurrent porteur d’une innovation de rupture… Les recettes perdent de leur
    efficacité&nbsp;; les performances des entreprises se dégradent. Le secteur engage alors sa transition vers un nouveau régime de croissance. Ce passage peut cependant rencontrer des résistances.
    L’inertie des représentations individuelles, alimentée par l’institutionnalisation des recettes sectorielles, s’oppose à la prise de la juste mesure des adaptations qui s’imposent. Les
    entreprises en place peuvent éprouver de grandes difficultés à mesurer la profondeur des mutations en cours, et tenter de préserver leurs cartes mentales en sous-estimant la portée du changement
    ou en l’analysant de manière erronée. Les plus promptes à prendre la mesure des mutations, à réviser leurs cartes mentales et à adopter les stratégies d’adaptation qui s’imposent bénéficient d’un
    avantage sélectif. Les autres assistent à la dégradation de leurs performances et sont menacées de disparition. Des nouveaux entrants, qui n’ont pas d’héritage cognitif à assumer, pénètrent le
    secteur et contestent la position des firmes en place…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les difficultés que les entreprises peuvent rencontrer dans leurs tentatives d’adaptation sont, bien sûr, considérablement renforcées lorsque les
    mutations de l’environnement appellent de nouvelles stratégies qui exigent des compétences que les entreprises du secteur n’ont pas et qui ne sont pas librement accessibles. Les facteurs
    d’inertie cognitive en jeu dépassent alors le seul champ des représentations de l’environnement pour s’étendre à la problématique de l’apprentissage de nouveaux savoir-faire. Les difficultés
    auxquelles les entreprises sont confrontées dans leurs tentatives d’acquisition de nouvelles compétences s’ajoutent ainsi à toutes les formes de résistance au changement pour les encourager à
    tenter de résoudre la dissonance entre les comportements routiniers et les nouvelles représentations des stratégies qui s’imposent par des manœuvres consistant à bloquer le processus
    concurrentiel, à infléchir le cours de l’évolution de l’environnement.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les entreprises disposent en la matière d’un vaste répertoire d’actions allant de l’adoption d’une politique de prix prédateurs pour contraindre à
    la sortie les nouveaux entrants innovants, aux actions collectives (notamment via les organisations professionnelles) visant à influencer le cadre réglementaire ou à promouvoir l’adoption des
    standards qui leur soient favorables. En règle générale, si un minimum de pression concurrentielle existe à l’intérieur du secteur et si les barrières à l’entrée ne sont pas insurmontables, le
    secteur finit par basculer vers un nouveau régime de croissance, au terme d’un épisode de crise qui aura plus ou moins profondément déstabilisé les structures du secteur et conduit au
    renouvellement de sa population d’entreprises. De nouvelles représentations collectives s’institutionnalisent enfin dans des recettes sectorielles redéfinies.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h2 style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">4 &nbsp;&nbsp;&nbsp; Application au secteur du commerce de détail</span>
  </h2>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La révolution commerciale amorcée à la fin des années 1950 a consacré la «&nbsp;grande distribution&nbsp;» comme forme commerciale dominante. A
    mesure qu’elle étendait son emprise sur le commerce, le secteur entrait dans un nouveau régime de croissance, que nous avons proposé de qualifier d’extensif<a href="#_ftn17">[17]</a>. Ce régime
    de croissance est marqué par la prégnance du<em>modèle économique du discount</em>. A grands traits, rappelons que ce modèle repose sur une proposition de valeur centrée sur le prix bas, qui
    s’adosse à un back-office tendu vers l’exploitation des effets de dimension à tous les niveaux, et au service d’un modèle de rentabilité fondé sur la vitesse de rotation du capital. De la
    prégnance de ce modèle économique découlent d’autres dimensions du fonctionnement du secteur associées au régime de croissance extensive&nbsp;: le développement des concepts commerciaux exploités
    en réseaux de grandes surfaces, la localisation du commerce en périphérie, la conflictualité des relations industrie-commerce…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Le régime de croissance extensive s’appuie sur un ensemble de dispositifs qui fondent et diffusent une culture sectorielle marquant les
    représentations et les comportements des acteurs du commerce. Si les «&nbsp;inventeurs du commerce moderne&nbsp;» (pour reprendre le titre d’un ouvrage d’Etienne Thil) présentent des profils
    biographiques hétérogènes, la plupart sont liés par un fil invisible qui a fortement contribué à l’amorce de la formation de cette culture sectorielle&nbsp;: la fascination pour le modèle de
    distribution en plein développement dans les États-Unis de l’après-guerre. Cette fascination va les conduire à participer aux «&nbsp;missions de productivité&nbsp;» organisées par le Commissariat
    Général au Plan pour observer sur le terrain les méthodes américaines. Un peu plus tard, ils se succéderont dans les fameux séminaires donnés par Bernardo Trujillo à la National Cash Register
    Company. Chatriot et Chessel rappellent que, sur les quelque 13&nbsp;000 personnes qui ont assisté aux séminaires de Trujillo entre 1957 et 1966, on pouvait compter 2&nbsp;347 Français<a href=
    "#_ftn18">[18]</a>… dont la plupart de ceux qui devaient devenir les grandes figures de la distribution hexagonale. Ils allaient fidèlement mettre en application les principes clés martelés par
    le gourou, et en faire ainsi le socle de la culture sectorielle en construction&nbsp;: le libre-service, le prix bas, le parking et le spectacle.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Ces enseignements ont ensuite été relayés dans les structures de formation (Chatriot et Chessel insistent sur le rôle des stages organisés dans les
    années 1970 par la FNEGE (Fondation nationale pour l’enseignement de la gestion des entreprises)), et via l’apparition d’une presse professionnelle spécialisée. <em>Libre Service Actualités</em>
    (<em>LSA</em>) – appelé à devenir, par son audience au sein du microcosme, une véritable institution sectorielle – est créé en 1958. Ce titre (comme la presse dans son ensemble qui, jusqu’à
    aujourd’hui, s’intéresse beaucoup aux soubresauts du secteur) va servir de caisse de résonance à la formidable réussite des pionniers de la révolution commerciale. Pour la plupart, il s’agit
    d’autodidactes partis de rien ou presque. En quelques années seulement, certains vont bâtir des empires. Ils deviennent ainsi l’incarnation du succès, la figure du «&nbsp;self-made man&nbsp;» qui
    réussit grâce à sa fidélité à ses intuitions et à son acharnement au travail. Pendant longtemps, la culture du secteur a été nourrie du récit de ces réussites individuelles. Dès 1966, Etienne
    Thil, qui est alors journaliste avant de rejoindre le groupe Carrefour, très proche de Bernardo Trujillo, publie <em>Les inventeurs du commerce moderne</em>, qui glorifie les pionniers et
    souligne les principes à la base de leur succès. D’autres ouvrages du même type suivront<a href="#_ftn19">[19]</a> qui partagent de rendre compte du succès de la grande distribution, moins par la
    rencontre d’un modèle économique et d’une époque, que par le talent visionnaire de grands entrepreneurs et de leur fidélité à des principes fondateurs, parmi lesquels l’idée que le prix bas est
    la raison d’être du commerce moderne.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La culture sectorielle associée au régime de croissance extensive est également très fortement imprégnée du modèle de la «&nbsp;roue de la
    distribution&nbsp;», élaboré par le chercheur américain Malcom McNair<a href="#_ftn20">[20]</a> et popularisé en France dans le milieu professionnel par Etienne Thil<a href="#_ftn21">[21]</a>. La
    simplicité de ce modèle, et sa pertinence apparente au vu d’un survol de l’histoire du commerce, expliquent sans doute son succès. Il est régulièrement relayé dans la sphère professionnelle,
    explicitement ou implicitement, au travers des formations commerciales et de la littérature manageriale<a href="#_ftn22">[22]</a>. Il renforce la légitimité des représentations et invite les
    responsables d’enseignes à réagir aux dégradations de leurs résultats par plus de rigueur dans l’application du modèle.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Le régime de croissance extensive manifeste cependant ses premiers signes d’essoufflement dès la fin des années 1980 qui vont conduire à son entrée
    en crise<a href="#_ftn23">[23]</a>. Deux séries de facteurs sont à l’origine de cette évolution. La première, endogène au secteur, réside dans la saturation progressive d’un potentiel de
    croissance basé sur la prise de parts de marchés aux formes de commerce traditionnelles. La seconde renvoie aux mutations de l’environnement économique et social dans lequel le secteur du
    commerce se trouve encastré. Or, que ce soit sur le plan économique (crise du fordisme et émergence d’une économie post-fordienne) ou sur le plan sociétal (dépassement de la modernité
    emblématique des Trente Glorieuses), cet environnement amorce dès la fin des années 1960 une phase de mutation profonde qui conduit à la redéfinition d’un certain nombre de conditions de base du
    secteur du commerce influant sur son régime de croissance. Le modèle du discount, ainsi que les caractéristiques dominantes de l’appareil commercial qui en est issu, apparaissent de plus en plus
    déphasés par rapport à un environnement économique et social qui invite à une refondation de la manière de satisfaire les besoins des consommateurs. Pourtant, la marche vers un nouveau régime de
    croissance se révèle longue et laborieuse.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Une des raisons de la lenteur relative de cette entrée dans le nouveau régime de croissance réside probablement dans le fait que le commerce est
    progressivement devenu un secteur dominé par un nombre relativement restreint de grandes entreprises ayant une forte maîtrise de leur marché. Par contraste, à l'aube des années 1960, le secteur
    était composé d'une nébuleuse de structures familiales, sans pouvoir de marché ni réelles capacités d'adaptation. En outre, alors que le capitalisme contemporain est marqué par la mondialisation
    – qui a conduit de nombreux secteurs à la restructuration –, l'internationalisation du commerce de détail est demeurée pendant longtemps modeste. Elle s'est accélérée depuis environ une quinzaine
    d'années, mais le degré d'ouverture internationale de cette activité demeure limité dans les pays industrialisés par rapport à ce qu'il est dans la grande majorité des autres secteurs de
    l'économie. Cette spécificité, qui trouve son explication à la fois dans les différences de cadres réglementaires nationaux et dans la persistance de dissemblances significatives dans les
    habitudes de consommation, a entretenu le caractère oligopolistique du secteur et contribué ainsi à ralentir les mutations.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Cette relative stabilité des structures du secteur a contribué à la calcification de la culture sectorielle. La permanence des organisations
    professionnelles, l’ancienneté dans le secteur d’un grand nombre de dirigeants, un modèle de gestion des ressources humaines qui fait la part belle à l’ascenseur social mais, du même coup, fait
    que les dirigeants se recrutent au sein même du microcosme, la mobilité des journalistes et des consultants spécialisés vers les carrières dans les entreprises du secteur… sont des facteurs qui
    ont activement participé à cette rigidification des cadres de pensée. C’est cette rigidification – confortée par des performances financières qui demeurent pendant longtemps très confortables –
    qui explique pourquoi les entreprises du secteur ont réagi si souvent aux premières manifestations de remise en cause du régime de croissance extensive par le retour à l’orthodoxie dans
    l’application du modèle qui avait fait leur succès. C’est ainsi que l’évènement perturbateur qu’a constitué la percée du hard-discount et sa conquête rapide de parts de marché a eu tendance à
    être analysé comme un nouveau tour de la roue de la distribution. Celui-ci se serait trouvé facilité par la vulnérabilité croissante d’une grande distribution désormais
    «&nbsp;embourgeoisée&nbsp;» qui, en raison de sa position dominante, aurait pris ses distances vis-à-vis de sa vocation à casser les prix pour développer le choix, le confort d’achat, la
    «&nbsp;théâtralisation de l’offre&nbsp;»… Cette croyance en la roue de la distribution a contribué à inciter les distributeurs, du milieu des années 1990 au milieu des années 2000, à concentrer
    leur énergie stratégique à tenter d’endiguer l’évasion d’une partie de leur clientèle vers le hard-discount, en restaurant la compétitivité-prix de leurs enseignes et/ou en créant de nouveaux
    concepts commerciaux résolument positionnés sur le prix bas.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">De manière générale, les entreprises du secteur ont eu tendance à réagir aux limites de plus en plus manifestes du régime de croissance extensive en
    s’efforçant…. d’en prolonger le règne<a href="#_ftn24">[24]</a>. Éprouvant des difficultés à faire le deuil d’une croissance rapide, qui se trouve – rappelons-le – au cœur du régime de croissance
    extensive<a href="#_ftn25">[25]</a>, leur énergie s’est ainsi longtemps concentrée sur la recherche de nouveaux leviers de croissance. Elles les ont trouvés avec plus ou moins de bonheur dans la
    diversification de leur activité vers d’autres catégories de produits et de services, les opérations de croissance externe et, surtout, l’internationalisation. La saturation du potentiel de
    croissance sur le marché national s’est cependant intensifiée au cours du temps, à mesure que se densifiait le maillage du territoire en points de vente et que les contraintes réglementaires
    pesant sur les ouvertures de nouveaux magasins se durcissaient. Dans un tel contexte, l’apparition avec Internet d’un nouveau circuit de distribution disposant d’avantages distinctifs très
    marqués constitue bien évidemment un facteur aggravant.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Il semble cependant que le mouvement de révision des représentations partagées au sein du secteur ait connu une accélération à partir des premières
    années de la décennie 2000. Il est difficile d’identifier avec précision les facteurs à l’origine de cette évolution. L'accélération de l'internationalisation<a href="#_ftn26">[26]</a>, le
    renouveau de la vente à distance avec l'arrivée de l'Internet, mais aussi l'approfondissement des mutations économiques et sociales, semblent s’être conjugués pour accélérer la prise de
    conscience de la nécessité d’une adaptation et de l’entrée dans le nouveau régime de croissance. Le renouvellement et le rajeunissement des équipes à la tête des grandes entreprises de
    distribution, ainsi que le fait que les dirigeants aient de plus en plus fréquemment mené l’essentiel de leur carrière hors du secteur, ont également joué en faveur de la révision du contenu de
    la culture sectorielle et la remise en cause des modèles établis.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Il est désormais de plus en plus couramment admis que les formes de distribution héritées de la précédente révolution commerciale souffrent de
    n’avoir pas su suffisamment s’adapter aux évolutions de l’environnement, et en particulier aux comportements de consommation. Ce diagnostic se concentre autour de deux points&nbsp;: la crise de
    l’hypermarché et, plus globalement, la perte d’attractivité du commerce en grandes surfaces de périphérie au profit du commerce urbain&nbsp;; de manière plus ténue, la prise de conscience de la
    nécessité de dépasser une culture du produit afin d’amorcer un mouvement de centrage sur le client fait également son chemin. Ces transformations des représentations sont perceptibles à la fois
    au plan du discours que tiennent les acteurs et que véhicule la littérature professionnelle, et au travers d’actions conduites par certains professionnels du secteur. Il n’entre pas dans le
    propos de ce rapport de se livrer à une analyse détaillée de chacun de ces deux points. Nous nous contenterons de procéder par touches impressionnistes.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Au plan du discours, la presse professionnelle commence à se faire l’écho des difficultés de l’hypermarché au début des années 2000, en réaction
    notamment à la publication des premières statistiques faisant état de l’essoufflement de la dynamique du format. Ainsi, <em>LSA</em> en mai 2002 fait sa une avec «&nbsp;hypermarché&nbsp;: le
    modèle s’essouffle&nbsp;». Les statistiques de l’INSEE confirment celles de la Fédération du Commerce et de la Distribution et de Nielsen ou Secodip&nbsp;: depuis plusieurs années, les hypers
    cèdent du terrain. Une analyse du phénomène est proposée en 2003, alors que <em>LSA</em> célèbre les 40 ans de l’hypermarché. Dans le chapeau de l’article d’ouverture du dossier consacré à
    l’évènement, on peut lire&nbsp;: «<em>&nbsp;malgré les incertitudes qui pèsent sur ce format désormais mature en France, [les grands acteurs de cette success story] restent sereins pour
    l’avenir</em>&nbsp;»<a href="#_ftn27">[27]</a>. Deux facteurs sont mis en avant pour expliquer le tassement de la part de marché des hypermarchés. Conformément aux enseignements de la roue de la
    distribution, le premier est l’augmentation des marges qui a réduit l’avantage de compétitivité-prix de l’hyper par rapport aux formats concurrents. Gérard Mulliez, le patron-fondateur d’Auchan,
    s’inscrit dans la rhétorique de la théorie de la roue de la distribution lorsqu’il déclare&nbsp;: «&nbsp;<em>L’hyper de 1963 était un peu le hard-discount d’aujourd’hui et les hypers
    d’aujourd’hui, par certains côtés, peuvent ressembler aux grands magasins des années 1970</em>&nbsp;». Une «&nbsp;<em>certaine lassitude de la clientèle</em>&nbsp;» est désignée comme le second
    facteur de la perte de dynamisme de l’hyper.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Mais, au total, les responsables interrogés par LSA se veulent rassurants. Ainsi&nbsp;: «&nbsp;<em>Qui menace vraiment l'hyper aujourd'hui&nbsp;?,
    interroge par exemple Michel-Édouard Leclerc, le coprésident des centres E. Leclerc. Il représente la forme de distribution la plus performante et la plus fréquentée. C'est vrai que ce format est
    grignoté à la marge, que les très grands hypers ont moins la cote auprès de certains clients, et que le hard-discount fait un retour en force. Mais ce que perd l'hyper, c'est la partie indue, la
    partie de son succès pour lequel il n'était pas fait. Dépoter les yaourts à l'unité, par exemple, n'est pas dans sa vocation première&nbsp;! Quant à la reprise des parts de marché de la proximité
    en zone urbaine, elle va permettre à l'hyper de revenir à sa vocation initiale de grand distributeur proposant des prix attractifs sur des segments larges.</em>» Et le patron du groupement
    d’annoncer des objectifs ambitieux de croissance…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Progressivement, la représentation d’une crise profonde de l’hypermarché s’installe. Seule une révision en profondeur du modèle serait de nature à
    la contrer. Cette accélération de la révision des croyances intervient grosso modo vers le milieu des années 2000. Les entretiens que nous avons réalisés en 2007 auprès de dirigeants
    d’entreprises de la grande distribution alimentaire, dans le cadre du Contrat d’étude prospective réalisée par le CRÉDOC, ont permis de prendre la mesure des révisions des représentations. En
    particulier, il est désormais admis que l’hypermarché est un concept qui a atteint une phase avancée de son cycle de vie. Il rencontre des difficultés structurelles d’adaptation à son
    environnement, qui pèsent durablement sur ses résultats.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Le livre publié par GS1 en 2008<a href="#_ftn28">[28]</a>, construit autour d’entretiens réalisés auprès de patrons d’entreprises de la grande
    distribution, fournit un précieux point à date des représentations qui dominent alors le microcosme sectoriel. Le diagnostic de l’arrivée à maturité de ce qui est désigné comme le «&nbsp;modèle
    français&nbsp;» est clairement établi. Pour Serge Papin, PDG de Système U, «&nbsp;<em>le modèle de l’hyper, du grand hyper, est un modèle mature</em>&nbsp;» <a href="#_ftn29">[29]</a>.
    «&nbsp;<em>La fréquence des visites et le nombre d’enseignes fréquentées sont en baisse. C’est un phénomène de fond, structurel&nbsp;</em>» ajoute Jean-Français Cherrid, directeur du marketing
    d’Auchan<a href="#_ftn30">[30]</a>. Les limites du modèle du discount sont clairement reconnues. «&nbsp;<em>La différence ne se fait pas qu’au travers des prix et des promotions… Il faut apporter
    autre chose&nbsp;</em>» déclare Gérard Lavinay, directeur organisation, système et supply chain de Carrefour<a href="#_ftn31">[31]</a>. Dans une section de l’ouvrage intitulée de manière
    significative «&nbsp;place à la différenciation&nbsp;», les auteurs résument les propos des dirigeants interrogés en identifiant quatre axes stratégiques pensés comme devant structurer
    l’évolution du secteur pour les 10 années à venir&nbsp;: «&nbsp;<em>le rôle de l’enseigne comme marque, le succès annoncé du format intermédiaire, la multiplication de magasins spécialisés et
    enfin le développement de services pour mieux servir les consommateurs</em>&nbsp;»<a href="#_ftn32">[32]</a>. Il est désormais clairement établi que la crise de l’hyper n’est pas que la simple
    conséquence d’un embourgeoisement ayant porté atteinte à la compétitivité-prix du format.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">L’évolution des représentations concernant l’avenir de l’hypermarché est également perceptible au plan des stratégies des acteurs et de leur
    évolution. Au cours de la première moitié des années 2000, l’énergie des groupes de distribution alimentaire est concentrée sur les moyens de contenir l’évasion de la clientèle vers le
    hard-discount (mise en place de «&nbsp;nouveaux instruments promotionnels&nbsp;», développement des gammes premier prix…). Puis, le palier observé dans le développement du hard-discount s’ajoute
    aux marges de manœuvre en matière de politique tarifaire regagnées à l’occasion de la réforme par étapes de la loi Galland pour encourager les distributeurs à déplacer progressivement le centre
    de gravité de leur stratégie et à rechercher le soutien à la compétitivité de l’hyper au-delà du seul argument du prix. De manière significative, alors que Wal-Mart et les hard-discounters
    allemands s’étaient érigés comme modèles, les yeux se tournent de plus en plus vers Tesco, le leader de la distribution alimentaire britannique qui fonde sa formidable croissance sur la
    connaissance de ses clients et la maîtrise des outils de marketing relationnel.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les états-majors des groupes sont renouvelés, rajeunis, et font entrer en scène des dirigeants provenant d’autres horizons professionnels
    (industriels, distributeurs étrangers…). Chacune à sa manière, les enseignes ont engagé une réflexion approfondie sur les manières de relancer la dynamique du format et procèdent à des
    expérimentations. Par exemple, Carrefour a lancé en 2009 un plan de transformation intitulé "réinventer l'hypermarché pour enchanter nos clients" qui se déploie autour de 5 axes&nbsp;: passer de
    courses pénibles à des courses plaisir, enrichir le service commercial, développer les rayons de produits frais, animer le point de vente, et affirmer une vocation de spécialiste sur chaque
    catégorie de produits traités. Ce plan a débouché en août 2010 sur l’expérimentation du modèle «&nbsp;Carrefour Planet&nbsp;» dans deux hypers de la région lyonnaise. Les autres enseignes
    inscrivent leurs réflexions à peu près sur les mêmes axes. De son côté, Auchan afin de "réenchanter l'hyper", a défini un ensemble de 14 "partis pris d'enseigne" sur lequel le groupe a décidé de
    concentrer ses efforts pour affirmer son identité, répondre aux attentes des clients tout en se différenciant.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">La traduction en acte de l’évolution des représentations est également sensible à l’échelle, non pas seulement des enseignes, mais des groupes, au
    travers du rééquilibrage des priorités entre les formats exploités. Ainsi, ces dernières années ont été riches en création de nouveaux concepts, sur petites ou moyennes surfaces, dits de
    «&nbsp;proximité&nbsp;»&nbsp;: Monop, Chez Jean, U Express, Carrefour City… Les acteurs qui ont été à l’origine de la précédente révolution commerciale, qui ont inventé le commerce périphérique
    en grandes surfaces, déploient aujourd’hui une part importante de leur capacité d’innovation et de développement en direction de formats qui semblaient il y a peu encore condamnés. Les
    dirigeants, dans leurs anticipations de l’avenir du commerce, intègrent de plus en plus les changements intervenus dans l’environnement sociétal&nbsp;: le vieillissement de la population et la
    réduction tendancielle de la taille des ménages, le coût croissant de la mobilité automobile, la différenciation du rapport que les consommateurs ont au temps, l’évolution des valeurs en faveur
    de la recherche du lien social, la sensibilité croissante de l’opinion publique aux problématiques du développement durable…, autant de facteurs pensés comme portant atteinte à l’attractivité de
    l’hyper (et plus généralement du commerce de périphérie en grandes surfaces) et qui réhabilitent le commerce de proximité.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Le repositionnement de l’hypermarché ainsi que le déploiement des nouveaux concepts commerciaux illustrent également une transformation des
    représentations portant les attentes des consommateurs. En dépit de la concurrence des formules hard-discount et d’une conjoncture du pouvoir d’achat morose, il semble acquis que les attentes des
    clients ne s’épuisent pas dans la question du prix bas. Les consommateurs sont perçus comme de plus en plus hétérogènes, et exprimant des attentes complexes qui supposent de développer de
    nouveaux outils et de nouvelles compétences pour les appréhender et tenter d’y répondre. Fonction souvent délaissée au profit des achats, le marketing devient central dans l’organisation des
    groupes de distribution. Il lui revient de cibler la clientèle, de différencier l’enseigne, et de nourrir avec les clients une relation susceptible de les fidéliser. La figure du client est de
    plus en plus mobilisée dans le discours des dirigeants et la littérature professionnelle. Simultanément, l’accent est souvent mis sur l’idée que l’offre commerciale, au-delà de l’accès au produit
    à des prix compétitifs, doit s’enrichir de services&nbsp;: praticité, accessibilité, gain de temps, pertinence des réponses apportées aux problèmes… La dimension servicielle du commerce est,
    semble-t-il, de plus en plus perçue comme un axe de son évolution.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 10pt; color: #000080;">Les déclarations des dirigeants, les retouches apportées aux formats existants, la création de nouveaux concepts par les acteurs en place ou par de
    nouveaux entrants… témoignent de la transformation des représentations de ce que le commerce doit être aujourd’hui et, plus encore, ce qu’il devra être demain. Une double question se pose&nbsp;:
    jusqu’où les représentations associées au régime de croissance intensive ont-elles été remises en cause&nbsp;? Les «&nbsp;nouvelles&nbsp;» représentations sont-elles suffisamment partagées parmi
    les acteurs du secteur pour conduire à leur institutionnalisation, et pour en faire le pourvoyeur de «&nbsp;recettes sectorielles&nbsp;» associées à un nouveau régime de croissance&nbsp;?
    Répondre à ces questions par la réalisation d’un point à date sur les représentations des acteurs du commerce est précisément l’objectif de l’enquête dont nous allons à présent détailler la
    méthodologie et les résultats.</span>
  </p>
  <div style="text-align: justify;">
    <br>
    <hr size="1">
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref1">[1]</a> Voir les études citées par Abrahamson et Hambrick [1997].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref2">[2]</a> Cette latitude d’action, la marge de manœuvre stratégique dont disposent les managers, est appréhendée au travers
        d’un certain nombre de caractéristiques du secteur d’activité&nbsp;: l’intensité des contraintes réglementaires, la concentration des structures (en ce qu’elle renforce le degré
        d’interdépendance stratégique entre les firmes), le pouvoir de négociation des parties prenantes, la différenciabilité des produits, la croissance du marché et l’instabilité de la
        demande.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref3">[3]</a> Cyert et March [1963].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref4">[4]</a> Miller [1991], Hambrick et al. [1993], Geletkanycz [1997, 2001].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref5">[5]</a> Huff et Huff [1980].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref6">[6]</a> Saldago et al. [2002].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref7">[7]</a> Nystrom et Starbuck [1984], Prahalad et Bettis [1986], Levinthal et March [1993], Hambrick et al. [1993],
        Geletkanycz [1997]…</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref8">[8]</a> Bien entendu, la rigidité des représentations et des modes de pensée est rarement seule en cause. Les mutations de
        l’environnement appellent généralement un changement stratégique profond impliquant la mobilisation par les entreprises en place de nouvelles compétences qui peuvent se révéler très
        difficiles à acquérir ou à créer.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref9">[9]</a> Perrin [1993].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref10">[10]</a> Moati [1989].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref11">[11]</a> On trouve également dans la littérature l’opposition entre l’«&nbsp;adaptative learning&nbsp;» et le
        «&nbsp;generative learning&nbsp;» (voir, par exemple, Santos-Viande et al. [2005]), ou entre les mécanismes d’«&nbsp;accretion&nbsp;» et de «&nbsp;tuning&nbsp;» (Rumelhart et Norman
        [1978]).</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref12">[12]</a> Cohen et Levinthal [1990].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref13">[13]</a> Teece et al. [1997], Pierce et al. [2002].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref14">[14]</a> Si le marché n’est pas totalement intégré, il est très probable que les recettes sectorielles soient différentes.
        En outre, plusieurs études ont mis en évidence l’influence de la culture nationale sur la cognition des décideurs économiques (voir Geletkanycz et Black [2001] et les références citées dans
        l'article).</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref15">[15]</a> Afin de nous concentrer sur la question des représentations, on admettra que la mise en œuvre des stratégies ne
        rencontre aucune contrainte du côté des compétences à mobiliser.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref16">[16]</a> Toujours sous l’hypothèse que la stratégie est directement définie par rapport à ce que la perception de
        l’environnement définit comme souhaitable, sans faire intervenir ce que les compétences de l’entreprise délimitent comme les options stratégiques faisables.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref17">[17]</a> Moati [2001].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref18">[18]</a> Chatriot et Chessel [2006].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref19">[19]</a> Parmi les ouvrages récents, retenons <em>Les grandes voix du commerce</em>, livre d’entretiens publié en 1997 par
        Claude Sordet, et <em>La Saga</em> <em>du commerce français</em> de Frédéric Carluer-Loussouam et Olivier Dauvers [2004]. Les grandes figures de la naissance de la grande distribution ont
        également souvent pris la plume pour raconter leur aventure.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref20">[20]</a> McNair [1931, 1958].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref21">[21]</a> Thil [1966].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref22">[22]</a> Là aussi, Etienne Thil a beaucoup contribué à la diffusion de cette théorie au sein du milieu professionnel. La
        théorie de la roue de la distribution a encore aujourd’hui ses chauds partisans qui continuent à lui assurer une certaine audience dans le microcosme. Voir en particulier les écrits (et les
        interventions orales) d’Olivier Dauvers, journaliste spécialisé (<a href="http://www.olivierdauvers.fr/">www.olivierdauvers.fr</a>, Dauvers [2003]).</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref23">[23]</a> Pour une analyse approfondie des facteurs à l’origine de la crise du régime de croissance extensive, voir Moati
        [2001].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref24">[24]</a> Moati [2001].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref25">[25]</a> La croissance rapide a également fortement influencé les politiques en matière de gestion des ressources humaines.
        Dans le sillage du récit de la réussite des pionniers, les entreprises de la grande distribution ont longtemps pu mobiliser l’énergie de leurs salariés par la perspective d’une carrière
        rapide en raison de l’efficacité de l’ascenseur social. De fait, le majeure partie de l’encadrement, à la fois dans les magasins et aux sièges, a été occupée par des salariés ayant souvent
        commencé leur carrière en bas de l’échelle hiérarchique. L’efficacité de la pompe aspirante est cependant directement liée à la vitesse de croissance des entreprises qui définit le rythme
        auxquels se créent les emplois d’encadrement et les possibilités de promotion. Avec le ralentissement de la croissance, c’est donc l’ascenseur social qui tombe en panne et un levier majeur de
        mobilisation de la main-d’œuvre qui s’épuise.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref26">[26]</a> On notera que les restructurations les plus lourdes sont souvent intervenues dans les sous-secteurs du commerce
        qui ont dû faire face à l'entrée de concurrents étrangers innovants&nbsp;: Ikea dans le meuble, Zara et H&amp;M dans l'habillement...</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref27">[27]</a> «&nbsp;Les 40 ans de l’hyper&nbsp;», <em>LSA</em>, 29 mai 2003.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref28">[28]</a> Georget et al. [2008].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref29">[29]</a> Georget et al. [2005, p. 18].</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref30">[30]</a> Ibid., p. 20.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref31">[31]</a> Ibid, p. 23.</span>
      </p>
    </div>
    <div>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><a href="#_ftnref32">[32]</a> Ibid. p. 35.</span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p>
        <span style="font-size: 10pt; color: #000080;"><br></span>
      </p>
      <p>
        &nbsp;
      </p>
      <p class="TitrePartie">
        <strong><span style="font-size: 10pt;"><a name="_Toc276736800"><span lang="EN-GB">Bibliographie</span></a></span></strong>
      </p>
      <p class="TitrePartie">
        <span lang="EN-GB"><br></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">ABRAHAMSON E., HAMBRICK D.C. [1997], "Attentional Homogeneity in Industries: The Effect of Discretion", <em>Journal of Organizational Behavior</em>,
        vol. 18, pp. 513-532.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">ALCHIAN A.A. [1950], "Uncertainty, Evolution, and Economic Theory", <em>Journal of Political Economy</em>, vol.58, n°3, June, pp.211-222.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">ARENA R., FESTRE A. [2002], "Connaissance et croyances en économie : l'exemple de la tradition autrichienne", <em>Revue d'Économie Politique</em>, vol. 112, n°5,
        pp. 635-657.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">ARGYRIS C., SCHÖN D.A. [1978], <em>Organizational Learning: A Theory of Action Perspective</em>, Addison-Wesley.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">ARROW K.J. [1986], "Rationality of Self and Others in an Economic System", <em>Journal of Business</em>, vol.&nbsp;59, n°4, pp.385-399.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">AXELROD Robert [1976], Structure of the Decision: the Cognitive Maps of Political Elites, Princeton University Press.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">BROWNLIE D., SPENDER J.C. [1995], "Managerial Judgement in Strategic Marketing. Some Preliminary Thoughts", <em>Management Decisions</em>, vol. 33,
        n°6, pp. 39-50.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">CALORI R., JOHNSON G, SARNIN P. [1994], "CEO's Cognitive Maps and the Scope of the Organization", <em>Strategic Mapping Journal</em>, vol. 15, pp.
        437 457.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span style="text-transform: uppercase;">Carluer-Loussouam</span> F., <span style="text-transform: uppercase;">Dauvers</span> O. [2004], <em>La Saga</em> <em>du
        commerce français</em>, Éditions Dauvers.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">CARMELI A., SCHAUBROECK J. [2006], "Top Management Team Behavior, Decision Quality, and Organizational Decline", <em>The Leadership Quarterly</em>,
        vol. 17, n° 5, pp. 441-453.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">CHATRIOT A., CHESSEL M.-E. [2006], "L'histoire de la distribution : un chantier inachevé", Histoire, <em>Économie et Société</em>, vol. 25, pp. 67-82.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">CHILD J. [1972], "Organization Structure, Environment, and Performance: The Role of Strategic Choice", <em>Sociology</em>, vol. 6, pp. 1-22.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">COHEN W., LEVINTHAL D. [1990], “Absorptive capacity : a new learning perspective on learning and innovation”, <em>Administrative Science
        Quarterly</em>, vol.35.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">CYERT R.M., MARCH J.G. [1963], <em>A Behavioral Theory of the Firm</em>, Prentice Hall, Englewood Cliffs, New York.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">DAUVERS O. [2003], "Bob le hardeur, assassiné pour avoir bloqué la roue de la distribution", in <em>Le commerce en 2053</em>, IFM, Paris, pp. 12-16.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">DEEPHOUSE D.L. [1996], "Does Isomorphism Legitimate?", <em>Academy of Management Journal</em>, vol. 39, n°4, pp. 1024-1039.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">DEEPHOUSE D.L. [1999], "To Be Different, or To Be the Same? It's a Question (and Theory) of Strategic Balance", <em>Strategic Management
        Journal</em>, vol. 20, pp. 147-166.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">DiMAGGIO P.J., POWELL W.W. [1983], “The Iron Cage Revisited: Institutional Isomorphism and Collective Rationality in Organizational Fields”,
        <em>American Sociological Review</em>, vol. 48, pp. 147-160.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-GB">DUNCAN</span> <span lang="EN-GB">R.B. [1972], Characteristics of Organizational Environments and Perceived Environmental Uncertainty",
        <em>Administrative Science Quarterly</em>, vol. 17, pp. 313-327.</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-GB">EDEN</span> <span lang="EN-GB">C. [1988], "Cognitive Mapping", <em>European Journal of Operational Research</em>, vol. 36, n°1, pp.1-
        13.</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">EHLINGER S. [1996], "Interaction et développement de représentations organisationnelles lors du processus de formation de la stratégie au sein d’organisations
        multidivisionnelles", Thèse de doctorat, Université Paris-Dauphine.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span style="text-transform: uppercase;" lang="EN-GB">Festinger</span> <span lang="EN-GB">L. [1957], <em>A theory of Cognitive Dissonance</em>, CA, Stanford
        University Press.</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-US">GELETKANYCZ M.A. [1997], "The Salience of "Culture's Consequences": The Effects of Cultural Values on Top Executive Commitment to the Status
        Quo",&nbsp;<em>Strategic Management Journal</em>, vol. 18, n° 8, pp. 615-634.&nbsp;</span><span lang="EN-GB">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-US">GELETKANYCZ M.A., BLACK S.S. [2001], “Bound by the Past&nbsp;? Experience- Based Effects on Commitment to the Strategic Status Quo”,
        <em>Journal of Management</em>, vol. 27, n°1, pp. 3-21.&nbsp;</span><span lang="EN-GB">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">GEORGESCU-ROEGEN N. [1954], “Choice, Expectations and Measurability<em>”, The Quarterly Journal of Economics</em>, vol.67, pp.503-534.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">GRANOVETTER O. [1985], "Economic Action and Social Structure: The Problem of Embeddedness", <em>American Journal of Sociology</em>, vol. 91, n°3,
        pp. 481-510.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">GUPTA A., GOVINDARAJAN V. [1984], “Business Unit Strategy, Managerial Characteristics, and Business Unit Effectiveness at Strategy Implementation”,
        <em>Academy</em> <em>of Management</em> <em>Journal</em>, vol. 27, pp. 25-41.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-GB">HAMBRICK</span> <span lang="EN-GB">D.C.</span><span lang="EN-GB">, GELETKANYCZ M.A., FREDRICKSON J.W. [1993], "Executive Commitment to the
        statu quo: Some Tests of its Determinants", <em>Strategic Management Journal</em>, vol. 14, pp. 401-418.</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-GB">HAMBRICK</span> <span lang="EN-GB">D.C., MASON P. [1984], "Upper Echelons: The Organization as a Reflection of its Top Managers",
        <em>Academy</em> <em>of Management</em> <em>Review</em>, vol. 9, pp. 193-206.</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">HAYEK F. [1953], <em>Scientisme et sciences sociales</em>, Plon, Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">HAYEK F.A. [1978], "The Primacy of the Abstract", in <em>New Studies in Philosophy, Politics, Economics, and the History of Ideas</em>, Routledge
        and Keagan Paul, London.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">HUFF A. [1990], <em>Mapping Strategic Thought</em>, Wiley, New York.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-US">HUFF A.S., HUFF J.O., with BARR P.S. [2000], <em>When Firms Change Direction</em>, Oxford University Press, Oxford.&nbsp;</span><span lang=
        "EN-GB">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">JACQUEMIN A. [1985], <em>Sélection et pouvoir dans la nouvelle économie industrielle</em>, Economica-Cabay, Paris, Louvain-La-Neuve.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">KIRZNER I.M. [1979], <em>Perception, Opportunity, and Profit. Studies in the Theory of Entrepreneurship</em>, The University of Chicago Press,
        Chicago &amp; London.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">KNIGHT F.H. [1921], <em>Risk, Uncertainty and Profit</em>, H. Schnaffer &amp; Marx, New York.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">LEVINTHAL D.A., MARCH J.G. [1993], "The Myopia of Learning", <em>Strategic Management Journal</em>, vol.&nbsp;14, pp. 95-112.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">McCABE D.L., DUTTON J.E. [1993], "Making Sense of the Environment: The Role of Perceived Effectiveness", <em>Human Relations</em>, vol. 46, n°3, pp.
        623-643. McNair [1931, 1958].</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">MILLER D. [1991], "Stale in the Saddle: CEO Tenure and the Match between Organization and Environment", <em>Management Science</em>, vol. 37, pp.
        34-52.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">MOATI P. [1989], <em>La filière sport</em>, rapport pour le ministère de l’Industrie et le secrétariat d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, CRÉDOC, Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">MOATI P. [1992], "La filière du roman : de la passion à la rationalité marchande", <em>Cahiers de l'économie du livre</em>, n°7, mars, pp.103-138.<span style=
        "background: none repeat scroll 0% 0% yellow;">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">MOATI P. [1996], "Méthode d'étude sectorielle", vol.2, <em>Cahier de recherche CRÉDOC</em>, n°93, sept.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">MOATI P. [2001], <em>L'avenir de la grande distribution</em>, Odile Jacob, Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">NELSON R.R., WINTER S.G. [1982], <em>An Evolutionary Theory of Economic Change</em>, The Belknap Press of Harvard University Press, Cambridge
        Mass.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">NYSTROM P.C., STARBUCK W.H. [1984], "To Avoid Organizational Crises, Unlearn", Organizational Dynamics, spring, pp.53-65.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">PENROSE E. [1959], <em>The Theory of the Growth of the Firm</em>, Basil Blackwell, Oxford.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">PENROSE E. [1963], <em>Facteurs, conditions et mécanismes de la croissance de la firme</em>, Éditions Hommes et Techniques, Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">PERRIN J.C. [1993], “Décentralisation et milieux locaux : étude comparative”, in C. Dupuy et J.P. Gilly (eds), <em>Industrie et territoires en France</em>, La
        Documentation Française, Paris, pp.71-93.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">PFEFFER J., SALANCIK G. [1978], <em>The External Control of Organizations: A Resource Dependence Perspective</em>, Harper &amp; Row, New
        York.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span lang="EN-US">PIERCE J.L., BOERNER C.S., TEECE D.J. [2002], “Dynamic Capabilities, Competence and the Behavioral Theory of the Firm”, in M. Augier, J.G.
        March (eds), The Economics of Choice, Change and Organization. Essays in Memory of Richard M. Cyert”, Edward Elgar, Cheltenham, Northampton, pp. 81-95.</span><span lang=
        "EN-GB">&nbsp;</span></span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">PORAC J.F., THOMAS H., BADEN-FULLER C. [1989], « Competitive groups as Cognitive Communities: The Case of Scottish Knitwear Manufacturers »,
        <em>Journal of Management Studies</em>, vol. 26, pp.397-416.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">PORTER M.E. [1982], <em>Choix stratégiques et concurrence : techniques d'analyse des secteurs et de la concurrence dans l'industrie</em>, Economica,
        Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">PRAHALAD C.K., BETTIS R.P. [1986], “The Dominant Logic: A New Linkage between Diversity and Performance”, <em>Strategic Management Journal</em>,
        vol. 7, pp. 485-501.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">RALLET A. [2010], "Le commerce à l'ère de l'économie numérique : tendances et éléments de prospectives", in L'évolution du commerce à l'ère de l'économie
        numérique, <em>Prospective et Entreprise</em>, n° 11, février, Chambre de Commerce et d'Industrie de Paris, pp. 7-32.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span style="text-transform: uppercase;" lang="EN-US">Rumelhart</span> <span lang="EN-US">D.E., <span style="text-transform: uppercase;">Norman</span> D.A.
        [1978], <em>Accretion, tuning and restructuring: Three modes of learning.</em> In JW Cotton &amp; RL Klatzky (Eds), Semantic factors in cognition.</span> Hillsdale,NJ Erlbaum.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">SALAIS R., STORPER M. [1993], <em>Les mondes de production. Enquête sur l’identité économique de la France</em>, Éditions de l’École des Hautes Études en
        Sciences Sociales, Paris.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SALGADO, STARBUCK W.H., MEZIAS J.M. [2002], “The Accuracy of Managers’ Perceptions: A Dimension Missing from Theories about Firms”, in M. Augier,
        J.G. March (eds), <em>The Economics of Choice, Change and Organization</em>. Essays in Memory of Richard M. Cyert, Edward Elgar, Cheltenham, Northampton, pp. 168-185.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SANTOS-VIJANDE M.L., SANZO-PEREZ M.J., ALVAREZ6GONZALEZ L.I., VASQUEZ- CASIELLES R. [2005], "Organisational Learning and Market Orientation:
        Interface and Effects on Performance", <em>Industrial Marketing Management</em>, vol. 34, pp. 187- 202.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SCHEIN E. [1985], <em>Organizational Culture and Leadership</em>, Jossey Bass.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SIMON H.A. [1982], <em>Models of Bounded Rationality</em>, vol.2, The MIT Press, Cambridge.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SONG J.H. [1982], “Diversification Strategies and the Experience of Top Executives of Large Firms”, <em>Strategic Management Journal</em>, vol. 3,
        pp. 377- 380.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;"><span style="text-transform: uppercase;">Sordet</span> C. [1997], <em>Les grandes voix du commerce</em>, Liaisons Ed.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">STEWART W.H., MAY R.C., KALIA A. [2008], "Environmental Perceptions and Scanning in the United States and India: Convergence in Entrepreneurial
        Information Seeking", <em>Entrepreneurship Theory and Practice</em>, Jan., pp. 83- 105.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">STIGLER G. [1961], "The Economics of Information", <em>Journal of Political Economics</em>, vol.69, n°3, june, pp.213-225.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">STORPER M. [1995], "La géographie des conventions : proximité territoriale, interdépendances hors marché et développement économique", in <span style=
        "text-transform: uppercase;">Rallet A., TORRE A. (</span>eds<span style="text-transform: uppercase;">)</span>, <em>Économie industrielle et économie spatiale</em>, Economica, Paris,
        pp.111-127.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">SUTCLIFFE K.M., HUBER G.P. [1998], "Firm and Industry as Determinants of Executive Perceptions of the Environment", <em>Strategic Management
        Journal</em>, vol. 19, pp. 793-807.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;" lang="EN-GB">TEECE D.J., PISANO G., SHUEN A. [1997], “Dynamic Capabilities and Strategic Management”, <em>Strategic Management Journal</em>, vol. 18, ° 7, pp.
        509-533.</span>
      </p>
      <p class="BiblioRef">
        <span style="font-size: 8pt;">THIL E. [1966], <em>Les inventeurs du commerce moderne. Des grands magasins aux bébés-requins</em>, Arthaud, Paris.</span>
      </p><span style="font-size: 8pt; line-height: 150%; font-family: &quot;Verdana&quot;,&quot;sans-serif&quot;;" lang="EN-GB">WALSH J.P. [1995], "Managerial and Organizational Cognition: Notes
      from a Trip down Mamory Lane", <em>Organization Science</em>, vol. 6, n°3, pp. 280-321.</span>
    </div>
  </div>]]></description>
        <pubDate>Fri, 28 Jan 2011 14:06:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">2f2fb69a8c848cb51efd168f02de52d6</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-1-representations-et-dynamique-sectorielle-les-enseignements-de-la-litterature-academique-2-2-65964846-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Le marché de la musique en pleine révolution]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-le-marche-de-la-musique-en-pleine-revolution-60601790.html</link>        <description><![CDATA[<div style="padding: 0cm 0cm 4pt; border: medium medium 1pt none none solid -moz-use-text-color -moz-use-text-color #4f81bd;">
    <p class="MsoTitle" style="text-align: justify;">
      <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 12pt;">Je vous propose une courte note sur l'état du marché de la musique réalisée à partir des éléments que j'ai réunis pour
      l'émission de Service Public sur France Inter du 8 novembre consacrée à ce sujet. Etaient présents dans le studio Pascal Nègre (Universal) et Yves Riesel (Abeille Musique et Qobuz). <a href=
      "http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/servicepublic/">Pour postcaster l'émission</a>. Des éléments de notre étude prospective sur la distribution physique des biens culturels seront
      bientôt disponibles sur le site du ministère de la Culture.</span>
    </p>
  </div>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Le marché de la musique est associé aujourd’hui à deux grands paradoxes. Le premier est que l’on n’a sans doute jamais
    autant écouté de musique. Et pourtant, le marché de la musique enregistrée s’est effondré. Le second est que ce marché en crise se trouve à la pointe de l’expérimentation de nouveaux modèles de
    consommation et de nouveaux modèles économiques d’entreprise…</span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">L’écoute de la musique stimulée par les nouvelles technologies…</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Les nouvelles technologies ont profondément renouvelé la manière d’écouter de la musique. L’invention du walkman au
    milieu des années 1980 par Sony avait déjà ouvert la voie à une écoute nomade. La numérisation permet aujourd’hui d’écouter la musique sous toutes ses formes (titres, albums, radio, clips
    vidéo…), n’importe quand, n’importe où, dans son salon, sa voiture, devant son ordinateur, dans la rue… La musique, devenue ubiquitaire, n’a jamais été aussi présente dans la vie quotidienne.
    Selon l’enquête Ipsos/France Soir réalisée en juin 2010, c’est encore la radio qui est la source d’accès à la musique le plus fréquemment utilisée (83 % des Français de 15 et plus déclarent
    écouter régulièrement de la musique à la radio). Le lecteur MP3 n’est encore utilisé pour écouter de la musique que par 36 % des Français, derrière l’ordinateur (43 %). Les jeunes, qui sont de
    loin ceux qui écoutent le plus de musique, ont cependant massivement basculé sur les nouveaux moyens d’écoute&nbsp;: 74 % des moins de 35 ans écoutent régulièrement de la musique sur Internet, 64
    % sur leur lecteur MP3…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;"><br></span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">… mais un marché qui s’effondre</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Et pourtant… Le marché du disque connaît sans doute la pire crise de son histoire. Depuis 2003, en sept ans seulement, le
    marché a fondu de 60 % en valeur… Le DVD musical qui, pendant un temps, est venu à la rescousse du CD, plonge à son tour à partir de 2006. Cet effondrement du marché n’est pas propre à la France.
    Selon l’IFPI (l’association internationale des producteurs de musique), le marché mondial de la musique enregistrée aurait chuté de 55 % entre 2000 et 2009 (le Royaume Uni est l’un des rares
    grands pays consommateurs à avoir réussi à limiter les dégats). La distribution est entraînée dans la chute. Les hypermarchés, qui détenaient 50 % du marché en 2003, se désengagent pour consacrer
    leurs précieux mètres carrés à des produits ou des services plus porteurs. Ils ne représentent plus aujourd’hui (selon les données de l’Observatoire de la musique) que 32 % du marché. Ce sont les
    grandes surfaces spécialisées (les Fnac, Virgin… mais aussi les Centres culturels Leclerc) qui en profitent, leur part de marché passant de 40 % en 2003 à 55 % en 2010. Mais le roi est nu… car la
    croissance de la part de marché est loin d’être suffisante pour compenser la baisse du marché. Et l’espace consacré à la musique dans les grandes surfaces spécialisées diminue régulièrement, ce
    qui, on s’en doute, n’est pas de nature à réveiller le désir d’acheter des CD… Le peu de disquaires indépendants qui avaient survécu à la concentration de la distribution souffre… Et,
    tranquillement, les e-marchands du commerce électronique grignotent des parts de marché. Ils réalisent aujourd’hui 8 % des ventes, et davantage encore sur les marchés de niche que la profondeur
    de leur offre permet de mieux exploiter que les magasins (le e-commerce représente 13 % des ventes de musique classique et 11 % de jazz).</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Que s’est-il passé&nbsp;?</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">On ne peut évidemment qu’être troublé entre la concomitance de l’effondrement du marché et l’arrivée d’Internet dans les
    foyers, la diffusion des fichiers MP3 et la progression du taux d’équipement en baladeurs numériques… Une large partie de la profession accuse le piratage et n’a eu de cesse d’œuvrer pour sa
    répression. La responsabilité du piratage dans la crise du disque – même si elle est difficile à chiffrer avec précision – semble peu contestable. Et si le piratage n’expliquait pas
    tout&nbsp;?...</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Cette crise n’est pas la première. Entre 1981 et 1986, les ventes d’albums avaient chuté de 40 %... sans qu’une
    quelconque forme de piratage puisse être mise en cause. Fort heureusement, l’arrivée du CD, qui a incité nombre de consommateurs à renouveler leur discothèque, a puissamment relancé le marché.
    L’engagement massif des grandes surfaces alimentaires sur ce qui apparaissait alors comme un marché porteur a contribué à doper le marché en travaillant des segments de clientèle moins acquis à
    la musique. Mais l’effet CD s’est progressivement épuisé…</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Des voix se sont élevées dans la profession pour mettre en cause la politique des majors (qui représentent les trois
    quarts du marché) qui, avides de rentabilité à court terme, auraient précipité la chute du marché en multipliant les «&nbsp;coups&nbsp;» à grand renfort de dépenses marketing, en surexploitant le
    fond de catalogue par la multiplication des compilations… au détriment du travail de fond qui consiste à découvrir de jeunes talents et à construire patiemment des carrières d’artistes.</span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Le numérique commence à prendre le relais</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Le remède est cependant en train de naître du mal… En effet, l’offre marchande de musique numérique décolle. Au plan
    mondial, les ventes ont augmenté de 13 % en 2009, et elle représente désormais environ un quart du marché total. Aux États-Unis, cette part flirte avec les 50 %. L'Europe est à la traîne. Et la
    France, plus encore. Selon les derniers chiffres de l'Observatoire de la musique, le numérique aurait atteint au premier semestre 2010 la barre symbolique de 10 % du marché de la musique
    enregistrée. C’est encore peu, mais le marché croît au rythme de 25 à 30 % par an. Ce n’est pas encore assez pour retourner la tendance d’ensemble du marché, qui a accusé une nouvelle baisse de
    3,9 % en valeur au premier semestre 2010. La récente mise en application de la loi dite HADOPI ainsi que le lancement de la carte musique sont susceptibles d'accélérer la tendance, d'autant que
    le marché de la musique numérique est désormais travaillé par de nouveaux poids lourds comme Orange et bientôt Google.</span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Une grande diversité de modèles économiques</span>
  </h1>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Le développement du marché numérique est certainement aussi encouragé par la diversité des propositions de valeur offerte
    collectivement par les acteurs de l'offre. Trois grands modèles peuvent être identifiés : la vente à l'acte (iTunes, AmazonMP3, FnacMusic, Qobuz…), qui domine aujourd'hui largement le marché
    numérique, les Web radio, et le streaming (Deezer, Spotify…). La pénétration du streaming a été favorisée par un modèle initialement fondé sur la gratuité (le site se rémunère par les revenus
    publicitaires). Depuis la fin 2009, les offres par abonnement sont désormais disponibles et constituent une nouvelle voie de monétarisation. À la fin du premier semestre 2010, Deezer revendiquait
    20&nbsp;000 abonnements Premium. Après l'entrée d'Orange à son capital durant l'été 2010, Deezer dispose d'un puissant levier de développement. Orange table sur 1 million d'abonnés d'ici fin
    2011. Le développement du modèle du streaming est également porté par l'enrichissement de l'offre : les abonnés peuvent désormais écouter leur musique sur PC, tablettes, et téléphone mobile, en
    ligne mais aussi hors ligne. De nombreux projets sont en cours d’élaboration autour du «&nbsp;cloud computing&nbsp;» (les contenus culturels sont «&nbsp;localisés&nbsp;» sur des serveurs
    distants). La consommation de musique, définitivement dématérialisée, deviendra alors associée à la personne au lieu d’être attachée à une catégorie de terminaux de lecture.</span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">La musique, fer de lance dans l'entrée dans l'économie de l’usage</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">La crise que traverse l'industrie musicale au travers de la dématérialisation du support s'accompagne d'une
    restructuration très profonde de la filière allant de l'artiste aux consommateurs, mais aussi des modèles économiques en usage.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Le modèle traditionnel de l'industrie musicale était, comme ailleurs, la vente à l'unité de supports, supposant une
    transaction ponctuelle au cours de laquelle était transféré un droit de propriété. La rentabilité de l'ensemble des acteurs de la filière dépendait ainsi du nombre de supports vendus et de leur
    prix.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Ce modèle continu d'exister dans le numérique. C'est en apparence le modèle iTunes (en apparence seulement, puisque le
    modèle d'Apple est un modèle global fondé sur bouquet qui englobe la vente de terminaux et l'accès à une plate-forme de téléchargement multimédia). Mais l'offre numérique fait également émerger
    des modèles en rupture dans lesquelles ce qui est vendu est moins la propriété d'un bien que la satisfaction d'une fonction. Dans ses formes les plus abouties, il s'agit d'offrir aux clients un
    accès à la musique sous toutes ses formes et toutes les modalités assorties d'une capacité de préconisation, d'informations, d’une participation à la vie d'une communauté... Le client ne paie pas
    pour devenir propriétaire d'un produit, mais accéder à un ensemble de ressources (à géométrie variable) permettant de satisfaire globalement un besoin (lui-même à géométrie variable). On
    reconnaît ici une forme élaborée d'économie de l’usage, le modèle de l'&nbsp;«&nbsp;économie de la fonctionnalité&nbsp;». Reste à évaluer le bilan écologique de ce nouveau modèle comparé au
    modèle de la vente à l'acte de supports physiques (et de toute la logistique qu'il implique). Il est peu douteux qu’il soit favorable.</span>
  </p>
  <h1>
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Une chance pour la diversité culturelle&nbsp;?</span>
  </h1>
  <p>
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">A priori, le basculement du marché de la musique vers le numérique fait tomber un certain nombre d'obstacles qui
    s’opposaient à la mise en avant de contenus musicaux et d'artistes à faible potentiel de vente (rareté des linéaires dans le commerce et d’espace dans les grands médias). De fait, la richesse de
    l'offre accessible en ligne est sans commune mesure avec ce qui est en mesure de proposer le plus grand magasin de produits culturels. Pourtant, les ventes de musique numérique reste concentrées
    sur un petit nombre de titres très «&nbsp;marketés&nbsp;». En outre, il est frappant de constater que le secteur de la distribution numérique de la musique, pourtant encore en phase d'émergence,
    est d'ores et déjà très concentré, et tend à se concentrer encore. Apple domine très largement le marché mondial. Seuls Amazon et Google semblent en mesure de le déstabiliser. En tout état de
    cause, le marché semble destiné à être dominé par une poignée d'acteurs de dimension mondiale, extérieurs à la filière musicale traditionnelle. Ces poids-lourds disposent d'un fort pouvoir de
    négociation à l'égard des producteurs, même les Majors, avec lesquels elles sont capables de négocier un accès privilégié à leur catalogue. Les petits acteurs locaux (producteurs et
    distributeurs) sont nettement désavantagés et risquent donc d'être les victimes de la consolidation de ce secteur alors qu'ils assurent souvent un rôle important dans l'accès à la diversité
    culturelle, par la mise en ligne d’une l'offre plus confidentielle ainsi que par leur capacité de préconisation et d'animation de communautés.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">À ce jour, les pouvoirs publics se sont surtout attachés à intervenir dans la filière musicale au travers de la
    répression du piratage. Il est sans doute temps qu'ils se préoccupent de la structuration du marché du numérique et veillent à ce qu'il y règne à la fois une concurrence effective assurant aux
    consommateurs l'accès à une offre de qualité à un coût raisonnable et sans risques de captivité excessive, ainsi qu’une véritable diversité profitant à la création artistique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Philippe Moati</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;">Pour aller plus loin&nbsp;:</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;"><a href="http://observatoire.cite-musique.fr/observatoire/">http://observatoire.cite-musique.fr/observatoire/</a>&nbsp;:
    les statistiques sur les ventes de CD et de musique numérique. Un état des lieux des sites de musique numérique.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="background-color: #ffffff; color: #000080; font-size: 10pt;"><a href="http://www.culture.gouv.fr/nav/index-stat.html">http://www.culture.gouv.fr/nav/index-stat.html</a> : mise en
    ligne prochaine de la synthèse de l’étude sur la prospective de la distribution physique de biens culturels que nous avons réalisée au Crédoc.</span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    &nbsp;
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 09 Nov 2010 09:25:00 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">db427dada9def7e05d455b874b2035bb</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-le-marche-de-la-musique-en-pleine-revolution-60601790-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Manuel d'étude de secteurs - Volume 2]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-manuel-d-etude-de-secteurs-volume-2-52770104.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #ffffff;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">Je mets en ligne le volume 2 de mon "manuel d'étude de
    secteurs". On y trouve la fin du chapitre consacré aux conditions de base et le chapitre 2 traitant des "structures".</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #ffffff;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #ffffff;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">Contrairement au texte du volume 1, ce texte - publié en 1996
    - n'a fait l'objet d'aucune mise à jour.</span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #ffffff;"><span style="color: #000080;">&nbsp;</span></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #000080;"><span style="color: #000080;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/Vol2_93.doc"></a></span></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #000080;"><span style="color: #000080;"><span style="background-color: #ffffff;"><a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/Vol2_93.doc"><span style="font-size: 14pt;"><span style="font-size: 14pt;"><span style="background-color: #000080;"><span style=
    "color: #000080;"><span style="background-color: #ffffff;">Télécharger le volume</span></span></span></span></span></a></span></span></span></span></span>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 22 Jun 2010 16:02:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">c34c2b57b90d55b401badb5df884c4a0</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-manuel-d-etude-de-secteurs-volume-2-52770104-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Manuel d'étude de secteurs]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-manuel-d-etude-de-secteurs-49116020.html</link>        <description><![CDATA[<p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">Il y a près de 15 ans, je me suis engagé dans un projet pharaonique&nbsp;: rédiger un manuel pour la réalisation d’études
    sectorielles. Ce manuel avait l’ambition de délivrer une méthode opérationnelle devant permettre de réaliser rapidement une analyse de secteur, tendue vers la prospective, s’appuyant sur une
    méthodologie rigoureuse, issue de l’économie industrielle et de la théorie évolutionniste. Je tenais à ce que ce manuel comporte une présentation claire des concepts de base, l’ensemble des
    indicateurs utiles (et des sources pour les calculer), les tendances générales observées dans l’économie susceptibles de se retrouver en toile de fond de la plupart des secteurs… La méthodologie
    présentée dans ce manuel se nourrissait à la fois de mes lectures et mes travaux académiques (en particulier sur la question des dynamiques évolutionnistes) et de ma pratique de l’analyse
    sectorielle, au CRÉDOC, en tant que responsable du département «&nbsp;Dynamique des marchés&nbsp;». La démarche était si ambitieuse, que sa réalisation s’est faite au rythme de
    l’escargot…</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">Le travail, engagé en 1995, s’est étiré jusqu’en 2003. Entre ces dates, chaque année, un chapitre du manuel a été publié dans la
    collection des Cahiers de Recherche du CRÉDOC. Lorsque le dernier volume (sur la prospective sectorielle) a été terminé, il est apparu clairement que &nbsp;les transformations du système
    productif, le développement littérature théorique et empirique, ainsi que mon propre cheminement intellectuel rendait nécessaire une mise à jour. J’ai commencé à retouché le volume 1. J’ai très
    vite compris que je la mise à jour me prendrait quasiment autant de temps que la rédaction initiale, que je m’engageais dans un processus sans fin alors que la vie m’amenait à consacrer mon
    énergie à d’autres sujets (notamment, le commerce). J’ai donc renoncé à ce projet de publier un jour un manuel d’étude de secteurs. Je continue toutefois d’enseigner cette méthodologie et, si le
    principe même de l’analyse sectorielle est aujourd’hui en discussion en raison de la perte de pertinence de la notion de secteur pour rendre compte de l’organisation du système productif, les
    praticiens de l’analyse sectorielle sont encore nombreux et les éléments de méthodologie opérationnelle peu courants.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">C’est la raison pour laquelle, je me décide à mettre en ligne – progressivement - les 9 volumes rédigés (dont seuls les plus récents
    sont téléchargeables sur le site du CRÉDOC). Plutôt que de les laisser vieillir, autant qu’ils puissent être utiles, notamment à mes étudiants. Si je devais m’y replonger je serais sans doute
    conduit à changer beaucoup de choses (au-delà des inévitables mises à jour), mais j’estime que sur l’essentiel (le plan, les concepts clés, les indicateurs…) les grandes lignes de la démarches
    demeurent valides.</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">&nbsp;</span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/Manuel-etude-secteurs-Moati-vol-1.pdf"></a></span></span>
  </p>
  <p>
    <span style="color: #000080;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;"><a href=
    "http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/Manuel-etude-secteurs-Moati-vol-1.pdf"></a></span></span></span>
  </p>
  <p style="text-align: justify;">
    <span style="color: #000080;"><span style="color: #000080;"><span style="color: #000080;"><span style="font-size: 12pt;">Télécharger le volume 1 : Partie introductive + Les conditiosn de base
    (1)&nbsp; 1995 (partiellement révisé en 2003).</span></span></span></span>&nbsp; <a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/Manuel-etude-secteurs-Moati-vol-1.pdf">Cliquer ici</a>
  </p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 23 Apr 2010 09:27:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">9bb4fe349c3d4b5af03a5d82879fbc53</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-manuel-d-etude-de-secteurs-49116020-comments.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Chronique L'Usine Nouvelle : Le low cost attise la défiance des consommateurs]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-6808440.html</link>        <description><![CDATA[<p align="justify"><font color="#000080"><em>L'Usine Nouvelle</em>, n&deg; 3060, 14-20 juin 2007</font></p>
<p align="justify"><font color="#000080">Mod&egrave;le &eacute;conomique exigeant, le low cost s'&eacute;tend &agrave; un nombre croissant de secteurs d'actiit&eacute; : transport a&eacute;rien, h&ocirc;tellerie, commerce de d&eacute;tail, services... Le low cost est doublement d&eacute;stabilisant : il destabilise l'&eacute;quilibre concurrentiel sur les march&eacute;s auxquels il s'attaque ; il constritue &agrave; la promotion d'une culture de &quot;l'achat malin&quot;, jette le doute sur la v&eacute;rit&eacute; des prix et entretien un sentiment de d&eacute;fiance &agrave; l'&eacute;gard de l'offre.</font></p>
<p><a href="http://www.usinenouvelle.com/article/page_article.cfm?idoc=107089&amp;nrub=1274"><font color="#000080">Lire la chronique</font></a></p>
<p>&nbsp;</p>]]></description>
        <pubDate>Sun, 17 Jun 2007 09:07:19 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">6a6fccaaa9c7807d3592abf87d538d02</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-6808440-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Esquisse d'une méthodologie pour la prospective des secteurs : une approche évolutionniste]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-6301236.html</link>        <description><![CDATA[<p><font color="#333399" size="2">Philippe Moati, Cahier de Recherche du Cr&eacute;doc, n&deg;187, octobre 2003</font></p>
<p align="justify"><font color="#333399"><em></em></font></p>
<p align="justify"><font color="#333399"><em></em></font></p>
<p align="justify"><font color="#333399"><em>R&eacute;sum&eacute;</em> : La finalit&eacute; d'une &eacute;tude de secteur r&eacute;side g&eacute;n&eacute;ralement dans l'aide &agrave; la d&eacute;cision. Une &eacute;tude de secteur ne peut donc se contenter de d&eacute;crire le pr&eacute;sent, ni m&ecirc;me de retracer des &eacute;volutions, mais doit permettre d'aider &agrave; anticiper l'&eacute;tat de l'environnement sectoriel &agrave; l'horizon temporel de la prise de d&eacute;cision. Elle doit donc comporter un volet prospectif.</font></p>
<p align="justify"><font color="#333399">L'objectif de cette recherche est de pr&eacute;ciser la nature des m&eacute;thodologies &agrave; mettre en &oelig;uvre dans cet effort de prospective sectorielle. On examine en premier lieu les approches en termes de &quot;cycle de vie de l'industrie&quot;. On &eacute;tudie ensuite l'apport conceptuel de la th&eacute;orie &eacute;volutionniste pour la compr&eacute;hension de la formation des dynamiques sectorielles. On proc&egrave;de &agrave; l'examen des diff&eacute;rentes m&eacute;thodes de prospective et&nbsp; dont on &eacute;value la port&eacute;e et les limites. Enfin, une synth&egrave;se est tent&eacute;e entre les approches th&eacute;oriques et les m&eacute;thodes op&eacute;rationnelles pour contribuer &agrave; la formation de m&eacute;thodes de prospective sp&eacute;cifiques &agrave; l'analyse sectorielle.</font></p>
<p align="justify">&nbsp;</p>
<p><a href="http://ddata.over-blog.com/xxxyyy/0/55/48/77/prospective-def.doc"><font color="#333399">T&eacute;l&eacute;charger le rapport</font></a></p>]]></description>
        <pubDate>Fri, 06 Apr 2007 09:13:00 +0200</pubDate>        <guid isPermaLink="false">4f56eb0b9ace611638aec5f36aa799e6</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-6301236-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
      <item>
        <title><![CDATA[Calcul d'indices]]></title>
        <link>http://www.philippe-moati.com/article-5543808.html</link>        <description><![CDATA[<p>Je constate r&eacute;guli&egrave;rement que les &eacute;tudiants auxquels j'enseigne les m&eacute;thodes d'analyse sectorielle &eacute;prouvent souvent des difficult&eacute;s avec les calculs d'indices, soit qu'ils n'aient jamais eu l'accasion dans leur scolarit&eacute; d'aborder s&eacute;rieusement la question, soit que, abord&eacute;e trop t&ocirc;t, l'essentiel a &eacute;t&eacute; oubli&eacute;. Faute de temps, je ne peux en g&eacute;n&eacute;ral que transmettre le &quot;kit de survie&quot; pour pouvoir tirer l'essentiel d'une s&eacute;rie chronologique. </p>
<p>Je viens de tomber par hasard sur les &quot;<a href="http://www.insee.fr/fr/nom_def_met/methodes/doc_travail/docs_doc_travail/M0503.pdf">notes de cours</a>&quot; de Jean-Pierre Berhier consacr&eacute;es &agrave; la pratique des indices statistiques. Je trouve le document &agrave; la fois tr&egrave;s complet et remarquablement p&eacute;dagogique. J'orienterai d&eacute;sormais mais &eacute;tudiants vers cette r&eacute;f&eacute;rence. A toutes fins utiles...</p>]]></description>
        <pubDate>Tue, 06 Feb 2007 11:30:49 +0100</pubDate>        <guid isPermaLink="false">727f4aea41a02dfd92fd1ff899b22f69</guid>
                <category>Analyse sectorielle</category>        <comments>http://www.philippe-moati.com/article-5543808-6.html#anchorComment</comments>                    </item>
  
 </channel>

</rss>
