Les articles récents

  • Conférence : Réseaux sociaux, blogs, forums : quelles utilisations dans les études quali-quanti ?
    L'association des anciens élèves du Master Consultants et chargés d'études socioéconomiques de l'Université Paris-Diderot a le plaisir de vous inviter à sa première conférence sur le thème du futur des métiers des études et du conseil qui aura lieu le 14 juin de 18h30 à 21h00....
  • Refonder le modèle consommation pour une nouvelle croissance
    Voici le texte de ma contribution à l'ouvrage collectif "Une croissance intelligence... demandons l'impossible", édité sous la direction de Philippe Lemoine. Dans ce texte, je poursuis ma réflexion sur l'économie des effets utiles, en développant notamment la notion de "pouvoir de...
  • Séminaire de formation : dynamique de la consommation et mutations du commerce
        Le modèle de la grande distribution atteint aujourd’hui ses limites. Alors que le potentiel de croissance est saturé, ce modèle est confronté aux évolutions de la société qui ont progressivement ébranlé les fondements de la consommation de...
  • Augmenter le pouvoir de consommation
    Un petite vidéo diffusée sur Xerfi Canal dans lequel j'explique que face à la morosité des perspectives en matière d'évolution du pouvoir d'achat, il reste à jouer la carte de l'augmentation du "pouvoir de consommation".    
  • Vers une sortie du commerce de masse
    Ci-dessous, le texte d'une interview publiée dans Sud-Ouest du 22 avril 2011.   Tout en baissant d'un dixième de point, Leclerc demeure en tête des enseignes de la grande distribution en termes de rapport qualité-prix selon le sondage Ifop (voir...
  • La distribution au défi de la relation client
    Nouvelle vidéo de l'ObSoCo sur Xerfi Canal.   Cette fois, je me penche sur la difficile montée en compétence des groupes de la grande distribution en matière de marketing à mesure que s'affirme leur volonté de s'orienter client.   Les...
  • Journée d'étude du RID : "Ville et Distribution" - ANNULATION
      ANNULATiON - La journée d'étude sera reprogrammée ultérieurement.     Vendredi 13 avril 2012 : MSH (Paris Nord) 4 rue de la croix Faron 93210 St-Denis la Plaine (Précisions d’accès:...
  • Une croissance intelligente... Demandons l'impossible !
    J'ai le plaisir d'annoncer la sortie d'un nouvel ouvrage collectif du groupe de réflexion Economie du Forum d'Action Modernités publié sous la direction de Philippe Lemoine, auquel je participe depuis plusieurs année. Les auteurs : François...
  • Que loués soient les produits !
    La location est probablement appelé à constituer une des modalités importantes de la mise en place d'une économie des effets utiles. Dans cette courte vidéo (et la retranscription du propos), je tente d'expliquer pourquoi, mais aussi à quelles conditions.  ...
  • Master Métiers des études, du conseil et de l'intervention : portes ouvertes
    Les "portes ouvertes" du master Métiers des études du conseil et de l'internvention de l'Université Paris-Diderot auront lieu le lundi 19 mars 2011 de 17 h à 19 h, dans les locaux de l'Université, 59 rue Nationale, 75013 Paris (métro Olympiades), dalle des Olympiades, immeuble Montréal,...
Liste complète

W3C

  • Flux RSS des articles

Wikio - Top des blogs - Economie

Calendrier

Juin 2012
L M M J V S D
        1 2 3
4 5 6 7 8 9 10
11 12 13 14 15 16 17
18 19 20 21 22 23 24
25 26 27 28 29 30  
<< < > >>
Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 16:42
- Publié dans : Commerce et distribution

Ce dimanche 28 août, Sud-Ouest Dimanche me fait l'honneur d'une pleine page. Une autre manière d'avoir un avant goût du contenu de La nouvelle révolution commerciale.

 

Pour une lecture directe sur le site de Sud Ouest, cliquer ici.

 

 

Propos receuillis par Jean-Bernard GILLES

 

 

« Sud Ouest Dimanche ». Dans votre livre à paraître à la mi-septembre, vous évoquez une véritable révolution commerciale à l'œuvre en France. De quoi s'agit-il ?


Philippe Moati. Nous assistons à une rupture dans l'organisation du commerce, dont l'importance est, selon moi, comparable à celle qui avait vu, à la fin des années 1950, la grande distribution commencer à se développer en France. À l'époque, le modèle commercial dominant était constitué de grands magasins, de chaînes de succursales comme Félix Potin ou Dames de France, et d'un commerce artisanal de quartier. Les supermarchés, les hypermarchés, les centres commerciaux et les grandes surfaces spécialisées comme Darty ou Décathlon se sont imposés en périphérie des villes. Le consommateur est le véritable moteur de ces changements : nous passons d'un système où la distribution organise un commerce par l'amont - du producteur au magasin, où des bas prix suffisaient à attirer le chaland - à un système où elle doit s'adapter aux nouveaux modes de consommation. Nous sommes en train de changer d'époque. Le commerce suit, il doit s'adapter.


Vous voulez dire que c'en est fini de la consommation de masse ?


Le processus est à l'œuvre, il n'est certes pas terminé. Faire venir le plus grand nombre de ménagères de moins de 50 ans vers l'hypermarché et leur proposer les prix les plus bas est un modèle déclinant. Il a été très rentable ; la grande distribution a mis du temps à accepter l'idée qu'il a fait son temps, mais elle est déjà en train d'accomplir sa mue, contrainte. Aujourd'hui, le consommateur attend un service autant qu'un produit. Pour répondre aux besoins de masse des années à venir, il faudra satisfaire une multitude de niches de clientèle aux aspirations bien distinctes. Nous sommes entrés dans l'ère du commerce de précision. Pour simplifier, nous passons d'une consommation de masse à une consommation de personnes.


Comment cela se traduit-il ?


L'évolution se fait en deux temps. On assiste d'abord à une segmentation de la distribution. Monoprix, par exemple, a orienté toute sa stratégie vers la femme urbaine, active et à fort pouvoir d'achat. L'argument prix n'est certes pas absent, mais il n'est pas prioritaire. À l'inverse, les enseignes de hard discount assoient leur succès sur les tarifs les plus bas. Elles ont vite trouvé leur clientèle parmi les personnes à faible pouvoir d'achat, mais elles proposent également une qualité de produits qui séduit aussi les classes moyennes. Enfin, dans les galeries marchandes, des grandes surfaces comme les enseignes de l'habillement ont ciblé leur clientèle en fonction de l'âge, du style ou du pouvoir d'achat. C'est ce que j'appelle le commerce de précision.


Cette tendance est-elle déjà à l'œuvre ?


Oui. Les hypermarchés ont anticipé en organisant des îlots autour d'un thème : par exemple, tous les produits bébé, du lait au landau, au même endroit. Mais l'évolution est plus radicale. À la gare Lille-Flandres, le groupe Auchan vient d'ouvrir Greenway, un magasin entièrement dédié à la mobilité. On y trouve des vélos, des vêtements de pluie et tout un tas d'accessoires ou de services liés aux déplacements citadins. À la gare Saint-Jean de Bordeaux, Décathlon a inauguré une boutique consacrée aux loisirs urbains. Voilà la trajectoire typique de l'évolution. Avec sa nouvelle marque MU, Peugeot, depuis deux ans, propose chez ses concessionnaires des services de mobilité comme la location de vélos, de scooter ou de voitures. Le site Internet Deezer offre depuis un moment déjà un forfait mensuel qui ouvre à l'écoute le catalogue des majors du disque. À l'achat du produit - le CD -, on préfère désormais bénéficier d'un service - un flux musical - ou le plaisir qu'il procure. C'est une évolution lourde.


Le développement des nouvelles technologies de communication représente donc un autre accélérateur de changement ?


Évidemment. Les enseignes s'y sont toutes déjà mises. Des professionnels récemment sondés pensent qu'en 2020, c'est 24 % du chiffre d'affaires du commerce qui se fera via Internet, contre 4 à 5 % aujourd'hui. Cela me semble surestimé. Le grand magasin ou le magasin spécialisé restera un lieu de plaisir pour le client, s'il sait s'adapter. Je crois davantage à la complémentarité entre l'information sur Internet, le magasin principal et la petite antenne de grande surface pour des services complémentaires à la sortie du tramway ou du métro.


Les grandes enseignes sont-elles en train de perdre la main ?


Non, mais elles se sont mises en ordre de marche pour s'adapter à ces nouveaux comportements. Déjà, la plupart ont développé le couple supérette de quartier et grande surface de périphérie. Aujourd'hui, les grandes enseignes multiplient les canaux de distribution, comme Carrefour avec son City Café ou Carrefour Montagne. Casino a lancé ses magasins Casitalia, dédiés aux produits transalpins, et travaille sur un concept de magasins halal dans la région de Saint-Étienne. Le groupe Auchan et ses nombreuses chaînes spécialisées (Décathlon, Leroy Merlin, Boulanger, Cultura, Kiabi, Surcouf…) ont sans doute le mieux anticipé la tendance. Le groupe espagnol Index, propriétaire de Zara, possède de multiples enseignes couvrant de très nombreux segments du marché. Mais elles sont concurrencées par des nouveaux venus proposant des produits fraîcheur ou bio, de l'alimentation exotique. Le gigantisme de l'hypermarché où l'on trouvait tout n'est plus la réponse. Le consommateur veut des magasins plus petits, proches et lui offrant de nombreux services. Les magasins de proximité ont de beaux jours devant eux.


Il s'agit précisément de ceux que la grande distribution a tués dans les années 1960…


C'est un peu vrai, mais la géographie s'est modifiée. Les périphéries urbaines sont désormais ciblées par les enseignes de centre-ville. Et puis le marketing, les services et la centrale d'achats de ces nouveaux magasins sont ceux des grands groupes, pas ceux du petit artisan commerçant de jadis.


Comment caractériser le consommateur des années 2010 ?


Il veut que son achat ait du sens, sur le plan de l'environnement ou du soutien au mode de production. Il est mieux informé que son aîné et achète utile. Plus libre et plus zappeur que jamais, il reste toujours très attentif au prix. Car force est de constater que, depuis deux ans, le pouvoir d'achat fait plutôt du surplace. Qu'en sera-t-il en 2012 ? Personne ne le sait encore bien

Voir les 0 commentaires - Ecrire un commentaire
Retour à l'accueil
Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés