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Economie et société : comprendre le nouveau capitalisme

Décidément, la distribution alimentaire semble avoir tiré les conséquences de l'essoufflement du modèle de consommation de masse sur
lequel elle avait fondé son développement. Alors que les distributeurs français lancent les uns après les autres de nouvelles enseignes plus "segmentantes", plus différenciées, non exclusivement
centrées sur les consommateurs les plus sensibles aux prix, l'enseigne Manor Food, du groupe suisse de grands magasins Manor, s'inscrit dans une tendance consistant à "débanaliser" l'achat
alimentaire, à augmenter le degré d'implication des consommateurs en jouant simultanément sur plusieurs cordes : le plaisir et le sens.

Bref rapport d'étonnement à la suite de la visite d'un point de vente près de Génève. Dans un cadre agréable, les clients peuvent à loisir déambuler dans les larges allées de ce grand supermarché
où, à chaque rayon, la mise en scène de l'offre, la richesse de l'assortiment, fait des courses un moment de plaisir et de découverte. Mention spéciale pour les rayons frais, en particulier
poisson et viande. En divers points du magasin, des démonstrateurs invitent les clients à goûter les produits.
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L'offre fait la part belle aux produits bio. Mais ce qui frappe par dessus tout, c'est la place accordée aux références "locales" et
l'importance de la signalisation de ces offres par de larges panneaux verts pendus au plafond. Nouvelle démonstration de l'importance que prennent les valeurs liées à la proximité dans les
sociétés occidentales contemporaines.
Bref, apparemment plus démocratique que notre Grande Epicerie ou notre Lafayette Gourmet, Manor Food réssit à combiner plaisir et valeurs... Reste à savoir comment ce type de concept traverse la
crise.
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