Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Wikio - Top des blogs - Economie

Recherche

Ce blog va bientôt cesser d'exister, tout du moins de manière autonome. Le blog de l'Observatoire Société et Consommation (L'ObSoCo) prend progressivement la suite. D'ores et déjà les archives de ce blog y ont été transférées et chaque nouveau billet posté ici est également publié sur le site de l'ObSoCo. Je partagerai le blog de l'ObSoCo avec Nathalie Damery et Robert Rochefort, qui ont fondé avec moi l'Observatoire Société et Consommation, ainsi qu'avec l'ensemble des membres du Cercle de l'ObSoCo... A suivre !!

 

 

http://www.asso-lobsoco.org/le-blog-de-l-obsoco.html

 

 

Contact

22 avril 2009 3 22 /04 /avril /2009 17:59

Chronique, L'Usine Nouvelle, n° 3143, 16 avril 2009

 

Les soubresauts de l’industrie automobile mondiale dépassent de beaucoup les conséquences directes de la crise. Ils nous rappellent que, par le passé, chaque grande crise a accompagné une transformation radicale du capitalisme. Le système économique et social qui émergera de cette crise sera sensiblement différent. Un autre secteur illustre - de manière moins catastrophique - la profondeur des transformations en cours : la distribution. La « révolution commerciale » du début des années 1960, qui a vu naître les grandes surfaces  et les centres commerciaux, a incarné en son temps (comme l’automobile) la modernité. En pleine « 30 glorieuses », l’idéal de progrès renaissait des cendres de la crise des années 30, du totalitarisme, de la guerre, et de la Shoa. Désormais, les hommes avait acquis la maîtrise de la régulation économique, et le progrès technique devait garantir un sentier infini de productivité, de croissance et de bien-être. En transposant les méthodes de l’industrie fordienne, la grande distribution entendait apporter sa contribution à l’efficacité du système économique par l’optimisation des coûts de distribution et la démocratisation de l’accès à la société de consommation. Big était beautiful. Les « petits » commerçants se sont trouvés subitement ringardisés par la prolifération des « supers » et, plus encore, des « hypers »marchés. Les quartiers commerçants des villes ont été remplacés par des galeries marchandes et par des centres commerciaux régionaux. La surenchère au gigantisme a ainsi marqué l’histoire de la grande distribution.

 

Les premiers signes d’essoufflement du modèle ont été perceptibles dès le courant des années 1990, lorsque les performances des hypermarchés ont commencé à se gripper. Il aura fallu près d’une décennie pour que les responsables des groupes de distribution prennent conscience de la profondeur des mutations en cours. Il est désormais admis que l’hypermarché est un concept en fin de cycle de vie et, ici ou là, on commence à s’interroger sur le modèle du grand centre commercial tel qu’il s’est généralisé dans les années 1970. Au cours des états généraux du commerce qui se sont tenus en janvier dernier, c’est le thème de la « proximité » qui s’est trouvé au cœur des débats. Après voir été synonyme de périphérie, de gigantisme, de mobilité automobile… la grande distribution s’entiche de proximité. Au cours des derniers mois, l’énergie des acteurs du secteur s’est concentrée autour du déploiement de nouveaux concepts de petites et moyennes surfaces, généralement implantées en milieu urbain, et développant une vocation de proximité (Monop, U-Express, Chez Jean, Carrefour City…). Ils tentent de répondre ainsi à une tendance sociétale lourde : la perte d’attrait – souvent couplée à de la défiance – pour le  gros, le moderne, l’impersonnel, le générique, et le goût retrouvé pour le petit, le proche, l’humain, le spécifique… Chômage de masse, réchauffement climatique, terrorisme, épidémies… ont fini par venir à bout du mythe du progrès et ont favorisé la diffusion de valeurs post-modernes que la crise risque fort d’accélérer. Cet engouement pour la proximité, affective autant que géographique, va bien au-delà du commerce. Citons en vrac : l’appétence pour le terroir, la sympathie qu’inspire le paysan voire le commerçant (pourvu qu’il soit petit), le développement des réseaux sociaux sur Internet mais aussi de voisinage, les craintes la mondialisation génère, la défiance dont la classe politique est l’objet mais qui épargne les élus locaux… La proximité, en outre, est « durable ». Les réponses qu’il faudra bien apporter au défi écologique accentueront immanquablement la tendance. Ce nouveau contexte constitue une opportunité pour les PME qui, par nature, incarnent une entreprise à visage humain loin des dérives de la finance et des rémunérations extravagantes, l’ancrage territorial et l’insertion dans une économie de proximité plus respectueuse de l’environnement.

Partager cet article

Repost 0
Published by Philippe MOATI - dans Consommation et modes de vie
commenter cet article

commentaires

Les Articles Récents

  • Le "faire" comme composante d'une "bonne consommation"
    The Conversation a publié les textes reprenant les propos tenus par les membre du Cercle de l'ObSoCo durant le colloque "Dé-penser la consommation" qui s'est tenu le 26 janvier 2017. Merci à The Conversation, l'ESCP, le master MECI de Paris Diderot, le...
  • Extension du domaine du consumérisme
    Ci-dessous, le texte de mon entretien avec Côme Bastin, publié dans Socialter d'août-septembre 2016 et repris dans le OuiShare Magazine le 1er septembre 2016. Pour lire l'interview sur le site de OuiShare Magazine,cliquez ici. Faut-il comprendre, à la...
  • Master Consultants et chargés d'études socioéconomiques : ultime session de recrutement
    Dernière fenêtre de tir pour postuler à l'entrée du Master 2 "Consultants et chargés d'études socioéconomiques" de l'Université Paris Diderot. Ouverture de l'application e-candidat entre le 25 et le 30 août 2016, pour une épreuve écrite de sélection le...
  • Parution de "La société malade de l'hyperconsommation"
    Mon nouveau livre, La société malade de l'hyperconsommation, sort en librairie aujourd'hui. Dans cet essai, je tente d'établir un lien entre le malaise qui saisit la société française (et plus généralement les sociétés occidentales) - de la jeunesse tentée...
  • Master CCESE : deuxième session de recrutement
    La première session de recrutement pour la prochaine rentrée du M2 "Consultants et chargés d'études socioéconomiques" de l'Université Paris-Diderot est terminée. Les dossiers de candidatures pour la deuxième session doivent être adressé sur le site de...
  • M2 CCESE : Lancement du recrutement de la nouvelle promo
    La compagne de recrutement de la prochaine promotion de Master 2 "Consultants et chargés d'études socioéconomiques" démarrera le 15 avril 2016. Inscription sur www.univ-paris-diderot.fr. Plus d'info sur www.ccese.info.
  • Pour une "bonne consommation"
    S'il semble peu réaliste de prôner la "déconsommation" ou la frugalité, les limites du modèle de consommation actuel sont de plus en plus évidentes, sur le plan environnemental bien sûr, mais aussi sur le sociétal. Dans cette vidéo, j'esquisse ce que...
  • Economie collaborative : menace ou opportunité pour le capitalisme ?
    A l'invitation de l'Association des chercheurs en enseignants tunisiens en France, je donnerai une conférence ouverte au public sur le thème "L'économie collaborative : menace et opportunité pour le capitalisme" le mercredi 13 avril 2016 à 19 h à la Cité...
  • La location, l'avenir du marché de l'habillement ?
    Une petite vidéo tournée en soutien à la levée de fond lancée par l'Habitbliothéque sur KissKissBankBank.
  • Portes ouvertes Master "Métiers des études, du conseil et de l'intervention"
    Les portes ouvertes Master "Métiers des études, du conseil et de l'intervention" de l'Université Paris-Diderot se dérouleront le mardi 22 mars 2016 dans l'amphi 10 E du bâtiment de la Halle aux Farines. Nous y présenterons l'esprit général du master,...