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Ce blog va bientôt cesser d'exister, tout du moins de manière autonome. Le blog de l'Observatoire Société et Consommation (L'ObSoCo) est appelé à prendre la suite. D'ores et déjà les archives de ce blog y ont été transférées et chaque nouveau billet posté ici est également publié sur le site de l'ObSoCo. Je partagerai le blog de l'ObSoCo avec Nathalie Damery et Robert Rochefort, qui ont fondé avec moi l'Observatoire Société et Consommation. Le blog de l'ObSoCo accueillera également les contributions des membres de l'association qui est en train de se constituer... A suivre !!

 

Rendez-vous sur http://www.asso-lobsoco.org/

 

 

Jeudi 27 novembre 2008 4 27 /11 /Nov /2008 16:50
- Publié dans : Commerce et distribution

Philippe Moati, Laurent Pouquet, Cahier de Recherche du Crédoc, n° 246, novembre 2008.

 

Résumé :

La question de l’opportunité d’une remise en cause de la réglementation qui encadre l’ouverture des commerces le dimanche est de nouveau sur le devant de la scène. Ce rapport vise à alimenter le débat par l’apport 1) des résultats d’une enquête réalisée par le CRÉDOC auprès d’un échantillon représentatif de Français permettant de sonder leurs opinions sur ce thème et 2) par la réalisation de simulations qui visent à quantifier les effets économiques potentiels d’une libéralisation de l’ouverture dominicale des commerces.

 

Télécharger le rapport et la synthèse

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Lundi 17 novembre 2008 1 17 /11 /Nov /2008 18:22
- Publié dans : Consommation et modes de vie

Chronique, L'Usine Nouvelle, 13 novembre 2008.

Les comportements de crise sont-ils annonciateurs de changement durable des attitudes à l'égard de la consommation?
 

Pour 84% des Français, la consommation est une nécessité.
Selon l'enquête réalisée par le Credoc à la fin du mois de septembre, ils ne sont que 15% à considérer la consommation comme un plaisir. Ces chiffres sont remarquables. En 2005, face à la même question, 60,7%des Français optaient pour la nécessité et 35,7% pour le plaisir. Une rupture est peut-être en train de se produire dans les attitudes à l'égard de la consommation. Jusque-là, les ménages avaient adopté une posture paradoxale : ils étaient nombreux à ressentir une dégradation de leurs conditions de vie [1], mais la consommation se maintenait à un niveau étonnamment élevé : ni la crise du pouvoir d'achat, ni la dégringolade de l'indicateur du moral des ménages n'ont induit le relèvement du taux d'épargne que l'on pouvait attendre. L'appétit de consommer restait très fort, comme si l'on cherchait dans les petits plaisirs de la consommation l'antidote à la déprime. Le pouvoir d'achat -y compris dans les chiffres de l'Insee est désormais orienté à la baisse; la crise financière a apporté de nouveaux motifs d'inquiétude et de défiance.

A l'effet psychologique de la crise s'ajoutent des effets économiques classiques : la reprise du chômage va affecter le niveau de vie des ménages touchés ; le resserrement du crédit se traduit déjà par le redressement du coût de l'endettement ; l'effondrement de la valeur des actifs financiers et l'amorce de la baisse de celle des actifs immobiliers réduisent la valeur du patrimoine des ménages qui devront accroître leur épargne pour maintenir leur niveau de richesse... Tous les ingrédients sont réunis pour que la consommation, qui jusque là a soutenu la croissance de l'économie, cale à son tour. Les Français ont commencé de se serrer la ceinture. La consommation est atone depuis le début de l'année. Dans le champ de la consommation alimentaire, a priori peu sensible à la conjoncture, on note un repli vers les produits les moins chers, mais aussi la diminution des achats en volume. Les ventes d'eau en bouteille seraient en forte baisse. Une question essentielle est de savoir si ces comportements de crise sont annonciateurs de changement durable des attitudes à l'égard de la consommation. On ne peut exclure que, plutôt que de vivre ces restrictions uniquement sur le mode de la contrainte, certains fassent ainsi l'apprentissage d'une consommation «maigre» (à l'image du «lean manufacturing» bien connu dans l'industrie).

Après tout, beaucoup de consommateurs ont acheté pour la première fois des marques de distributeurs par nécessité, lors de fins de mois difficiles. La plupart sont restés clients de ces produits, même une fois la contrainte budgétaire desserrée, après avoir observé le niveau souvent remarquable de leur rapport qualité-prix. Les médias sont de plus en plus nombreux à relayer la découverte de l'économie du bonheur (la croissance de la consommation ne s'accompagne pas de la croissance du sentiment de bonheur) ; de plus en plus de Français sont sensibles aux effets de nos modes de vie sur l'environnement, la santé, etc. Cet épisode de crise sera peut-être, pour un nombre significatif d'entre eux, l'occasion de revoir la place que tient la consommation dans leur vie et d'adopter des comportements qui permettent de dépenser moins, sans nécessairement s'en sentir malheureux. Le tout est de ne pas sombrer dans l'idéologie de la décroissance, car il n'y a pas de capitalisme sans croissance. Le moment est peut-être venu, au contraire, de trouver un nouvel élan dans l'invention de nouveaux modèles de consommation, centré sur le bien-être des individus et le respect de l'environnement.

[1] En avril 2008, selon l'Eurobaromètre, 62% des Français estimaient avoir un niveau de vie inférieur à celui qu'ils avaient il y a cinq ans.
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Mardi 11 novembre 2008 2 11 /11 /Nov /2008 13:56
- Publié dans : Actualité

Étonnant ce ramdam fait autour des commémorations nationales et des travaux de la commission Kaspi… Il me semblait qu’en ces temps de crise financière, de récession et de reprise du chômage, il devait y avoir des sujets plus urgents à soumettre au débat public…

Souffrons-nous de trop de commémorations ? C’est la question du jour… Il me semble que la bonne question n’est pas tant de savoir s’il y a trop de commémorations mais plutôt de comprendre pourquoi les Français semblent si friands de commémorations. Car, si l’on ajoute aux commémorations officielles, la succession des commémorations des 50 ans de ceci, des 100 ans de cela (pour s’en tenir aux derniers mois, mai 68, jacques Brel, Serge Gainsbourg…), les Français semblent en effet atteints de « commémorationite aiguë ». Les média s’en emparent et font caisse de résonnance : la commémoration crée l’audience et fait vendre…

Alors pourquoi ce goût pour la commémoration ? On est tenté de le rapprocher de l’état psychologique dans lequel se trouvent les Français depuis plusieurs années. Une diversité d’indicateurs converge vers le même constat : les Français n’ont pas le moral, ils broient du noir et s’inquiètent. Les raisons de s’inquiéter ne manquent pas et sont régulièrement enrichies de nouvelles « crises » (géopolitiques, sanitaires, environnementales, financières…). Les risques globaux s’amoncèlent au-dessus de nos têtes et face à eux nos moyens d’action – individuels et collectifs – semblent bien limités. Plus largement – et ceci est sans doute plus spécifiquement français – nombres de membres des classes moyennes ont le sentiment de quitter un « monde d’hier » protecteur, rassurant et porteur d’un avenir souriant pour une entrée dans un monde nouveau plus incertain, moins maîtrisé, plus « dur ». Et la charge de l’ajustement repose très largement sur les frêles épaules du quidam qui désormais doit s’inquiéter de son employabilité, de sa santé, de sa retraite… et dont les modes de vies sont désignés comme responsables du dérèglement climatique. La classe politique française n’a pas réussi à ce jour à procéder aux réformes nécessaires tout en accompagnant les individus, en dessinant des perspectives d’avenir attractives. D’où d’ailleurs l’extraordinaire défiance que les Français expriment à l’égard du monde politique. Qu’est-ce que tout cela a à voir avec la question des commémorations ? J’avance l’hypothèse que ce goût des Français pour les commémorations traduit un besoin de rassurance : face à un avenir incertain, on cherche le réconfort dans l’évocation du passé. Quand on ne sait plus très bien où l’on va, il est précieux de savoir (ou d’imaginer) d’où l’on vient. Ce goût pour la commémoration est le reflet, en creux, d’un manque de désir d’avenir et n’est pas sans rappeler les thèses sur la post-modernité. La question n’est donc pas de savoir s’il faut réduire ou non le nombre de commémorations, mais plutôt de redonner un élan collectif qui donne à chacun l’envie de se projeter dans l’avenir.

En attendant, les commémorations en tout genre, non seulement rassurent, mais constituent un élément non négligeable de lien social et du « vivre ensemble ». Car dans la France de 2008, la cohésion nationale – le sentiment d’appartenir à une même communauté qui constitue de ce fait l’épicentre des dispositifs de solidarité – cède du terrain devant l’avancée de toutes les formes de communautarismes, qu’ils soient fondés sur l’appartenance ethnique ou sur les convergences de systèmes de valeur, de centres d’intérêt… Les occasions de se sentir membre d’une nation se font de plus en plus rares. Les commémorations sont l’occasion d’entretenir une mémoire collective, un sentiment d’appartenance qui consolide le vivre ensemble. Certes, on préférerait à ce lien social tenu et éphémère, un ciment plus solide fondé sur l’adhésion à un projet collectif qui, tout en reconnaissant la diversité des identités, mobilise très largement autour d’un socle de valeurs et d’ambitions partagées. De nouveau, le corps politique s’est montré jusque là incapable de créer cette impulsion.

Les débats en cours sur l’opportunité de revoir le programme des commémorations nationales sont donc bien étriqués par rapport aux véritables enjeux qui se cachent derrière la question des commémorations. A moins que l’objectif de cette agitation ne pas celui que l’on croit, mais plutôt d’ouvrir par un autre côté la question sur la remise en cause des jours fériés et de la libéralisation du travail dominicale. Un autre débat…

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Lundi 27 octobre 2008 1 27 /10 /Oct /2008 14:01
- Publié dans : Consommation et modes de vie

Ph. Moati, Chronique, L'Usine Nouvelle, n° 3119, 16 octobre 2008


Le film catastrophe de la crise financière n’est pas de nature à améliorer le moral des ménages. Après le terrorisme, les pandémies et le réchauffement climatique, beaucoup découvrent un nouveau risque majeur sur lequel nos régulations ont bien peu de prise. A l’angoisse s’ajoute la colère à l’égard d’une élite qui s’est enrichie sans vergogne et qui appelle aujourd’hui le contribuable au secours. Enfin, chacun s’accorde désormais sur la perspective d’une récession qui portera un coup sévère à la croissance du pouvoir d’achat. Le contexte est mûr pour que les « nouveaux comportements de consommation » se généralisent… En réalité, les Français n’ont pas attendu la crise financière : reprise de la croissance de la part de marché du hard-discount ; accélération du transfert des ventes des produits de grandes marques vers les marques de distributeurs ; succès des sites de prix cassés sur Internet… Nombre de consommateurs, convaincus depuis plusieurs années de subir une érosion de leur pouvoir d’achat, affichent une sensibilité accrue aux prix et semblent devenus des adeptes de « l’achat malin ».

 

Lorsque l’INSEE annonce une croissance de 3,3 % du pouvoir d’achat en 2007, une proportion significative de ménages ont en réalité subi un recul ; les plus pauvres ont été particulièrement vulnérables à la flambée des dépenses contraintes (les loyers, le chauffage, l’essence, l’alimentation…). La sensibilité aux prix dans les arbitrages de consommation est pour eux une réaction classique au durcissement de la contrainte budgétaire. Mais « l’achat malin » s’étend à d’autres catégories de ménages, dont la croissance du pouvoir d’achat - réelle à moyen terme - n’a pas été suffisante pour répondre à une appétence pour la consommation attisée par les nouveaux biens et services issus des NTIC. Satisfaire rapidement ses envies implique de dégager des marges de manœuvre en rognant sur les dépenses répondant à des besoins de base déjà largement satisfaits (les produits de grande consommation) et en recherchant systématiquement les « prix cassés » pour les produits plus impliquants. Une troisième catégorie de ménages – sans doute beaucoup moins nombreuse – adopte ce type de comportements plus économes mais comme conséquence d’une certaine prise de distance par rapport à la consommation. Prenant sans doute confusément conscience de ce que la fuite en avant dans la consommation n’est pas nécessairement synonyme d’épanouissement, ils se replient sur les attributs fonctionnels des produits et se rebiffent face aux surcoûts du marketing. Certains parmi eux nourrissent un discours critiques sur les limites de la société de consommation, en particulier quant à ses conséquences environnementales.

 

Quels qu’en soient les fondements, ces comportements de consommation sont susceptibles d’aggraver la récession. Dans son discours de Toulon, Nicolas Sarkozy a clairement exprimé l’impuissance du gouvernement sur le front du pouvoir d’achat. C’est aux acteurs des marchés de grande consommation – industriels et distributeurs – qu’incombent la charge de tenter de tirer la consommation vers le haut. Le niveau de revenu de la majeure partie de la population ainsi que l’importance du taux d’épargne dans notre pays témoignent de l’existence de marges de manœuvre. Concentrer le combat concurrentiel sur le seul terrain des prix encouragerait des comportements concourant au climat dépressif. L’option vertueuse consiste à renforcer le degré d’implication des consommateurs au-delà des produits hi-tech, en relançant l’innovation et en cultivant des territoires immatériels en phase avec les imaginaires de consommation d’aujourd’hui.

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Jeudi 25 septembre 2008 4 25 /09 /Sep /2008 14:07
- Publié dans : Consommation et modes de vie

GS1 France - organisme paritaire contribuant à la définition de standards appliquée à la chaîne d'approsionnement  (dont le fameux code à barres - m'a fait le grand plaisir de m'inviter à son Université d'été qui s'est tenue à Nantes à la fin du moi d'août. Le thème de cette troisième Université d'été était "les standards font-ils le bonheur", une manière de replacer les questions (très techniques) relatives aux chaines d'approvisionnement dans une perspective plus large, notamment celle du développement durable.

Mon intervention consistait à planter le décor en faisant état des apports de la toute jeune "économie du bonheur". Où l'on apprend que davantage de consommation ne veut pas nécessairement dire plus de bonheur ; que le bonheur se loge souvent bien loin de la sphère marchande... En bref des éléments de réflexion qui prennent un relief particulier dans le contexte actuel de "crise" du pouvoir d'achat et d'effondrement du moral des Français... On attend avec impatiance les conclusions de la commission Stiglitz chargée par le chef de l'Etat à la mise en place de nouveaux indicateurs de bien-être.

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Lundi 22 septembre 2008 1 22 /09 /Sep /2008 17:16
- Publié dans : Consommation et modes de vie
Le Monde, mardi 23 septembre 2008, p. 9

Un interview dans laquelle  Michel Delberghe me fait réagir aux conséquences de la conjoncture macro sur les comportement de consommation.

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Samedi 6 septembre 2008 6 06 /09 /Sep /2008 11:15
- Publié dans : Consommation et modes de vie

Publié dans l'Usine Nouvelle du 4 septembre 2008

Le gouvernement a lancé un vaste chantier de prospective stratégique, "France 2025". L'un des groupes s'intitule «Vivre ensemble». Aborder frontalement la question du lien social et de la cohésion nationale dans un exercice de prospective de cette envergure -à égalité avec les thèmes de la mondialisation, de la production, des ressources rares... - mérite d'être salué et souligne que «vivre ensemble» dans la France de 2008 est devenu un problème. De partout, les forces de délitement sont à l'oeuvre...

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