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Ce blog va bientôt cesser d'exister, tout du moins de manière autonome. Le blog de l'Observatoire Société et Consommation (L'ObSoCo) est appelé à prendre la suite. D'ores et déjà les archives de ce blog y ont été transférées et chaque nouveau billet posté ici est également publié sur le site de l'ObSoCo. Je partagerai le blog de l'ObSoCo avec Nathalie Damery et Robert Rochefort, qui ont fondé avec moi l'Observatoire Société et Consommation. Le blog de l'ObSoCo accueillera également les contributions des membres de l'association qui est en train de se constituer... A suivre !!

 

Rendez-vous sur http://www.asso-lobsoco.org/

 

 

Lundi 18 mai 2009 1 18 /05 /Mai /2009 18:40
- Publié dans : Consommation et modes de vie
Chronique, L'Usine Nouvelle, n° 3147, 15 mai 2009

Il est décidemment bien difficile de déceler une quelconque tendance dans les statistiques relatives à la consommation. Il y a peu, l’INSEE annonçait une bonne nouvelle : les achats de produits manufacturés des ménages ont progressé de 1,1 % en volume en mars. Malheureusement, ce chiffre fait suite à une baisse de 1,8 % en février, qui elle-même succédait à une hausse de 1,7 % en janvier. Les données désagrégées sont plus instables encore. Dans l’habillement, selon l’IFM, le succès des soldes a permis d’enregistrer une croissance de 2,9 % en janvier 2009 par rapport à janvier 2008. Mais février s’est révélé catastrophique avec une chute de près de 15 %. En mars, le marché est de nouveau orienté à la hausse (+3,3%). Les soldes flottants, massivement utilisés en avril, devraient porter les chiffres de ventes. Mais déjà les professionnels anticipent un retour à la normale difficile…

 

Cette instabilité témoigne de l’importante versatilité des comportements de consommation en ces temps troublés. Elle résulte sans doute pour une large part de l’existence d’une tension entre deux attitudes contradictoires vis-à-vis de la consommation. La première consiste à continuer d’ « hyperconsommer ». Paradoxalement, la crise favorise l’hyperconsommation en contribuant à la perte de sens généralisée qui fait que la consommation, pour beaucoup, remplit le vide, offre les petits plaisirs qui aident à tenir, ouvre des espaces de régression et de compensation… Mais à mesure que la crise se répand, l’hyperconsommation doit composer avec une contrainte budgétaire qui se resserre. D’où les arbitrages entre produits et entre circuits : on s’impose des restrictions, on accepte de descendre en gamme sur les biens et les services banals ou juste nécessaires afin de dégager des marges de manœuvre pour continuer à s’adonner aux consommations plaisirs, aux achats impliquants. Pour tirer plus d’un pouvoir d’achat en berne, on se transforme en chasseur de bonnes affaires : on achète en solde, en exploite les promos, on traque les ventes privées…

 

Cette inclinaison à l’hyperconsommation entre en tension avec une seconde attitude : l’adoption d’une posture critique vis-à-vis de la consommation. Cette posture peut reposer sur une sensibilité aux problématiques du développement durable. Elle peut aussi, de manière plus individualiste, résulter d’une prise de conscience des limites de l’hyperconsommation, en particulier dans sa capacité à tenir ses promesses de bonheur et d’épanouissement personnel. La crise favorise également la diffusion de cette posture en contribuant à la décrédibilisation du système économique, en revalorisant les immatériels de rassurance qui trouvent un point d’accroche particulièrement pertinent dans la consommation responsable, en alimentant la défiance qui enfle à l’égard du monde des grandes entreprises et qui peut conduire à estimer que la consommation est pour une part excessive la conséquence de faux besoins créés par le marketing aux seuls fins d’accroître les revenus des actionnaires et des dirigeants, au mépris des défis de long terme que doit affronter l’humanité.

 

Cette tension, qui renvoie à des segments de population différents, se retrouve également en chacun de nous, à l’image de l’ange et du démon qui tour à tour emporte la décision. Il en résulte des comportements de consommation qui peuvent apparaître comme incohérents, qui oscillent d’une polarité à l’autre au gré des évènements. D’où cette difficulté à déceler les effets à moyen et long terme de la crise sur les comportements de consommation. Il appartient sans doute aux acteurs de l’offre de soulager cette tension en assurant la promotion d’un modèle de consommation positif, véritablement créateurs d’utilité et de plaisir, mais qui soit également respectueux de l’environnement et socialement responsable.

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Mercredi 22 avril 2009 3 22 /04 /Avr /2009 17:59
- Publié dans : Consommation et modes de vie

Chronique, L'Usine Nouvelle, n° 3143, 16 avril 2009

 

Les soubresauts de l’industrie automobile mondiale dépassent de beaucoup les conséquences directes de la crise. Ils nous rappellent que, par le passé, chaque grande crise a accompagné une transformation radicale du capitalisme. Le système économique et social qui émergera de cette crise sera sensiblement différent. Un autre secteur illustre - de manière moins catastrophique - la profondeur des transformations en cours : la distribution. La « révolution commerciale » du début des années 1960, qui a vu naître les grandes surfaces  et les centres commerciaux, a incarné en son temps (comme l’automobile) la modernité. En pleine « 30 glorieuses », l’idéal de progrès renaissait des cendres de la crise des années 30, du totalitarisme, de la guerre, et de la Shoa. Désormais, les hommes avait acquis la maîtrise de la régulation économique, et le progrès technique devait garantir un sentier infini de productivité, de croissance et de bien-être. En transposant les méthodes de l’industrie fordienne, la grande distribution entendait apporter sa contribution à l’efficacité du système économique par l’optimisation des coûts de distribution et la démocratisation de l’accès à la société de consommation. Big était beautiful. Les « petits » commerçants se sont trouvés subitement ringardisés par la prolifération des « supers » et, plus encore, des « hypers »marchés. Les quartiers commerçants des villes ont été remplacés par des galeries marchandes et par des centres commerciaux régionaux. La surenchère au gigantisme a ainsi marqué l’histoire de la grande distribution.

 

Les premiers signes d’essoufflement du modèle ont été perceptibles dès le courant des années 1990, lorsque les performances des hypermarchés ont commencé à se gripper. Il aura fallu près d’une décennie pour que les responsables des groupes de distribution prennent conscience de la profondeur des mutations en cours. Il est désormais admis que l’hypermarché est un concept en fin de cycle de vie et, ici ou là, on commence à s’interroger sur le modèle du grand centre commercial tel qu’il s’est généralisé dans les années 1970. Au cours des états généraux du commerce qui se sont tenus en janvier dernier, c’est le thème de la « proximité » qui s’est trouvé au cœur des débats. Après voir été synonyme de périphérie, de gigantisme, de mobilité automobile… la grande distribution s’entiche de proximité. Au cours des derniers mois, l’énergie des acteurs du secteur s’est concentrée autour du déploiement de nouveaux concepts de petites et moyennes surfaces, généralement implantées en milieu urbain, et développant une vocation de proximité (Monop, U-Express, Chez Jean, Carrefour City…). Ils tentent de répondre ainsi à une tendance sociétale lourde : la perte d’attrait – souvent couplée à de la défiance – pour le  gros, le moderne, l’impersonnel, le générique, et le goût retrouvé pour le petit, le proche, l’humain, le spécifique… Chômage de masse, réchauffement climatique, terrorisme, épidémies… ont fini par venir à bout du mythe du progrès et ont favorisé la diffusion de valeurs post-modernes que la crise risque fort d’accélérer. Cet engouement pour la proximité, affective autant que géographique, va bien au-delà du commerce. Citons en vrac : l’appétence pour le terroir, la sympathie qu’inspire le paysan voire le commerçant (pourvu qu’il soit petit), le développement des réseaux sociaux sur Internet mais aussi de voisinage, les craintes la mondialisation génère, la défiance dont la classe politique est l’objet mais qui épargne les élus locaux… La proximité, en outre, est « durable ». Les réponses qu’il faudra bien apporter au défi écologique accentueront immanquablement la tendance. Ce nouveau contexte constitue une opportunité pour les PME qui, par nature, incarnent une entreprise à visage humain loin des dérives de la finance et des rémunérations extravagantes, l’ancrage territorial et l’insertion dans une économie de proximité plus respectueuse de l’environnement.

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Mardi 14 avril 2009 2 14 /04 /Avr /2009 14:49
- Publié dans : Consommation et modes de vie
Consommation et Modes de Vie, Crédoc, n° 220, avril 2009


Le "4 pages" du Crédoc reprennant quelques résultats du rapport sur la perception du prix juste par les Français, écrit avec Anne Corcos, vient de sortir. Il a fait l'objet d'une dépêche AFP au titre provocateur ("70 % des Français jugent injustes les profits des distributeurs").


Voici le résumé :


Après les effets sur les étiquettes du passage

à l’euro, les consommateurs ont eu à

faire face à la flambée des prix de l’énergie,

de l’immobilier et des produits alimentaires.

Conséquence de la crise, la tendance inverse

est aujourd’hui à l’oeuvre. Le reflux du cours

des matières premières sur les marchés

mondiaux tarde à s’inscrire dans le prix des

produits alimentaires. Déjà, industriels et

distributeurs sont soupçonnés ici ou là de ne

pas faire pleinement profiter les consommateurs

de l’allégement de leurs coûts d’approvisionnement.

Les mêmes étaient parfois

accusés l’an dernier d’avoir profité de la

flambée des cours des matières premières

pour accroître leurs marges.

Les repères des consommateurs à l’égard

des prix sont mis à mal par ces variations

de grande ampleur, mais aussi par la multiplication

des opérations promotionnelles, le

développement des offres à bas prix, de la

gratuité… Cette perte de repères a pu

engendrer un sentiment de défiance, incarné

notamment dans la mise en doute de l’indice

des prix comme mesure de l’inflation.

L’enquête réalisée par le CRÉDOC sur la perception

du « prix juste » met en évidence un

sentiment assez largement partagé d’injustice

à l’égard des prix auxquels sont vendus

les produits de grande consommation. Ce

sentiment s’accompagne d’une défiance à

l’égard des grandes marques et des

enseignes de la distribution.


Télécharger le "4 pages" du Crédoc
Télécharger le rapport complet

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Lundi 30 mars 2009 1 30 /03 /Mars /2009 23:18
- Publié dans : Actualité

Je n'ai pas l'habitude de mélanger les genres. Mais une fois n'est pas coutume...

Je ne résiste pas l'envie de vous faire partager ma dernière création musicale, réalisée avec mon complice et ami Philippe Mercier. Eh oui, il m'arrive de faire autre chose que travailler ! Je fais alors (entre autre) de la musique, à bord de mon home studio. La crise m'a inspiré une composition dans laquelle j'ai voulu illustrer l'ambivalence (et finalement, la violence) du marché... Côté "paroles" vous reconnaîtrez, dans l'ordre, Karl Marx, Adam Smith, Nicolas Sarkozy, Barack Obama...

Vous pouvez télécharger en toute sécurité le fichier MP3 pour l'écouter sur votre I-Pod préféré : télécharger

Vous pouvez aussi vous rendre sur le page MySpace de Ph2 (notre petit nom d'artiste) :
http://www.myspace.com/ph2prog

Plus encore que d'ordinaire, les commentaires (même désagréables) sont bienvenus.

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Dimanche 22 mars 2009 7 22 /03 /Mars /2009 18:11
- Publié dans : Consommation et modes de vie
Chronique, L'Usine Nouvelle, n° 3139, 19 mars 2009


Avec la crise, la place des valeurs et de l’éthique dans l’économie surgit comme une question centrale. L’idée se répand que nous payons aujourd’hui les conséquences d’une cupidité débridée, d’une course effrénée aux profits immédiats dans laquelle le système s’est révélé incapable de prendre en compte son impact sur la cohésion sociale, l’environnement… ou tout simplement sur les conditions de sa propre reproduction. Le débat autour de la rémunération des dirigeants ou du partage des profits souligne l’importance que sont en train de prendre les considérations de justice. Une enquête récemment menée au CRÉDOC[1] vient apporter un éclairage sur les représentations des Français en matière de justice concernant une composante essentielle de la vie économique : les prix. Les résultats témoignent de la force du sentiment de défiance qui règne actuellement en France, qui s’étend aux relations des consommateurs à ceux qui se proposent de répondre à leurs besoins, en particulier lorsqu’il s’agit de grandes entreprises.

 

Du point de vue des consommateurs, qu’est-ce qu’un prix juste ? A la question « Selon vous, comment se définit le prix juste auquel vous trouveriez normal qu’un produit soit vendu ? », deux réponses se détachent nettement. L’une – « c’est le prix qui assure le meilleur rapport qualité-prix » (37,8 % des réponses) – renvoie à l’intérêt bien compris des consommateurs. L’autre exprime l’attachement à des valeurs : « c’est le prix qui assure une rémunération satisfaisante aux salariés et permet d’assurer la protection de l’environnement » (40,3 %).

 

Les personnes interrogées ont été également invitées à exprimer le sentiment de justice que leur inspire le prix généralement constaté de sept produits retenus pour leur exemplarité : un pack de yaourt Actimel, une bouteille de Coca-Cola, un paquet de café Commerce équitable, un menu Best-of de McDonald’s, un jean Diesel, une voiture Logan et un I-Phone d’Apple. Surprise : aucun produit n’est vendu à un prix considéré comme « totalement juste » par une majorité de consommateurs ! Lorsque l’on consolide les réponses « totalement juste » et « plutôt juste », les prix de deux produits seulement sont perçus comme justes par une majorité de Français : celui du café Commerce équitable et celui de la Logan. On retrouve dans le premier cas le fondement « socialement responsable » du prix juste et, dans le second, la dimension utilitariste du prix juste, comme optimisant le rapport qualité-prix. Pour les 5 autres produits, le prix est très majoritairement perçu comme injuste. Leur point commun est d’être des produits « marketés », vendus par des grandes marques.

 

Les résultats de l’enquête recèlent bien d’autres indices de la défiance des consommateurs à l’égard des grands acteurs de l’offre, suspectés notamment d’avoir profité de la flambée des cours des matières premières pour augmenter leurs marges, marges très largement perçues comme excessives et injustes. Ils apportent du crédit à l’idée qu’une des dimensions essentielles de la crise réside dans les fondements de la valeur. Ils sont aussi un encouragement pour les entreprises à engager une réflexion de fond sur leurs stratégies marketing et la définition des termes de ce qui pourrait constituer un nouveau pacte, un « contrat de confiance », entre elles et leurs clients et, plus généralement, avec la société dans son ensemble.


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Jeudi 19 mars 2009 4 19 /03 /Mars /2009 11:12
- Publié dans : Actualité

Jeudi 26 mars 2009, 16h-18h, amphi 46
Université Paris-DIderot, UFR GHSS
Immeuble Montréal, accès par le 103 rue de Tolbaic ou le 59 rue nationale
Télécharger le plan d'accès


Présentation de l'année commune (M1) du master "Métiers des études, du conseil et de l'intervention"
(MECI) et de ses opitions, puis présentation des trois M2 :
- Consutlats et chargés d'études socioéconomiques (
CCESE)
- Ingéniérie de l'aménagement et du développement local (IADL)
- Projets informatiques et stratégie d'enteprise (
PISE)

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Mardi 24 février 2009 2 24 /02 /Fév /2009 21:17
- Publié dans : Accueil

...

Je m'étais pourtant juré de résister à la mode des blogs, de ne pas céder au narcissisme ambiant, assuré que je disposais de vraiment trop peu de temps pour en consacrer à cette activité chronophage... Jusqu'au jour où Henri Lapeyre, animateur du club APM du Périgord, m'a convaincu que je pouvais ainsi faire oeuvre utile, que je pourrais par le biais d'un blog mieux diffuser mes travaux et mes idées, mais aussi transmettre des informations utiles à ceux (chercheurs, chefs d'entreprises, étudiants...) que je croise ma route et qui partagent certains de mes centres d'intérêt.


Je ne sais pas encore l'usage précis que je ferai de ce blog. Il va de soi que je vais progressivement l'utiliser comme porte d'accès à mes publications. J'envisage aussi de m'en servir de tribune pour pousser des coups de gueule, partager mes coups de coeur, faire part de mes interrogations... et surtout échanger avec d'autres qui partagent mes préoccupations, qui s'intéressent aux mêmes questions. Vos réactions sont donc les bienvenues.

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